Prochain omnilogisme : 11/03/2010 à 0:00
Arborescence entourante, tenant compte des renvois et des liens :
Peut-être, grâce au titre de cet article, venez-vous de reconnaître l'une des chansons phare du groupe irlandais U2(1), traitant de l'un des évènements les plus marquants du XXe siècle en Irlande : le Bloody sunday. En vérité, en près d'un siècle de cohabitation entre les Anglais et les Irlandais, il n'y a pas eu qu'un seul évènement tragique : il va donc falloir présenter les deux Bloody Sunday !
Commençons donc par le premier, qui eut lieu le 21 novembre 1920.
L'Irlande, ancienne possession anglaise, décide de se déclarer indépendante en 1919. Mais la manière dont le Dáil Éireann (le Parlement irlandais) valide la décision ne pousse pas les Anglais à les prendre au sérieux : des mouvements de colère commencent à apparaître dans le pays et la guerre débute réellement avec l'assassinat de deux policiers britanniques par l'IRA(2). C'est le début d'une partie de cache-cache géante entre les deux camps, l'IRA étant soutenue par la population – par exemple, des conducteurs de train ne voulant pas embarquer des soldats anglais, ou des habitants qui refusent de payer un impôt britannique.
Perdant la face, les Anglais commencent à piller des villages, arrêtent des gens au hasard et en tuent certains pour « faire peur ». Finalement, une force paramilitaire sera créée : les Black and Tans(3), qui s'« amusent » encore plus que l'armée britannique. Les Auxiliaires, composés d'officiers spécialisés dans les guérillas, voient également le jour. Évidemment, les deux corps n'ont aucun ordre du gouvernement de brûler et piller tout ce qu'ils trouvent, mais bon, c'est pensé tellement fort qu'ils le comprennent ainsi(4). Mais on ne s'arrête pas là ! La guerre est définitivement ouverte lorsque le gouvernement britannique crée le Gang du Caire : dix-huit agents surentraînés flairant le nationaliste irlandais à des kilomètres à la ronde, épaulés par les Auxies (diminutif d'Auxiliaires).
Finalement, on en arrive – « enfin ! » me semble soupirer le jeune homme dans le coin – au 21 novembre 1920. Ce jour là, des hommes de l'IRA tuent quinze membres du Gang du Caire ; en représailles, les Auxies décident d'aller se « détendre sur les Irlandais ». Il y a un match important de football gaélique à Croke Park : partant du principe qu'aucun Anglais sensé n'assiste à « cela », ils en déduisent par élimination que le stade sera rempli d'Irlandais. Ils tirent donc dans la foule, tuant quatorze personnes et en blessant soixante-cinq. Le 21 étant un dimanche, ce jour deviendra tristement célèbre sous le nom de Bloody Sunday (dimanche sanglant), premier du nom.
Vous suivez encore ? Non, vous devant, ne bâillez pas ! Maintenant que vous semblez un peu plus réveillés, parlons du second Bloody Sunday.
Nous voilà en 1972, toujours en Irlande. Cette fois, ce n'est plus tout à fait un problème Anglais vs. Irlandais, mais… Irlandais vs. Irlandais puisque l'opposition se fait entre les nationalistes irlandais (majoritairement catholiques), et les unionistes (plutôt protestants, qui prônaient un regroupement de tous les pays au sein du Royaume-Uni). Ces derniers « auraient bénéficié » du soutien de l'armée britannique (vu les tirs lors du second Bloody Sunday, le conditionnel est de trop ! ).
La NICRA, regroupant divers mouvements réclamant l'égalité pour tous les citoyens nord-irlandais, ainsi que la fin des discriminations des protestants envers les catholiques(5), est fondée en 1967. Énorme avantage, elle accueille n'importe qui : on passe des communistes aux républicains en faisait un détour par les nationalistes, le tout mélangeant allégrement les religions. Dangerosité de la NICRA ? Ses actions faisaient passer Gandhi pour un dangereux terroriste ! En effet, elle prône la non violence et n'utilise que les marches, les manifestations et le sit-in.
Revenons en à nos moutons, je sens que certains décrochent pour de bon… Le 30 janvier 1972, la NICRA décide de manifester pacifiquement à Londonderry (aussi appelé Derry) contre l'internement administratif(6), autorisé en 1971 par le Parlement. La manifestation dégénère et des parachutistes de l'armée britannique ouvrent le feu. Il existe actuellement deux versions de cette fusillade :
Toujours est-il que vingt-huit manifestants sont atteints par les balles anglaises et quatorze décèderont des suites de leurs blessures. Ce second Bloody Sunday conduit à une recrudescence des sympathisants de l'IRA, relançant de manière importante la guerre civile en Irlande qui ne s'achèvera qu'en 1998 avec la signature de l'« accord de Belfast », prévoyant, entre autres, le désarmement des branches armées des partis politiques…
Si vous avez, parmi vos nombreuses qualités(7) l'impartialité et que vos amis font régulièrement appel à vous pour trancher, peut-être êtes-vous un lointain descendant de Salomon. Oui, parfaitement, vous m'avez bien lu : un descendant du roi d'Israël(8) !
Reprenons cette expression du « jugement de Salomon », que vous avez très certainement déjà entendue – je vous rappelle que vous êtes censé être impartial ! – à votre propos. D'où vient-elle, peut-on l'utiliser sans restriction – ah, l'éternelle question des droits d'auteur –, bref : comment s'en servir ?
Remontons quelques siècles en arrière : vous voilà au IXe siècle avant J.-C., en Israël. Pour corser un peu le jeu, imaginons que vous êtes le roi de ce pays. Pour l'instant, pas trop difficile : vous menez la grande vie, les peuples autour de vous sont unifiés grâce à votre sagesse, bref, tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles
. Là, deux prostituées arrivent – à l'époque, cela était autorisé – et viennent vous demander quelques instants pour trancher une épineuse question. En effet, ces femmes ont accouchées récemment dans une même maison, chacune donnant naissance à un enfant en pleine forme. Le problème ? L'une prétend que l'autre, en dormant, aurait écrasé son bébé et plutôt que d'assumer son geste, aurait échangé les deux rejetons, lui donnant le nouveau-né décédé. Ne reconnaissant pas son enfant au lever du jour, une dispute entre les deux aurait éclaté, les menant devant le roi – c'est-à-dire vous – pour les départager. La question est donc : qu'auriez-vous fait ?
Reprenons le véritable cours de l'histoire, plutôt que d'imaginer ce pauvre homme jouant à « am stram gram… ». Salomon, ayant quelques notions sur les instincts maternels, demande à un de ses gardes de s'approcher. Il ordonne à l'homme de couper en deux l'enfant qui est en vie
et d'en donner la moitié à chacune
. L'une s'oppose immédiatement à cette décision, préférant laisser l'enfant en vie à sa rivale que de le voir mourir ; tandis que l'autre se réjouit de ce choix « judicieux ». Le roi sait alors qui est la véritable mère, au grand étonnement de tous. Il se penche vers la première femme et lui confie le nourrisson.
Du coup, il est plutôt flatteur de se faire décerner le titre de Salomon quand vous résolvez astucieusement un conflit, n'est-ce pas ?
Vous voilà en Chine ! En descendant de l'avion, vous arrivez dans le quatrième terminal de l'aéroport de Beijing(9), portant le chiffre cinq !
Mais… pourquoi cette omission du chiffre quatre ?
Pour tout dire, cette absence s'explique par la numérologie asiatique qui a une influence majeure dans la superstition chinoise. En effet, certains nombres sont signe de chance ou de malchance, car leur prononciation se rapproche d'un mot chinois.
Le quatre (sì en mandarin) est le chiffre le plus omis car il se rapproche de la prononciation de mort (sǐ), on l'évite donc le plus souvent possible. N'essayez jamais de trouver des références à ce chiffre dans les bâtiments(10) ; selon les Chinois, cela perturbe considérablement le feng shui, cet art de l'harmonisation de l'environnement, permettant de favoriser le bien-être, la prospérité et la santé de ses habitants.
Et voilà pourquoi il faudra éviter la prononciation de ce chiffre en mandarin.
La bataille d'Alésia est restée dans les mémoires : elle oppose, en 52 avant notre ère, deux illustres chefs de guerre : Jules César, le Romain et Vercingétorix, le Gaulois.
La bataille d'Alésia met fin à la dernière révolte de la Gaule contre les Romains. Vercingétorix est réfugié avec ses troupes sur une position fortifiée, l'oppidum(11) d'Alésia. Dans la Guerre des Gaules, Alésia est décrite par César comme étant imprenable… Pourtant, César et ses légionnaires réalisent un encerclement méthodique de la ville que rien ni personne ne peut briser. Les assiégés finissent par capituler. La Guerre des Gaules est finie : la guerre des archéologues n'a pas encore commencé.
Mais où se trouve Alésia ? On ne sait pas…
Une tradition situe Alésia en Bourgogne, sur un petit relief appartenant à la commune de Alise-Sainte-Reine… Le nom d'Alise ne semble-t-il pas directement dérivé d'Alésia ? Mais tout change en 1855, lorsqu'une société savante, la Société d'émulation du Doubs, propose de localiser Alésia à Alaise, dans le Doubs, et recueille le soutien de plusieurs savants, spécialistes de géographie historique. Des savants bourguignons protestent alors vivement en faveur d'Alise. La querelle devient vite nationale et prises de partie de savants par brochures ou voie de presse se multiplient. Napoléon III lui même s'y intéresse : pour ramener le calme, il crée une Commission de la topographie de la Gaule, chargée de coordonner un programme de fouilles et de dresser une carte exacte de la France.
Ce qui est certain, c'est qu'en chacun de ces lieux, les fouilles ont révélé de quoi alimenter la polémique ! À Alise-Sainte-Reine, cependant, existent, repérées par avion, des traces de fortifications et de remparts bien précises. Alors peut-être est-ce Alésia, peut-être pas…

Donnez-moi du bleu, donnez-moi du blanc, donnez-moi du rouge, et je vous chanterai l'hymne national français.
Et oui, pour tout ceux qui ne le savent pas le drapeau français est bleu, blanc et rouge
Pourquoi donc ?
Facile(12), les rois de France ont arboré les trois couleurs du drapeau séparément.

C'est la Révolution Française qui va instituer le drapeau tricolore.
Le 13 juillet 1789, la Garde nationale, sur le point de prendre la Bastille, portait une cocarde bleue et rouge (les couleurs traditionnelles de Paris). Le 17 juillet, Pierre Bailly, maire de Paris, présenta la cocarde au roi et l'épingla sur l'habit blanc du roi, qui alla saluer la foule devant l'Hôtel de Ville avec cette cocarde. La Fayette la recommanda au gouvernement et elle fut officiellement adoptée le 4 octobre 1789.
Un décret du 15 février 1794 indique que le pavillon et le drapeau National seront formés des trois couleurs nationales disposées en trois bandes égales de manière à ce que le bleu soit attaché à la garde du pavillon, le blanc au milieu et le rouge flottant
.
La Restauration de 1815 rétablira le drapeau blanc, symbole de la monarchie des Bourbons. D'ailleurs, le drapeau blanc est aujourd'hui encore l'emblème des légitimistes, qui refusent le drapeau tricolore, taché, selon eux, du sang de Louis XVI.
Fidèle lecteur omnilogiste, il y a peu, nous fêtions ici les 60 ans de Oui-Oui. Parlons donc aujourd'hui de ces trois inséparables compagnons qui font le bonheur de nous autres,
gaulois, et de tant d'autres, depuis maintenant 50 ans ; eh oui, bon anniversaire Astérix et tous ses compagnons.
Fruit du hasard, nés dans la précipitation de la réflexion de deux jeunes gens de 24 et 25 ans, qui se doivent de trouver un thème pour répondre à une commande de bandes dessinées destinées à des éditeurs hebdomadaires pour les jeunes. Goscinny scénariste aux talents annexes de dessinateur et Uderzo, dessinateur en titre, cherchent désespérément leurs futurs héros pour la revue Pilote dont le premier numéro est programmé pour octobre 1959. Après moult boissons, les deux compères étudient les diverses périodes de l'histoire de France et constatent que l'épopée gauloise n'a pas encore été traitée. Quelques vagues souvenirs scolaires laissent entrevoir des possibilités avec ce peuple courageux et frondeur. 
Il faut surprendre les lecteurs : pourquoi ne pas choisir un anti-héros ? Le personnage principal sera donc petit et rusé. Et en contre point, il lui faut donc un compère fort (je n'ai pas dit gros, mais juste une peu bas de poitrine ! ).
Qui dit gaulois, dit romains. Et puisque les romains sont dominants, les gaulois seront donc regroupés dans un village courageux qui résiste. Car toute la Gaule est occupée. Toute ?
Mais non, un petit village résiste. Et pour expliquer cette résistance, vient tout naturellement l'idée de la potion magique, qui ne peut qu'être due au génie d'un druide.
Les noms d'Astérix et Obélix sont dus à la spontanéité des auteurs. Ce sont les lecteurs qui proposeront le nom d'Idéfix, en réponse à un concours organisé à cette fin, après l'apparition du petit animal devant l'étal d'un boucher à Lutèce. Cinq lecteurs proposent ce même nom, qui sera retenu.
Voici l'occasion au fil des ans de caricaturer nombre de vedettes qui apparaîtront au fil des albums, où l'on peut reconnaître en vrac (et parmi d'autres) Jacques Chirac, Kirk Douglas, Pierre Tchérnia, Jean Gabin, Guy Lux et tant d'autres.
Et l'occasion pour nous lecteurs de réviser notre latin ; aucun des deux auteurs ne maîtrisait d'ailleurs cette langue morte. Qu'à cela ne tienne, il suffira de se plonger dans les pages roses d'un célèbre dictionnaire. Vérifiez : vous y trouverez toutes les citations des albums.
Destiné à un public français, le rapide succès amènera rapidement à traduire les albums, qui ne sont pourtant pas toujours tendres avec nos voisins ; mais après une première traduction en allemand, le succès est là. Toute la difficulté consiste à respecter et reprendre les innombrables jeux de mots dans 107 langues !

Et voici donc au fil des ans 325 millions d'albums édités. Et qui sait que le premier satellite français envoyé dans l'espace en 1965 était baptisé du nom de code A1 ? En pleine période de guerre froide, il s'agissait en fait de Astérix 1, fier représentant d'un petit pays qui « résistait » à l'occupation mondiale des deux super puissances.
Hikikoi ‽ Hikikomori est un terme japonais désignant généralement une jeune personne sans aucune vie sociale qui s'enferme dans sa chambre à longueur de journées, ne sortant que pour satisfaire ses besoins vitaux. Et cela peut durer plusieurs mois voire plusieurs années ! À priori, on pourrait croire que c'est un symptôme n'affectant que quelques personnes isolées mais c'est un vrai problème de société au Japon. En effet, il y aurait un million de hikikomori au pays du soleil levant soit presque un jeune sur dix ! Et ce ne sont pas des autistes ni des attardés mentaux comme on pourrait le penser.
L'hikikomori est très lié à la société japonaise : la compétition sans fin dans les écoles, les enfants gâtés, les jeux vidéos surdéveloppés participent à l'augmentation de ce type de comportement. Lorsqu'ils sortent de leur bulle, la plupart cherchent à aider les autres qui sont dans la même situation qu'eux auparavant. Sur les forums on trouve des commentaires d'anciens hikikomori qui expliquent leur détresse comme celui-ci : Durant trois ans je ne suis pas sorti. J'étais très effrayé d'être blessé par les gens autour de moi. Lorsqu'on tentait de m'obliger à sortir pour par exemple l'anniversaire de la mort de mes grands-parents, j'avais des crises d'angoisse. L'idée d'être entouré de gens était terrifiante
.
Il ne faut pas confondre hikikomori et no-life, ce dernier désignant les personnes passant leur temps sur les jeux vidéos. Les hikikomori n'ont pas forcément d'occupation, beaucoup vivent juste en attendant le lendemain.
Voila, comme quoi passer un peu trop de temps devant un jeu vidéo, c'est pas grand chose finalement…
Cela fait 20 ans aujourd'hui que le mur de Berlin est tombé. Et pour fêter ce moment symbolique dans l'histoire de l'Europe, omnilogie.fr a le plaisir de vous offrir un article sur ce sujet.
L'histoire du mur commence dès 1946. À cette époque, ce sont les soviétiques qui occupent Berlin et ils entreprennent de construire un mur afin de couper les communications terrestres entre Berlin ouest (occupé par les États Unis d'Amérique, la France et l'Angleterre) et l'Allemagne occidentale. Ce mur sera ensuite renommé par Churchill « le rideau de fer ».

L'existence de Berlin-Ouest est insupportable pour les Soviétiques car les Allemands de l'Est y votent chaque jour « avec leurs pieds » en fuyant le régime soviétique. Il devient difficile de contrôler les 5 000 personnes qui traversent chaque jour la ligne de démarcation berlinoise, à pied ou par les réseaux de communications ferroviaires et métropolitains.
Berlin-Ouest est le principal espace de transit des Allemands de l'Est émigrants à l'Ouest. En 1958 déjà, plus de trois millions d'Allemands de l'Est ont fui vers la RFA. Cette hémorragie humaine prive le pays de main-d'œuvre et montre au monde la faible adhésion à la soviétisation de l'Allemagne de l'Est.
Le 27 novembre 1958, l'URSS lance un ultimatum exigeant le départ des troupes occidentales dans les six mois pour faire de Berlin une « ville libre » démilitarisée. Les alliés occidentaux refusent. En 1961, les Soviétiques prennent donc la décision de faire supprimer par la RDA la ligne de démarcation berlinoise en construisant un mur, qui deviendra « le mur de la honte ».
Cette construction commence les 12 et 13 juin 1961 avec la pose de grillages et de barbelés autour de Berlin-Ouest. Puis les Soviétiques choisissent une date idéale pour faire exécuter leur œuvre : le 13 août 1961, soit en plein pont estival pendant lequel nombre de chefs d'États occidentaux sont en vacances.
La RDA présente la construction comme un « mur de protection antifasciste ». La construction du mur se réalise dans un temps record, ce qui signifie qu'il est le fruit d'une préparation longue et minutieuse.
Cependant, ce mur est plus qu'un mur puisqu'il est bordé de mines anti-personnelles, de pièges pour tanks, de barrières d'alarmes, etc. Au mur de 3,5 m de hauteur couvrant 155 km autour de Berlin-Ouest s'ajoutent les « murs » créés par la fermeture des réseaux de communications ferroviaires et métropolitains entre Berlin-Ouest et Berlin-Est.

Sur les 81 points de passage existant avant août 1961, 69 sont fermés dès le 13 août, par des barbelés et des murs de briques. Pour les visiteurs étrangers est assigné un point de passage unique situé dans Friedrich Strasse (Chekpoint Charlie), ouvert jour et nuit.
Les échanges économiques cessent entre les deux Berlins : 63 000 Berlinois de l'Est perdent leur emploi à l'Ouest, et 10 000 de l'Ouest perdent leur emploi à Berlin-Est.
Bien des années plus tard, en 1989, le gouvernement de la RDA ne parvient plus à enrayer l'émigration car celle-ci utilise un nouvel espace de transit, la Tchécoslovaquie, qui finit – sous la contrainte des milliers de voitures fuyant l'Est – par ouvrir ses frontières avec l'Autriche. Ainsi le 9 novembre 1989, Günter Schabowski, membre du bureau politique, annonce la décision du gouvernement de RDA d'autoriser les voyages privés à destination de l'étranger [… ] sans aucune condition particulière
.
À peine quelques heures plus tard, les douaniers de Berlin ne parviennent plus à faire face à la demande et ne peuvent faire autrement que de laisser simplement passer. Le mur est vaincu.
Puis, fin 1989 et en 1990, le mur est démantelé à raison de 100 mètres en moyenne par nuit, avant l'organisation d'une démolition officielle qui se termine fin 1991. Six pans de mur seront conservés pour mémoire.

Toutefois, le mur demeure une cicatrice économique et humaine. Avant la guerre, Berlin était le plus gros et le plus innovant pôle économique et surtout industriel d'Allemagne. Puis Berlin-Ouest, en raison de son statut d'exception, s'est retrouvé écarté de tous les secteurs d'entreprise innovants. À Berlin-Est, le système économique socialiste entraîne une déficience dans l'organisation et dans la rentabilité de l'économie.
Depuis 1990, Berlin, redevenu capitale allemande au détriment de Bonn, bénéficie de l'apport croissant d'administrations politiques nationales, de l'implantation d'institutions diverses, de l'installation de marques connues et surtout d'un essor touristique important. Berlin a retrouvé ses « Champs Élysées », avec l'avenue {Unter den linden} (sous les tilleuls), artère Ouest-Est allant de la porte de Brandebourg jusqu'à la place du château (détruite et en voie de reconstruction).
Fidèle ami lecteur de l'omnilogisme du jour, si j'écris, si vous lisez cet article et que nous le comprenons tous deux, c'est qu'il est écrit dans un langage qui nous est commun. Fort bien.
Il ne peut en être qu'autant bénéfique pour les actes officiels qui pourront ainsi être compris de tous.
Mais rappelez vous, il n'en n'a pas toujours été ainsi !
C'est entre les 10 et 15 août 1539 que le chancelier Guillaume Poyet, avocat et membre du Conseil Privé du roi François 1 er rédigera cette célèbre ordonnance de Villers-Cotterêts, dans le château de cette ville. Elle fait du français la langue officielle du royaume en lieu et place du latin, et surtout des nombreux patois utilisés dans tout le pays. C'est l'achèvement d'une succession de premières décisions éparses et seulement incitatives.
Cette fois ci, les choses sont claires, et la décision s'applique aux actes ecclésiastiques (qui gèrent alors encore l'état-civil) juridiques et administratifs. 
Elle comporte 192 articles et traite de nombreux autres points, même si le plus célèbre d'entre eux restera cette décision bienvenue.
Et s'il fallait de nos jours ajouter un 193ème article, il pourrait être :
Et pour ce que telles choses sont souventesfoys advenues sur l'intelligence des articles contenuz, nous voulons que doresenavant tous articles ensemble tous aultres enseignements, soient de nous omnilogistes delivrez aux parties en langage maternel francoys et non aultrement.
Et l'idée perdurera au fil des ans. Rappelons ainsi, parmi d'autres textes la loi du 4 août 1994 relative à l'emploi de la langue française qui affirme que l'usage du français est obligatoire pour la désignation, l'offre, la présentation, des biens, produits et services ainsi que dans les annonces destinées au public, y compris dans les messages publicitaires(13)…
Un des premiers traits attribués à la race humaine par les anthropologistes est que nos ancêtres se démarquaient du reste du règne animal par l'enterrement de leurs morts. Au cours des âges, beaucoup de techniques différentes de « traitement » des morts ont ainsi vu le jour, spécifiques à telle ou telle civilisation. Ainsi, en Europe de l'Ouest, l'enterrement est la coutume principale. En Inde, c'est la crémation. Il en existe des dizaines comme cela, dont certaines peuvent nous choquer et nous paraître barbares à nous, profanes habitués aux coutumes occidentales. Il y a quelques siècles, en Europe de l'Ouest, la crémation était considérée comme un châtiment alors qu'elle était un honneur en Europe du nord.
Intéressons nous ici à une coutume des plus exotiques, venue tout droit du lointain Tibet. Nommée « funérailles célestes », jhator en tibétain, et consiste à exposer le corps des défunts sur le haut d'une montagne pour que les rapaces viennent le dévorer. Barbare dites-vous ?
Eh bien figurez-vous que pas du tout. La raison d'un tel agissement vient d'abord d'un aspect purement « pratique » : le Tibet est un pays majoritairement montagneux, avec peu d'arbres. Il y a donc peu de sols disponibles pour enterrer les morts, et peu d'arbres pour organiser des bûchers. Il faut donc une autre solution.

De plus, les Tibétains sont bouddhistes, philosophie qui prône la réincarnation. Selon eux, une fois la personne décédée, son âme va dans l'au-delà pour être ensuite réincarnée, alors que l'enveloppe de chair restée sur terre n'est plus qu'une simple coquille vide. Le fait de nourrir les rapaces avec cette chair est considéré comme un retour complet à la nature, le dernier don de soi de la part du défunt à la terre qui l'a fait naître.
Cependant, le jhator est une cérémonie très codifiée et chère. Les gens qui ne peuvent pas offrir la cérémonie proprement dite au corps du défunt se contentent de placer le corps sur des hauteurs afin que celui-ci soit dévoré par les rapaces.
Pour ceux qui peuvent se l'offrir, s'ensuit un véritable rituel. Il se déroule habituellement dans un monastère, tel que le monastère de Drigun. Le corps est placé sur une pierre plate qui sert spécialement à cet usage. Avant le rituel, un moine chante en tournant autour du corps et brûle des encens. Puis le corps est littéralement découpé par les Rogyapas (découpeurs de corps). La chair est séparée du squelette, pétrie puis mélangée à de la farine d'orge, du thé et du lait de Yak. Enfin les vautours sont appelés à manger. Il peut y en avoir beaucoup : jusqu'à 200 sur un seul corps ! Et rien (à part le squelette) n'est laissé.
Coutume intéressante, qui peut nous sembler étrange, voire dégoûtante, mais dont la logique est difficilement réfutable.