Prochain omnilogisme : 13/03/2010 à 0:00

Omnilogiste du jour, au volant ou passager, ne t'es-tu jamais demandé la signification exacte de ces panonceaux orangés qui ornent l'arrière de certains poids lourds ?
Petit préalable : qui voit ce panneau se devra – encore plus que d'habitude – de respecter les distances de sécurité sur la route ! En effet, le véhicule suivi est chargé de matières dangereuses.
Mais d'un panneau et d'un seul, vous saurez déjà beaucoup de choses, et les sauveteurs spécialisés encore plus.

Le panonceau orangé rectangulaire est à deux parties : la partie supérieure contient un ou plusieurs chiffres, qui permet(tent) d'identifier la classe du danger, et la partie inférieure contient un nombre, qui permet d'identifier le produit.
Et si quelqu'un ne sait pas lire les nombres(1), point d'inquiétude : un pictogramme permet de confirmer le type de danger.
Commençons par le type de danger : le premier chiffre indique le danger principal ; les deuxième et troisième chiffres, les dangers subsidiaires le cas échéant (zéro correspondant à une absence de danger secondaire).
Et comme promis, pour ceux qui préféreraient les images, vous pouvez vous référer aux sources en bas de l'article.
Il y a parfois deux fois le même chiffre ? Non, non, ce n'est pas une erreur ; c'est juste pour signaler le redoublement du danger.
Le type de produit ensuite. Il serait fastidieux (et inutile) d'énumérer tous les types de produits que vous seriez amenés à découvrir : l'imagination de l'industrie, des chimistes et autres variantes pétrolifères, aromatiques ou radioactives étant sans doute sans limite, il est juste utile ici d'indiquer que la liste se trouve au Journal officiel du 23 janvier 1975, reprenant une classification internationale(2) : ainsi le code 2031 correspond à l'acide nitrique et le code 1017 au chlore.
Et regardez bien sur les routes dans les jours qui viennent : vous verrez très régulièrement le même chiffre derrière nombre de camions citernes : pour le ravitaillement en carburants des citernes des stations service(3).
Mais en cas d'accident, vous ne manquerez pas d'indiquer ce numéro aux services de secours, qui sauront très bien à quoi il correspond(4).
Et bien entendu, les plus perspicaces d'entre vous ne manqueront pas de remarquer que cette règlementation s'applique aussi aux chemins de fer.

Vous avez sans doute déjà entendu parler de bon et de mauvais cholestérol, mais saviez-vous qu'il n'en existe pourtant qu'une seule molécule ? Alors que sont-ils exactement et à quoi servent-ils ?
La différence se fait par leurs transporteurs. En effet, le cholestérol n'est pas soluble dans le sang et a par conséquent besoin d'un véhicule : c'est ce qu'on appelle une lipoprotéine.
En fonction des autres « passagers » que celle-ci transporte, elle est plus ou moins dense. Dans l'organisme, on distingue grâce à cela quatre types de cholestérols :
Les chylomicrons transportent le cholestérol de l'intestin vers les autres organes, les LDL ont pour rôle de l'insérer dans les cellules de l'organisme et les HDL de l'emmener vers le foie pour qu'il y soit dégradé.
Bon et mauvais cholestérol : mais alors qui est qui ?
Le bon, c'est le HDL car c'est celui qui est éliminé par l'organisme ; le mauvais est le LDL. En effet, si on mange trop de cholestérol, les cellules disent « stop, nous sommes pleines », laissant le cholésterol errer dans le compartiment sanguin, jusqu'à ce qu'il soit « consommé »(5) par les éboueurs de l'organisme(6). Ces derniers vont alors exploser et se déposer sur les parois des artères, formant un athérome, qui est un facteur de risque pour les maladies cardiovasculaires. Il faut aussi savoir que fumer réduit la quantité de cholestérol que peuvent contenir les cellules(7).
Et sinon, il sert à quoi le cholestérol ? Il est tout simplement indispensable à notre vie ! On le retrouve dans les parois de chacune de nos cellules, et il sert de base à la construction de nombre d'hormones que l'on appelle hormones stéroïdes – comme le cortisol, la progestérone, les œstrogènes ou la testostérone par exemple – et de la vitamine D3.
Ils sont partout, et bientôt il gouverneront le monde(8) ! Je parle des geeks bien entendu. Mais alors, qu'est-ce que c'est exactement ? La plupart des gens diront : c'est un gars (ou une fille(9)) qui passe son temps à jouer aux jeux vidéo et, surtout, qui ne sort jamais. Ses seuls amis sont des personnes avec qui il communique par chats ou forums interposés. Il n'a aucune culture et passe beaucoup de temps devant un écran
.
Et dire qu'il y en a pour penser ça !
Aujourd'hui, mesdames et messieurs, je vais faire remonter les geeks dans votre estime(10).
Commençons par le commencement : qu'est-ce qu'un geek ? Reprenons ensemble la définition de tout a l'heure.
c'est un gars (ou une fille) qui passe son temps à jouer aux jeux vidéo et, surtout, qui ne sort jamais: FAUX ! Et les geeks vous le répèteront sans cesse : cette définition est celle du no-life qu'il ne faut ABSOLUMENT pas confondre avec le sujet dont nous parlons. Celui-ci est un passionné de sciences qui s'intéresse également aux progrès technologiques mais également aux univers fantastiques par exemple.
Ses seuls amis sont des personnes avec qui il communique par chats ou forums interposés: encore une fois, c'est complètement FAUX. Le geek passe sans doute du temps sur les chats ou les forums, mais il a aussi une vie sociale. Il lui arrive de sortir – même s'il est vrai qu'il préfère jouer aux jeux vidéo avec ses copains ou regarder un film avec sa copine. Eh oui, le geek a lui aussi des sentiments !
Il n'a aucune culture et passe beaucoup de temps devant son écran
: FAUX. Certes, un geek peut passer beaucoup de temps devant un ordinateur, mais il ne faut pas oublier qu'il sait également lire ! Il dévore généralement des livres de science fiction (Star Wars), fantastique (Le Seigneur des anneaux), des mangas, des BD…
Quant à la culture, il ne faut pas dire qu'ils n'en ont pas : disons juste qu'elle est… différente.
Voilà pour la partie « explication » – passons maintenant à la partie « différences ». Jusqu'ici, j'ai parlé des geeks, no-life, mais je n'ai pas encore abordé les nerdz.
un féru de sciences/maths/logique, qui s'intéresse également aux nouvelles technologies et aux univers fantastiques (comics, science-fiction, heroic fantasy, etc. ). Cette passion s'accompagne naturellement de nombreuses activités, telles que le jeu de rôle, le cinéma, les jeux vidéo ou encore la programmation informatique. Et n'oublions pas le sport, car oui, notre geek peut être sportif – enfin parfois !
est une personne qui consacre une très grande part (si ce n'est l'exclusivité) de son temps à pratiquer sa passion, voire son travail, au détriment d'autres activités. Cette addiction affecte ses relations sociales et sentimentales. Ce qu'il faut comprendre, c'est que le no-life n'est pas forcément un mordu de jeux vidéo, même si c'est très souvent le cas. On peut également parler d'un no-life du travail pour désigner quelqu'un qui passe tout son temps à bûcher, et qui ne fait rien d'autre. Les hikikomori japonais sont sans doute les pires no-life de la planète !
En gros, que faut-il retenir ?
Tout d'abord un geek n'est pas un no-life : il a une vie sociale.
Ensuite mesdames messieurs, les geeks/geekettes sont la perle rare de notre société, arrêtons de les considérer comme des êtres différents(11), eux aussi ont des sentiments et des émotions !
Enfin, je vous laisse rechercher où rencontrer ces geeks et ces nerdz(12) – quant aux no-life, ne les cherchez pas, vous ne les trouverez pas !
Avez-vous déjà entendu parler de Mirra Alfassa, la Mère ? Cette écrivaine d'origine française fut la compagne spirituelle de Sri Aurobindo, célèbre philosophe et écrivain spiritualiste indien de la première moitié du XXe siècle. Mais le plus grand héritage laissé à la postérité par la Mère est sûrement la création d'Auroville, la cité de l'Aurore.
Bâtie selon les plans d'un architecte français, Roger Anger et grâce au financement de l'Unesco, elle fut inaugurée le 28 février 1968, une dizaine de kilomètres au nord de Pondichéry, en Inde. Sa vocation est d'« être une ville universelle, où les hommes et les femmes de toute origine pourraient vivre en paix et en harmonie, au-delà de toute croyance, de toute opinion politique ou de toute nationalité. Le but d'Auroville est d'atteindre l'unité humaine ».

Depuis sa création, les aurovilliens ont transformé peu à peu le désert aride d'origine en véritable jardin tropical, faisant d'Auroville un paradis d'émeraude. En son centre a été édifié le Matrimandir, salle de méditation, l'« âme du lieu ». Ce globe doré a été érigé sans aucun engin de travaux.
La cité « qui n'appartiendrait à aucune nation, lieu où tous les êtres de bonne volonté, sincères dans leurs aspirations, pourraient vivre librement comme citoyens du monde » bénéficie d'un statut spécial, en Inde et dans le monde, ce qui lui permet de rester la plus indépendante possible. La communauté aurovillienne atteint aujourd'hui environ 2000 habitants, de nationalités variées, répartis sur 20 km2 en 80 villages.
Depuis sa création, la ville a été active dans le reboisement et l'agriculture ; mais elle a aussi développé un système central informatisé et des centres de recherche, portant sur le développement durable, les constructions écologiques ou le traitement des eaux… Des communautés comme Fraternity ou Aspiration ont vu le jour, afin de développer l'artisanat et l'éducation au sein d'Auroville. Diverses constructions comme le Bharat nivas, centre culturel, ont également été érigées.
Un revenu minimum est assuré pour tous les résidents d'Auroville ; toutefois, une nouvelle unité économique est en cours de développement afin d'améliorer le niveau de vie des habitants. L'éducation et la culture occupent une place importante dans la vie de la cité, afin de faire d'Auroville « le lieu du progrès constant, et d'une jeunesse qui ne vieillit point », et « le lieu des recherches matérielles et spirituelles pour donner un corps vivant à une unité humaine concrète ».
Comme moi, il vous est sûrement déjà arrivé de vous demander quelle est la différence entre une rue, une avenue, un boulevard, de chercher une logique, logique inlassablement détruite par les illogismes de certaines de nos voies.
Mais il existe des règles, loin d'être absolues et obligatoires, mais que je vous livre :
On peut constater, au gré de multiples balades, des nombreuses exceptions à ces règles.
Il n'est pas rare, par exemple, de croiser une « Avenue Jean Jaurès », ou un boulevard étant en fait une voie assez étroite traversant la ville sans aucun souci de suivre le moindre rempart, ou encore une voie bétonnée portant le nom de « chemin », voire une allée ne contenant pas la moindre misérable plante sauvage.
Mais ces exceptions sont plus fréquentes en province(16) qu'en ville, et ces règles sont finalement assez bien respectées.
Le dodo ou dronte de Maurice – de son petit nom taxinomique Raphus cucullatus – est sans doute le plus célèbre des animaux dont la disparition est imputable à l'Homme.
Cet oiseau au plumage gris, doté d'un bec recourbé d'une vingtaine de centimètres et de pattes jaunes à quatre doigts, vivait sur l'île Maurice. Paisible volatile lent et incapable de voler, ses spécificités étaient dues à l'évolution(17) car l'île Maurice, très hospitalière, ne lui opposait aucun prédateur. Il semblerait que les dodos se nourrissaient principalement de graines et de fruits.
Les Hollandais, débarquant pour la première fois en 1598 sur l'île Maurice, découvrirent ce gros oiseau. Ils lui donnèrent le nom de walgvogel, « oiseau dégoûtant », sans doute parce que sa viande se conservait mal après la cuisson et qu'elle n'était pas particulièrement bonne. Le nom de dodo viendrait du néerlandais dodars, paresseux, ou dodaars, « fesses nouées » (en référence à la forme du postérieur de l'animal).
L'introduction d'animaux mangeant les dodos ou leurs œufs(18), alliée à la déforestation et à la chasse, ont finalement mené à l'extinction de l'oiseau en moins d'un siècle. Les dernières observations attestées du dodo datent des années 1660, et il est fort probable qu'il se soit éteint avant 1700.
De nos jours encore, le dodo reste un symbole populaire de l'île Maurice et plus généralement de la destruction d'espèces animales par l'Homme.
Un ninja (celui qui pratique le ninjutsu(19)) ou shinobi était un espion japonais du Moyen Âge. Le terme utilisé pour désigner une femme ninja est kunoichi(20).
Les ninjas ne sont pas japonais à l'origine. En effet, ils s'inspirent de L'Art de la guerre du chinois Sun Tzu (appelé Son Shi au Japon). Cet ouvrage enseigne une tactique militaire bien différente du code bushido, le code d'honneur des samouraïs japonais. C'est une véritable révolution qui s'opère : le code bushido apprend comment se battre à la loyale, à un contre un : il incarne toutes les valeurs justes, franches et morales chères aux samouraïs. L'Art de la guerre quant à lui apporte une vision plus pragmatique du combat. Sun Tzu est davantage centré sur l'efficacité que sur l'honneur ! Au chapitre 13 par exemple, il conseille d'utiliser les espions, classés en cinq catégories, dont :
Les espions de l'ennemi qui viennent nous espionner doivent être recherchés puis financièrement soudoyés, traités et logés avec tous les égards. Ainsi ils deviendront des espions convertis et disponibles pour notre service.
Si les samouraïs étaient prêts à mourir pour leur daimyo, leur seigneur auquel ils sont inféodés, les ninjas sont à celui qui les paye le mieux.
Tous les coups sont permis : le déguisement, la déception et la tromperie servent à rendre l'ennemi confus et paranoïaque ; seul compte l'argent.
Le ninja s'entoure de légendes et de rumeurs. Le premier ninja serait le prince Yamoto : il se travestit en femme pour attirer deux grands chefs barbares, les séduit puis les massacre. Pas très glorieux, mais il accède ainsi au pouvoir.
Une autre histoire de ninja de la première heure ? Kumawaka, un jeune garçon de 13 ans, va voir son père mourant dans une contrée éloignée. Son père est retenu prisonnier par des moines bouddhistes car il n'a pas payé ses dettes. Le fils se voit donc refuser toute visite et son père meurt quelques jours après. Le petit gringalet jure alors de se venger des moines. Il passe plusieurs jours à attraper des papillons de nuit, puis simule une maladie pour être recueilli au sein du monastère. Une nuit, il lâche progressivement les papillons dans le dortoir des moines : les papillons recouvrent la lampe, il entre et massacre tous les moines(21). Poursuivi, il rejoint une rivière et escalade un long roseau de bambou qui ploie, l'amenant sur la berge opposée. Il s'évapore ensuite dans la nature. Bien entendu, on peut difficilement vérifier la véracité de ses récits…
Les premiers endroits où les ninjas se développent sont les régions d'Iga et de Koga. Les clans de ces régions vendent leurs services en tant que mercenaires. Le ninja ne se bat pas en face à face, il espionne, assassine, sabote, … et pénètre dans les palais japonais sans être vu. Des ninjas se seraient infiltrés dans une forteresse, de nuit, et auraient massacré toute une partie des habitants. Les survivants découvrent la boucherie le lendemain, et la paranoïa s'installe dans le château. Ces « hauts faits » instaurent une telle crainte des ninjas que des habitations ont été conçues avec des planchers inégaux afin qu'ils grincent, même sous les pieds d'un ninja. Les daymios se cachaient dans des résidences secondaires à la campagne la plupart du temps. Dans un château, le seigneur rendit même obligatoire le port de pantalons larges qui faisaient du bruit quand on se déplaçait.
Les ninjas ont beaucoup joué sur ces faits pour se forger une réputation légendaire. Ainsi, ils ont été décrits comme mesurant trois mètres de haut, pouvant voler dans les airs et comme étant invisibles. Bien sûr, ils pourraient aussi jouer aux passe-murailles et traverser les murs. Pratique pour infiltrer les châteaux !

Je ne ferai pas l'injure au lecteur d'expliciter le terme « échec et mat », que chacun a dû rencontrer au moins une fois dans sa vie, que ce soit lors d'une partie d'échec ou dans une expression figurée.
Mais si le contexte d'utilisation est clair, la signification mérite quant à elle un article. La plupart des joueurs d'échecs se sont malheureusement vus enseigner une mauvaise traduction, qui clame qu'« échec et mat » signifie « le roi est mort ». Tentons de rétablir la vérité…
Allons dans l'ordre et commençons par le commencement. « Échec et mat » provient de shah mat. Partant du principe que mat en arabe signifie « mort » et shah « roi », il a longtemps été considéré que l'expression signifiait littéralement le massacre du roi ennemi en fin de partie.
Mais les échecs sont plus subtils ! Toutes les pièces sont tuables, à l'exception du roi : le dernier coup que l'on porte au maître du plateau n'est jamais joué, et sa capture – pas sa mort – est symbolisée par le couchage de la pièce sur l'échiquier. Autrement dit, la symbolique du jeu (« le roi se rend ») ne s'accorde pas à son oral (« le roi est mort »).
Sauf que shah mat ne vient pas des Arabes ! Ceux-ci ont récupéré le jeu des Perses. Et en perse, si shah signifie toujours « roi », mat ne se traduit par par « mort », mais par « capture », « embuscade », « défaite ».
Le premier avertissement, shah (mal translittéré par « échec », ce qui enlève le rapport entre l'interjection et la pièce) indiquait à l'autre joueur que son roi (son Shah) était en danger, et qu'il fallait faire une action pour le sortir de ce mauvais pas. La seconde phrase – « échec et mat » – était ensuite un moyen civilisé de résoudre la situation, non pas en décapitant le monarque mais en montrant à son adversaire que la partie est finie, le roi étant acculé et n'ayant plus aucun moyen de se défendre. Bref, une guerre idéaliste… et idéalisée.
Après la mort de Lénine, Staline arrive au pouvoir(22) : exactement ce que le défunt chef redoutait, car il pensait – à juste titre – que Staline était très dangereux, brutal et coléreux.
Même si la vie de Staline est très intéressante – et ferait sûrement l'objet d'un omnilogisme passionnant ! –, nous n'allons pas la voir ici(23) puisque nous préférerons n'en narrer qu'une courte anecdote.
Comme vous le savez sans doute, Staline utilisait beaucoup de main d'œuvre et il aimait trouver des moyens motivants pour la faire travailler plus efficacement. En plus de la déportation, il maîtrisait également la seconde arme du communisme : la propagande. L'exemple le plus connu est sûrement celui d'Alekseï Grigorievitch Stakhanov, c'est celui que nous allons détailler aujourd'hui.
Remettons l'anecdote dans son contexte : Staline avait instauré des quotas de production par ouvrier ; pour le charbon, chaque ouvrier devait extraire sept tonnes en six heures.
Stakhanov était justement un mineur de charbon, et le 31 août 1935 il aurait fait mieux, non… même beaucoup mieux que ce qui était demandé : 102 tonnes en 5 heures 45 minutes !
Le 9 septembre, Stakhanov fit à nouveau parler de lui, avec un nouveau record de 227 tonnes. Son exemple fut publié dans les journaux et devint le modèle à suivre pour tous ses kamarades. Mais ces exploits semblent peu probables… en fait, Stakhanov aurait eu au moins deux collègues pour l'aider durant ses records(24) – ce qui n'empêcha pas le peuple russe d'y croire dur comme fer.
Pour couronner le tout, Stakhanov reçut deux Ordre de Lénine(25). Comme si cela n'était pas suffisant, le dernier dimanche d'août fut déclaré « Journée du mineur de charbon » en son honneur, et la ville de Kadievka (qui comptait alors près de 100 000 habitants), lieu de ses exploits, fut rebaptisée Stakhanov.
Les prophéties divines sont connues pour leur caractère obscur et Crésus en fit lui aussi les frais.

Crésus était roi de Lydie (en Asie Mineure) au VIe siècle avant J. -C, connu pour sa puissance mais aussi pour ses richesses(26).
Grand conquérant, il alla un jour à Delphes consulter la Pythie, oracle d'Apollon, pour savoir s'il serait vainqueur d'une guerre qui l'opposerait aux Perses. L'oracle répondit : « Si Crésus traverse l'Halys(27), il détruira un grand empire ». Confiant, Crésus partit donc en guerre pensant réduire en cendres le royaume Perse. Mais contrairement à toute attente, l'armée lydienne fut vaincue et Crésus fait prisonnier.
Convaincu qu'Apollon s'était trompé, Crésus envoya un messager pour protester contre la Pythie. À son retour, le messager annonça à son souverain ce qu'on lui avait dit à Delphes : la Pythie ne s'était pas trompée et la prophétie s'était bien réalisée : Crésus avait mal interprété les paroles de l'oracle. Oui, un grand empire avait été détruit… Ce n'était pas la chute de l'empire perse, mais bien celle de son propre empire que Crésus avait entraînée !
Conclusion ? Les dieux ne mentent jamais, seule l'interprétation des prophéties est mauvaise…