Prochain omnilogisme : 11/03/2010 à 0:00
Arborescence entourante, tenant compte des renvois et des liens :
Le fidèle omnilogiste qui consulte l'article du jour ne peut qu'aimer aussi lire et écrire plus classiquement sur une feuille en papier. De format A4 le plus souvent, ce format qui s'est fait support de tant de devoirs durant les années de classe, puis support de comptes, littérature, parfois d'histoires d'amour ou de rupture. Mais aussi factures, commandes ou compte-rendus, quand ce n'est acte juridique ou feuillet d'une revue.
21 x 29,7 centimètres. Mais pourquoi cette dimension ? Sans doute la transposition d'une mesure d'origine anglaise ? Que nenni, son origine est bien métrique.
C'est même le mètre carré qui fait référence ; pas sous le nom de A4, mais de A0, avec une dimension de 84,1 x 118,9 cm.

Pourquoi cette taille, avec ces décimales ? Tout simplement parce que chaque fois que l'on coupera la feuille en deux dans le sens de la largeur, la proportion longueur sur largeur de la nouvelle feuille restera identique : 1,41.
Pourquoi ce rapport(1) ? Il faut recourir à quelques notions mathématiques pour l'expliquer(2), se rappelant nos premières années qui veulent que L soit la longueur et l la largeur. Si on coupe dans la largeur, on a alors la nouvelle longueur qui correspond à l'ancienne largeur, et la nouvelle largeur qui correspond à l'ancienne longueur divisée par deux (il faut garder en tête que l'orientation change en coupant). Autrement dit, pour garder une proportion constante il faut , soit L2=2l2, ce qui revient à un rapport
. Soit environ 1,41.
Appliquée de manière empirique au fil des années, cette notion fait l'objet d'une norme internationale en 1922, due à un ingénieur de Berlin, W. Porstmann. Ainsi étaient nés les formats A0 à A10 qui perdurent de nos jours. De moins en moins utiles à l'ère des écrans informatiques penserez-vous ? Mais alors, quelle serait la référence reconnue de toutes… les imprimantes ‽
Il existe parmi notre population d'omnilogistes deux catégories :

Faisant parti des fêtards(3), cet article parlera donc de pourcentage.
On peut classer les alcools en plusieurs appellations selon leur degré :
Les plus faibles, généralement obtenus par fermentation :
Les plus forts le plus souvent distillés ou macérés (pour les apéritifs) :
Attention, l'abus d'alcool est dangereux pour la santé. Consommez cet omnilogisme avec modération.

Ils sont partout autour de nous, obligatoires dans les lieux recevant du public, bien utiles chez tous… Mais qui s'est déjà penché sur les indications qui figurent sur l'extincteur ? Il en existe plusieurs types, spécifiques aux différents types de feux. On fait certes confiance aux installateurs, qui ont la bonne idée d'affecter l'appareil adéquat à proximité du lieu d'utilisation (éventuelle et non souhaitée). Mais tout bon omnilogiste ne peut se passer de tout savoir sur les indications qui figurent sur l'appareil.
Et nous nous intéresserons ici aux indications normalisées qui figurent sur tout extincteur : une lettre, suivie d'un chiffre.
La lettre d'abord. Elle indique sur quel type de feu l'engin sera efficace :
Le chiffre ensuite. Mais là, ça devient plus technique… Il s'agit là de la mise en pratique d'une norme applicable à tout appareil, pour en quantifier le pouvoir d'extinction :
Voilà, vous savez tout sur l'extincteur… mais le plus sûr est de n'avoir à jamais s'en servir. Il n'est utile que sur les premières minutes d'incendie ; très rapidement, la chaleur et les émanations toxiques empêchent toute utilisation. Il faudra alors s'en remettre aux pompiers. Mais c'est une autre histoire !

Toujours est-il qu'après avoir lu cet article, même à l'étranger, vous saurez utiliser un extincteur !
J'ai une bonne et une mauvaise nouvelle à vous annoncer : la bonne, c'est que pour les besoins de cet omnilogisme, vous êtes invité(e) à une réception mondaine chez M. le Vicomte. La mauvaise, c'est que vous vous ennuyez à mourir. Alors, pour tromper votre ennui, vous mouillez votre doigt, vous arrosez votre assiette, et à court d'idées, vous faites tourner votre doigt (toujours mouillé) sur le bord de votre verre, en appuyant un peu.
Stop ! En plus d'avoir un comportement qui à coup sûr vous interdira l'espoir même d'une nouvelle soirée mondaine, faire tourner votre doigt mouillé sur le verre (en cristal, bien sûr) produira un bruit qui agacera tous les voisins, et qui à la longue, fera casser le verre.
Évidemment, vous vous moquez bien de ne plus être invité à ces réceptions barbantes, mais peut-être aimeriez-vous bien comprendre pourquoi votre verre s'est fendu, vous envoyant par la même occasion des éclats dans la main.
Pour comprendre ce phénomène, il est nécessaire de savoir auparavant que chaque matériau possède ce que l'on appelle une fréquence propre(7). Qu'est-ce qu'une fréquence propre, me direz-vous ? Eh bien, c'est une notion de physique qui stipule que tout matériau, quand on le frappe d'un coup sec (ou de manière générale, quand on l'« excite » d'une manière ou d'une autre), vibre toujours à la même fréquence, et ce quelle que soit l'intensité de l'excitation. En clair, si vous donnez une pichenette sur un verre, celui-ci délivrera toujours le même son(8). Bien évidemment, cette fréquence dépend de la forme du verre, de sa composition, de son volume, du volume d'eau qu'il y a à l'intérieur, etc. Ainsi, chaque objet ne vibre pas de la même manière, c'est ce qu'exprime le mot propre dans « fréquence propre ».
Or, si cet objet subit une excitation à une fréquence proche de sa fréquence propre, il aura tendance à vibrer, et ce de plus en plus fort : c'est le phénomène de résonance. Pour comprendre ce phénomène, imaginez que vous poussez votre petite sœur sur une balançoire : celle-ci ira d'autant plus haut que vous la poussez à intervalles réguliers, dès que la balançoire commence à redescendre vers l'avant. Eh bien, cet intervalle est la fréquence propre de l'« objet » petite sœur + balançoire, et c'est donc cette fréquence qui est optimale pour faire décoller votre sœur.
Pour en revenir à notre verre de cristal malencontreusement détruit, il possède également une fréquence propre, celle-la même que vous lui imposez en faisant tourner votre doigt. Le verre vibrera donc de plus en plus fort, et finira donc par casser – tout comme votre sœur finira par s'envoler de la balançoire si vous la poussez un peu trop longtemps.
Mais alors, vous direz-vous, il est possible de briser un verre rien qu'avec la voix, en chantant à sa fréquence propre ? Eh bien non, et il existe à cela plusieurs raisons : primo, il est quasiment impossible pour un humain de rester plus de quelques secondes sur une même note (et donc sur une même fréquence) parfaitement chantée, et secundo, la voix humaine n'est pas produite par une seule fréquence mais par une combinaison de plusieurs. Pour pouvoir alors briser le verre, il faudrait chanter vraiment très très fort, ce qui n'est pas gagné (mais possible, voir le lien en bas de l'article).
Cependant, si vous arrivez à produire exactement la fréquence propre d'un objet, vous pouvez obtenir des résultats dévastateurs : au XIXe siècle, des soldats marchant au pas sur un pont suspendu d'Angers provoquèrent l'effondrement du pont par résonance, entraînant la mort de plusieurs centaines de militaires.
Le son, inoffensif ?
Le genre des noms communs donne beaucoup de fil à retordre aux étrangers désireux d'apprendre la langue française. Après tout, pourquoi dit-on une chaise, un tabouret, et non un chaise et une tabouret ? Pour les francophones, le genre des noms peut apparaître comme une évidence… quoique !
Certains mots changent de sens selon leur genre (masculin ou féminin). On pense par exemple à un page et une page ou encore un voile et une voile. Il s'agit donc de deux mots homonymes(9) (et plus exactement à la fois homophones(10) et homographes(11)) de sens différents.
D'autres ont changé de genre à l'usage. C'est le cas par exemple d'après-midi dont beaucoup hésitent encore sur le genre – et pour cause. À l'origine après-midi était exclusivement masculin, puis il s'est féminisé à l'usage. Si vous ouvrez un dictionnaire moderne, vous le verrez donc décrit comme « nom masculin, féminin à l'usage ».
Augmentons à présent la difficulté. Pourriez-vous me donner le genre du mot amour ? Facile me dit-on au premier rang : c'est masculin, on dit « tu es un amour ». Non renchérit-on juste derrière : c'est féminin, d'ailleurs ne dit-on pas « mes premières amours » ?
Les deux réponses sont à la fois vraies et fausses. Amour est un mot qu'on pourrait qualifier d'« hermaphrodite »(12). Au singulier il est masculin, et il se féminise au pluriel (cette règle est valable uniquement lorsque amour signifie relation amoureuse ; vous pouvez aussi rencontrer ce mot au féminin singulier dans un langage très soutenu).
Mais amour n'est pas le seul « hermaphrodite ». Quelqu'un en connaît-il un autre ? Eh bien le nom délice a aussi cette particularité. Facile, il suffisait de lire le titre de l'omnilogisme… Cette fois la règle est simple, claire et sans ambigüité : délice est masculin au singulier et féminin au pluriel et ce quelque soit son sens ou le niveau de langue utilisé.
Pour finir en musique, voici le troisième et dernier bisexué : orgue. L'écrivain français Georges Courteline expliquait que pour ne pas parler français comme un cochon
il fallait dire « cet orgue est le plus beau des plus belles ».
Orgue est donc masculin au singulier et féminin au pluriel mais cette règle à aussi ses conditions : le pluriel doit désigner un unique instrument (on parlera par exemple « des grandes orgues d'une cathédrale »). À l'inverse le mot restera masculin dans le cas de plusieurs instruments et on dira ainsi que « l'atelier est rempli d'orgues anciens ».
À ceux qui oseront dire que la grammaire française est tordue, je répondrai que ce sont ces subtilités qui lui confèrent sa beauté. Et puis avouez que cette petite particularité d'amour, délice et orgue vous permettra d'impressionner très facilement votre entourage !
Souvenez-vous de vos jeunes années passées sur les bancs scolaires, à retenir des noms d'empereurs ou à subir les affres des matières littéraires. Vous parvenez à vous revoir, le stylo-plume à la main – car oui, en ces temps reculés, vous étiez obligé d'en avoir un – vous demandant comment on accorde ces satanés participes passés féminins ou comment orthographier certaines expressions, etc. Bref, le français et ses fameuses dictées, c'était la galère et vous êtes heureux d'en être sorti.
Imaginez maintenant que vous soyez l'impératrice Eugénie, épouse de Napoléon III, et que vous ayez envie de vous distraire. Évidemment, dois-je le rappeler, les moyens sont relativement réduits ! Elle fait donc appel à Prosper Mérimée, un écrivain et historien français. Et là, plutôt que de lui demander un récit sur une civilisation lointaine – ou, pour faire simple : un roman –, elle souhaite… une dictée. Oui, mesdames et messieurs, l'un des pires moyens de torture(13) de l'éducation des collégiens était un divertissement deux siècles auparavant !
Prosper arrive donc, fier comme un coq d'être sollicité par l'impératrice en personne, et laisse un des textes de référence pour les enseignants sadiques que nous avons pu connaître au cours de notre scolarité. Rien que pour la beauté du regard, je vous laisse savourer l'œuvre de l'écrivain :
Pour parler sans ambiguïté, ce dîner à Sainte-Adresse, près du Havre, malgré les effluves embaumés de la mer, malgré les vins de très bons crus, les cuisseaux de veau et les cuissots de chevreuil prodigués par l'amphitryon, fut un vrai guêpier.
Quelles que soient et quelqu'exiguës qu'aient pu paraître, à côté de la somme due, les arrhes qu'étaient censés avoir données la douairière et le marguillier, il était infâme d'en vouloir pour cela à ces fusiliers jumeaux et mal bâtis et de leur infliger une raclée alors qu'ils ne songeaient qu'à prendre des rafraîchissements avec leurs coreligionnaires.
Quoi qu'il en soit, c'est bien à tort que la douairière, par un contresens exorbitant, s'est laissé entraîner à prendre un râteau et qu'elle s'est crue obligée de frapper l'exigeant marguillier sur son omoplate vieillie. Deux alvéoles furent brisés, une dysenterie se déclara, suivie d'une phtisie, et l'imbécillité du malheureux s'accrut.
— Par saint Martin, quelle hémorragie, s'écria ce bélître !
À cet événement, saisissant son goupillon, ridicule excédent de bagage, il la poursuivit dans l'église tout entière.
Plutôt jolie, n'est-ce pas ? L'empereur fit soixante-quinze fautes, sa femme remontant légèrement le niveau en n'en faisant « que » soixante-deux ; Alexandre Dumas père se prit au jeu et dépassa de peu les vingt fautes. Seul Metternich, l'ambassadeur d'Autriche, eut un score tout à fait honorable : trois fautes !
M. Dumas lui aurait alors demandé quand il comptait se présenter à l'Académie français pour [leur] apprendre l'orthographe
, légèrement dépité devant la supériorité orthographique de Metternich.
Si vous voulez étonner vos amis, vous pouvez tenter de l'apprendre par cœur et de la réciter devant leurs yeux éblouis, ou, plus simplement mentionner le fait qu'il existe deux versions de cette fameuse dictée : vos invités seront soufflés devant tant de savoir – vous êtes un lecteur d'Omnilogie je vous rappelle, vous pouvez les étonner – et ne chercherons pas plus loin, vous évitant ainsi quelques débats houleux sur « ai-je bien accordé ? » !
Souvent, même si l'on est accoutumé au verbe, il nous arrive de douter de la graphie d'un mot. La langue française est en effet inondée de glauques subtilités qui font tout autant son charme que sa complexité.
La confusion entre conte et comte est par contre très facile à éliminer :
Un moyen mnémotechnique simple est de se rappeler que le m de comte est aussi la première lettre de marquis, et que le n de conte constitue la première lettre de nouvelle.
Finalement, dirait-on « le comte de Dracula » ou « le conte de Dracula » ?
Point n'est besoin d'attendre le traditionnel défilé du 14 juillet pour apercevoir parfois la parure ornant l'épaule gauche d'un militaire, d'un policier ou d'un pompier, ce cordon tressé de couleur variable.
Mais quid de cet effet, que l'on est tenté d'appeler fourragère ?

Avant même de s'apercevoir que tout ce qui pend à l'épaule n'est pas fourragère, sachons déjà que ce mot est issu d'une référence toute agricole. Les troupes autrichiennes, puis napoléoniennes par la suite, se devaient de transporter régulièrement du fourrage pour nourrir les chevaux. Pour faciliter ce transport, les hommes s'étaient dotés d'une corde de chanvre tressée qu'ils laissaient accrochée à leur épaule.
La vigueur au combat de ces soldats fera que cet attribut restera attaché à leur image. D'utilitaire, la fourragère deviendra au fil du temps honorifique. Elle n'est d'ailleurs portée que sur les tenues d'honneur, aux grandes occasion(14). Elle est tressée de trois brins, terminée en son extrémité par un nœud et un ferret.
La couleur de la fourragère est aussi liée à la décoration reçue par le régiment : citons en vrac, et toujours en simplifiant, le rouge pour la légion d'honneur, le vert/jaune pour la médaille militaire, vert/noir pour la croix de la libération, vert/rouge pour la croix de guerre et autres variantes colorées…
Il est à noter qu'il existe une subtile variante de la fourragère : il s'agit de la cordelière, portée par les personnels de la police nationale à Paris en tenue d'honneur(15). De couleur rouge, elle se réfère à la Légion d'honneur qui décore depuis août 1944 le drapeau des gardiens de la paix parisiens.

Dernière version enfin, les aiguillettes. Leur origine est différente, puisqu'elles rappellent les lacets utilisés pour lier les pièces d'armure. Cet ornement, porteur de deux ferrets en ses extrémités, est notamment porté par les personnels de la police nationale en tenue d'honneur. Elles peuvent elles aussi avoir plusieurs couleurs.

Le 21 juin 1943, le war Department (« ministère de la guerre ») américain publie un petit manuel de 61 pages bureaucratiquement nommé « TM 32-302 French Language Guide ». Son contenu ? Les rudiments du français parlé.
Un an plus tard – sur les plages normandes – le bien connu débarquement a lieu, et des milliers de G.I. débarquent munis de leur casque, de leur fusil, de leur ration de corned-beef… et d'un petit manuel bleu de communication pour pouvoir demander le chemin aux autochtones (les Français, si vous n'aviez pas suivi).
Comme on va le voir, le but n'était pas de maîtriser toutes les subtilités de notre belle langue, mais de pouvoir survivre quelques jours sur cette terra incognita…
Petit quizz : auriez-vous compris le soldat qui vient toquer à votre porte et balbutie les onomatopées suivantes (petit jeu : un intrus s'est glissé, saurez-vous le retrouver ? ) :
| Question | Réponse |
|---|---|
| (passez votre souris sur une question pour afficher la réponse) | |
| Bawn-joor | Bonjour |
| Kaw-mahn-t/ah lay voo ? | Comment allez-vous ? |
| Oo sawng lay sawl-da-z/ah-may-ree-kang | Où sont les soldats américains ? |
| Juh nuh kawm-prahng-pa. | Je ne comprends pas |
| Par-lay lahnt-mahng, seel voo play | Parlez lentement s'il vous plaît |
| Kess kih say kuh sa ? | Qu'est ce que c'est que ça ? |
| Suh nay pa bawng | Ce n'est pas bon |
| Oo ay luh la-va-bo ? | Où est le lavabo ? |
| Kawn-dwee-zay-mwa shay-z/unung dawktur. | Conduisez-moi chez un docteur. |
| Ouéch kikoo lol lol | Bonjour comment vas-tu ? |
| Voo suh-ray ray-kawn-pahn-say. | Vous serez récompensés |
| Kawm-pruh-nay voo ? | Comprenez-vous ? |
Dans la préface de ce French Language Guide se dissimule un renseignement historique important :
Published for military personnel only [...]
By order of the Secretary of War : G. C. Marshall, Chief of Staff(16).
Pourquoi restreindre le contenu d'un tel livre aux forces armées américaines ? Parce qu'à la parution du manuel, l'Allemagne ignore encore les projets de débarquement américain : si les nazis avaient découvert que l'Amérique enseignait le français à ses troupes, peut-être auraient-ils compris…
Quelle est la définition d'une espèce ?
Eh bien, deux individus appartenant à une même espèce peuvent se reproduire
.
C'est juste ; mais cette définition est incomplète. En fait, la définition d'une espèce la plus couramment admise aujourd'hui est celle d'une population dont les individus peuvent se reproduire entre eux, et engendrer une descendance vivable et féconde
.
Y a-t-il vraiment loin de l'un à l'autre, vous direz-vous ? Eh bien, force est de le reconnaître, car il existe une multitude de cas d'espèces pouvant se reproduire entre elles.
Le mulet (et sa femelle la mule), petit d'un âne et d'une jument, en est l'exemple le plus populaire. Plus grand qu'un âne, plus petit qu'un cheval mais robuste comme lui, il a longtemps servi comme animal de trait et de bat. Le bardot est quant à lui le marmot d'un cheval et d'une ânesse.

Ces joyeux animaux sont ce que l'on appelle des hybrides : le croisement d'espèces différentes. Même si les accouplements menant à la création d'un hybride sont souvent provoqués artificiellement (ce qui crée de nombreux débats ! ), ils peuvent aussi se produire dans la nature.
La possibilité de ces reproductions s'explique par le génome très similaire des espèces du père et de la mère, et par leur étroite parenté à l'échelle de l'évolution.
Les hybrides les plus répandus sont, outre le mulet et le bardot, le zorse ou zébrule (zèbre + cheval), le tigron (tigre + lion) et le chabin ou mouchèvre (bélier + chèvre)(17).
Mais il existe une multitude d'autres croisements inter-espèces, plus ou moins bizarroïdes :
L'hybridation végétale est aussi tout à fait possible, et est fréquemment utilisée pour renforcer certaines espèces.
On l'aura vu, la barrière entre les espèces est difficile à définir… D'autant plus que les espèces hybrides ne sont pas toujours stériles, et peuvent même se reproduire avec des individus de leur espèce génitrice !
La génétique, un vrai casse-tête !