Prochain omnilogisme : 17/03/2010 à 0:00
Arborescence entourante, tenant compte des renvois et des liens :
Peut-être, grâce au titre de cet article, venez-vous de reconnaître l'une des chansons phare du groupe irlandais U2(1), traitant de l'un des évènements les plus marquants du XXe siècle en Irlande : le Bloody sunday. En vérité, en près d'un siècle de cohabitation entre les Anglais et les Irlandais, il n'y a pas eu qu'un seul évènement tragique : il va donc falloir présenter les deux Bloody Sunday !
Commençons donc par le premier, qui eut lieu le 21 novembre 1920.
L'Irlande, ancienne possession anglaise, décide de se déclarer indépendante en 1919. Mais la manière dont le Dáil Éireann (le Parlement irlandais) valide la décision ne pousse pas les Anglais à les prendre au sérieux : des mouvements de colère commencent à apparaître dans le pays et la guerre débute réellement avec l'assassinat de deux policiers britanniques par l'IRA(2). C'est le début d'une partie de cache-cache géante entre les deux camps, l'IRA étant soutenue par la population – par exemple, des conducteurs de train ne voulant pas embarquer des soldats anglais, ou des habitants qui refusent de payer un impôt britannique.
Perdant la face, les Anglais commencent à piller des villages, arrêtent des gens au hasard et en tuent certains pour « faire peur ». Finalement, une force paramilitaire sera créée : les Black and Tans(3), qui s'« amusent » encore plus que l'armée britannique. Les Auxiliaires, composés d'officiers spécialisés dans les guérillas, voient également le jour. Évidemment, les deux corps n'ont aucun ordre du gouvernement de brûler et piller tout ce qu'ils trouvent, mais bon, c'est pensé tellement fort qu'ils le comprennent ainsi(4). Mais on ne s'arrête pas là ! La guerre est définitivement ouverte lorsque le gouvernement britannique crée le Gang du Caire : dix-huit agents surentraînés flairant le nationaliste irlandais à des kilomètres à la ronde, épaulés par les Auxies (diminutif d'Auxiliaires).
Finalement, on en arrive – « enfin ! » me semble soupirer le jeune homme dans le coin – au 21 novembre 1920. Ce jour là, des hommes de l'IRA tuent quinze membres du Gang du Caire ; en représailles, les Auxies décident d'aller se « détendre sur les Irlandais ». Il y a un match important de football gaélique à Croke Park : partant du principe qu'aucun Anglais sensé n'assiste à « cela », ils en déduisent par élimination que le stade sera rempli d'Irlandais. Ils tirent donc dans la foule, tuant quatorze personnes et en blessant soixante-cinq. Le 21 étant un dimanche, ce jour deviendra tristement célèbre sous le nom de Bloody Sunday (dimanche sanglant), premier du nom.
Vous suivez encore ? Non, vous devant, ne bâillez pas ! Maintenant que vous semblez un peu plus réveillés, parlons du second Bloody Sunday.
Nous voilà en 1972, toujours en Irlande. Cette fois, ce n'est plus tout à fait un problème Anglais vs. Irlandais, mais… Irlandais vs. Irlandais puisque l'opposition se fait entre les nationalistes irlandais (majoritairement catholiques), et les unionistes (plutôt protestants, qui prônaient un regroupement de tous les pays au sein du Royaume-Uni). Ces derniers « auraient bénéficié » du soutien de l'armée britannique (vu les tirs lors du second Bloody Sunday, le conditionnel est de trop ! ).
La NICRA, regroupant divers mouvements réclamant l'égalité pour tous les citoyens nord-irlandais, ainsi que la fin des discriminations des protestants envers les catholiques(5), est fondée en 1967. Énorme avantage, elle accueille n'importe qui : on passe des communistes aux républicains en faisait un détour par les nationalistes, le tout mélangeant allégrement les religions. Dangerosité de la NICRA ? Ses actions faisaient passer Gandhi pour un dangereux terroriste ! En effet, elle prône la non violence et n'utilise que les marches, les manifestations et le sit-in.
Revenons en à nos moutons, je sens que certains décrochent pour de bon… Le 30 janvier 1972, la NICRA décide de manifester pacifiquement à Londonderry (aussi appelé Derry) contre l'internement administratif(6), autorisé en 1971 par le Parlement. La manifestation dégénère et des parachutistes de l'armée britannique ouvrent le feu. Il existe actuellement deux versions de cette fusillade :
Toujours est-il que vingt-huit manifestants sont atteints par les balles anglaises et quatorze décèderont des suites de leurs blessures. Ce second Bloody Sunday conduit à une recrudescence des sympathisants de l'IRA, relançant de manière importante la guerre civile en Irlande qui ne s'achèvera qu'en 1998 avec la signature de l'« accord de Belfast », prévoyant, entre autres, le désarmement des branches armées des partis politiques…

Le 21 juin 1943, le war Department (« ministère de la guerre ») américain publie un petit manuel de 61 pages bureaucratiquement nommé « TM 32-302 French Language Guide ». Son contenu ? Les rudiments du français parlé.
Un an plus tard – sur les plages normandes – le bien connu débarquement a lieu, et des milliers de G.I. débarquent munis de leur casque, de leur fusil, de leur ration de corned-beef… et d'un petit manuel bleu de communication pour pouvoir demander le chemin aux autochtones (les Français, si vous n'aviez pas suivi).
Comme on va le voir, le but n'était pas de maîtriser toutes les subtilités de notre belle langue, mais de pouvoir survivre quelques jours sur cette terra incognita…
Petit quizz : auriez-vous compris le soldat qui vient toquer à votre porte et balbutie les onomatopées suivantes (petit jeu : un intrus s'est glissé, saurez-vous le retrouver ? ) :
| Question | Réponse |
|---|---|
| (passez votre souris sur une question pour afficher la réponse) | |
| Bawn-joor | Bonjour |
| Kaw-mahn-t/ah lay voo ? | Comment allez-vous ? |
| Oo sawng lay sawl-da-z/ah-may-ree-kang | Où sont les soldats américains ? |
| Juh nuh kawm-prahng-pa. | Je ne comprends pas |
| Par-lay lahnt-mahng, seel voo play | Parlez lentement s'il vous plaît |
| Kess kih say kuh sa ? | Qu'est ce que c'est que ça ? |
| Suh nay pa bawng | Ce n'est pas bon |
| Oo ay luh la-va-bo ? | Où est le lavabo ? |
| Kawn-dwee-zay-mwa shay-z/unung dawktur. | Conduisez-moi chez un docteur. |
| Ouéch kikoo lol lol | Bonjour comment vas-tu ? |
| Voo suh-ray ray-kawn-pahn-say. | Vous serez récompensés |
| Kawm-pruh-nay voo ? | Comprenez-vous ? |
Dans la préface de ce French Language Guide se dissimule un renseignement historique important :
Published for military personnel only [...]
By order of the Secretary of War : G. C. Marshall, Chief of Staff(7).
Pourquoi restreindre le contenu d'un tel livre aux forces armées américaines ? Parce qu'à la parution du manuel, l'Allemagne ignore encore les projets de débarquement américain : si les nazis avaient découvert que l'Amérique enseignait le français à ses troupes, peut-être auraient-ils compris…
La bataille d'Alésia est restée dans les mémoires : elle oppose, en 52 avant notre ère, deux illustres chefs de guerre : Jules César, le Romain et Vercingétorix, le Gaulois.
La bataille d'Alésia met fin à la dernière révolte de la Gaule contre les Romains. Vercingétorix est réfugié avec ses troupes sur une position fortifiée, l'oppidum(8) d'Alésia. Dans la Guerre des Gaules, Alésia est décrite par César comme étant imprenable… Pourtant, César et ses légionnaires réalisent un encerclement méthodique de la ville que rien ni personne ne peut briser. Les assiégés finissent par capituler. La Guerre des Gaules est finie : la guerre des archéologues n'a pas encore commencé.
Mais où se trouve Alésia ? On ne sait pas…
Une tradition situe Alésia en Bourgogne, sur un petit relief appartenant à la commune de Alise-Sainte-Reine… Le nom d'Alise ne semble-t-il pas directement dérivé d'Alésia ? Mais tout change en 1855, lorsqu'une société savante, la Société d'émulation du Doubs, propose de localiser Alésia à Alaise, dans le Doubs, et recueille le soutien de plusieurs savants, spécialistes de géographie historique. Des savants bourguignons protestent alors vivement en faveur d'Alise. La querelle devient vite nationale et prises de partie de savants par brochures ou voie de presse se multiplient. Napoléon III lui même s'y intéresse : pour ramener le calme, il crée une Commission de la topographie de la Gaule, chargée de coordonner un programme de fouilles et de dresser une carte exacte de la France.
Ce qui est certain, c'est qu'en chacun de ces lieux, les fouilles ont révélé de quoi alimenter la polémique ! À Alise-Sainte-Reine, cependant, existent, repérées par avion, des traces de fortifications et de remparts bien précises. Alors peut-être est-ce Alésia, peut-être pas…
A horribile Haccapælitorum agmine libera nos, Domine.
Soit « Seigneur, délivre-nous de cette horrible armée d'Hakkapélites. » Bien étrange prière catholique, me diriez-vous ? Pas tout à fait, lorsqu'on connaît ceux qui inspirèrent cette prière, les hakkapélites.
Les hakkapélites, donc, furent des cavaliers finlandais du roi de Suède. Employant une tactique tout à fait inhabituelle (ils tiraient une fois à longue distance et une seconde fois à courte distance), ce furent les seuls soldats capables de disloquer les tercios espagnols, réputés invincibles.
Leur cri de guerre, qui donna leur nom et inspira tant de terreur, fut « Hakkaa päälle ! », qui signifiait en finlandais « Tape sur la tête ! ».
Finalement, les hakkapélites disparurent à la fin du XVIIe siècle et la tactique qu'ils employèrent fut réutilisée ensuite par toutes les cavaleries européennes qui suivirent.
Cela fait 20 ans aujourd'hui que le mur de Berlin est tombé. Et pour fêter ce moment symbolique dans l'histoire de l'Europe, omnilogie.fr a le plaisir de vous offrir un article sur ce sujet.
L'histoire du mur commence dès 1946. À cette époque, ce sont les soviétiques qui occupent Berlin et ils entreprennent de construire un mur afin de couper les communications terrestres entre Berlin ouest (occupé par les États Unis d'Amérique, la France et l'Angleterre) et l'Allemagne occidentale. Ce mur sera ensuite renommé par Churchill « le rideau de fer ».

L'existence de Berlin-Ouest est insupportable pour les Soviétiques car les Allemands de l'Est y votent chaque jour « avec leurs pieds » en fuyant le régime soviétique. Il devient difficile de contrôler les 5 000 personnes qui traversent chaque jour la ligne de démarcation berlinoise, à pied ou par les réseaux de communications ferroviaires et métropolitains.
Berlin-Ouest est le principal espace de transit des Allemands de l'Est émigrants à l'Ouest. En 1958 déjà, plus de trois millions d'Allemands de l'Est ont fui vers la RFA. Cette hémorragie humaine prive le pays de main-d'œuvre et montre au monde la faible adhésion à la soviétisation de l'Allemagne de l'Est.
Le 27 novembre 1958, l'URSS lance un ultimatum exigeant le départ des troupes occidentales dans les six mois pour faire de Berlin une « ville libre » démilitarisée. Les alliés occidentaux refusent. En 1961, les Soviétiques prennent donc la décision de faire supprimer par la RDA la ligne de démarcation berlinoise en construisant un mur, qui deviendra « le mur de la honte ».
Cette construction commence les 12 et 13 juin 1961 avec la pose de grillages et de barbelés autour de Berlin-Ouest. Puis les Soviétiques choisissent une date idéale pour faire exécuter leur œuvre : le 13 août 1961, soit en plein pont estival pendant lequel nombre de chefs d'États occidentaux sont en vacances.
La RDA présente la construction comme un « mur de protection antifasciste ». La construction du mur se réalise dans un temps record, ce qui signifie qu'il est le fruit d'une préparation longue et minutieuse.
Cependant, ce mur est plus qu'un mur puisqu'il est bordé de mines anti-personnelles, de pièges pour tanks, de barrières d'alarmes, etc. Au mur de 3,5 m de hauteur couvrant 155 km autour de Berlin-Ouest s'ajoutent les « murs » créés par la fermeture des réseaux de communications ferroviaires et métropolitains entre Berlin-Ouest et Berlin-Est.

Sur les 81 points de passage existant avant août 1961, 69 sont fermés dès le 13 août, par des barbelés et des murs de briques. Pour les visiteurs étrangers est assigné un point de passage unique situé dans Friedrich Strasse (Chekpoint Charlie), ouvert jour et nuit.
Les échanges économiques cessent entre les deux Berlins : 63 000 Berlinois de l'Est perdent leur emploi à l'Ouest, et 10 000 de l'Ouest perdent leur emploi à Berlin-Est.
Bien des années plus tard, en 1989, le gouvernement de la RDA ne parvient plus à enrayer l'émigration car celle-ci utilise un nouvel espace de transit, la Tchécoslovaquie, qui finit – sous la contrainte des milliers de voitures fuyant l'Est – par ouvrir ses frontières avec l'Autriche. Ainsi le 9 novembre 1989, Günter Schabowski, membre du bureau politique, annonce la décision du gouvernement de RDA d'autoriser les voyages privés à destination de l'étranger [… ] sans aucune condition particulière
.
À peine quelques heures plus tard, les douaniers de Berlin ne parviennent plus à faire face à la demande et ne peuvent faire autrement que de laisser simplement passer. Le mur est vaincu.
Puis, fin 1989 et en 1990, le mur est démantelé à raison de 100 mètres en moyenne par nuit, avant l'organisation d'une démolition officielle qui se termine fin 1991. Six pans de mur seront conservés pour mémoire.

Toutefois, le mur demeure une cicatrice économique et humaine. Avant la guerre, Berlin était le plus gros et le plus innovant pôle économique et surtout industriel d'Allemagne. Puis Berlin-Ouest, en raison de son statut d'exception, s'est retrouvé écarté de tous les secteurs d'entreprise innovants. À Berlin-Est, le système économique socialiste entraîne une déficience dans l'organisation et dans la rentabilité de l'économie.
Depuis 1990, Berlin, redevenu capitale allemande au détriment de Bonn, bénéficie de l'apport croissant d'administrations politiques nationales, de l'implantation d'institutions diverses, de l'installation de marques connues et surtout d'un essor touristique important. Berlin a retrouvé ses « Champs Élysées », avec l'avenue {Unter den linden} (sous les tilleuls), artère Ouest-Est allant de la porte de Brandebourg jusqu'à la place du château (détruite et en voie de reconstruction).

Si l'on devait retenir un seul épisode de la longue vie de Gandhi, ce serait sans hésiter la « marche du sel », durant laquelle il a utilisé tout un arsenal de techniques non violentes.
L'histoire commence en 1930 : le Mahatma cherche un moyen de secouer l'empire Britannique pour qu'il accepte de discuter leur indépendance. Les Britanniques s'attendent à des manifestations, des pétitions, des grèves ; bref la procédure « standard ». Mais Gandhi demande juste de supprimer l'impôt sur le sel, aussi injuste qu'impopulaire selon lui.
Pour appuyer sa revendication il fait une étrange déclaration : Je vais marcher 400 km jusqu'à la mer, et une fois là bas, je ramasserai une poignée de sel naturel
.
Il alerte les médias du monde entier de son intention. En prévenant tout le monde, il ne peut être accusé de dissimulation ni de complot et s'allie l'opinion publique.
Le 12 mars 1930 il prend la route, et 24 jours plus tard, Gandhi arrive au bord de la mer accompagné de milliers de personnes. Là, il se baisse et prend une poignée de sel qu'il met dans sa besace. Il se place alors dans l'illégalité puisqu'il n'a pas payé l'impôt. Ainsi il démontre par un simple geste l'absurdité et l'injustice d'une loi : pourquoi payer si cher pour si peu ?
En refusant l'affrontement il met les Britanniques au pied du mur : s'ils le répriment, il passeront pour les “méchants”, s'ils se mettent à négocier, les indiens seront victorieux car ils auront réussi à faire plier le colonisateur…
Ces actions non violentes et bien d'autres aboutiront à l'indépendance de l'inde 17 ans plus tard, en 1947.

Qui n'a pas entendu parler du film 300 ? Pas grand monde j'imagine… mais qui connaît la réalité historique qui se cache derrière ce péplum parfois surréaliste ?
Mettons-nous d'abord dans le contexte du Ve siècle avant J.-C. La Grèce qui domine alors la Méditerranée se voit menacée par les Perses, grande puissance asiatique de l'époque. Voilà la cause de ce que l'on nommera par la suite guerres médiques qui opposeront ces deux grandes puissances. Ces guerres seront au nombre de trois, et c'est lors de la seconde que se déroula la fameuse bataille des Thermopyles.
La Perse, sous la gouverne du roi Xerxès Ier a pour projet d'envahir la péninsule grecque à l'aide d'une armée de plusieurs milliers d'hommes. Il se trouve que sur son trajet se trouve un défilé coincé entre une falaise et la côte : le défilé des Thermopyles, porte d'entrée au Sud de la Grèce. Le lieu parait idéal pour bloquer l'armée perse, mais un problème se présente : la majorité des cités menacées refuse d'envoyer des troupes protéger ce défilé en vertu d'une loi religieuse extrêmement ancienne. Au final, seuls quelques 7 000 soldats dont 300 de la ville de Sparte (les autres provenant en majorité de petites cités alentours) seront dépêchés sur les lieux, sous la gouverne d'un des deux rois spartiates, le fameux Léonidas. Quatre jours durant, ces quelques milliers d'hommes résisteront héroïquement aux assauts répétés de l'armée perse qui envoie ses meilleurs forces s'écraser sur la puissance militaire de Sparte.
Mais il arrive un moment où la ruse permet de faire des choses que les armes seules ne permettent pas. Une partie des troupes perses suit les conseils d'un traître grec(9) pour prendre à revers les quelques milliers d'hommes grecs et ainsi conclure cette bataille des Thermopyles par une victoire perse.
Voilà donc sur quoi a été basé le film 300 qui a préféré une approche plus fantastique qu'historique.
Toutefois, la victoire perse sera de courte durée car son armée subira ensuite des défaites répétéees qui entraîneront la fin des guerres médiques à l'avantage des grecs.

Bien que les systèmes de chiffrement existent depuis très longtemps, c'est véritablement à la fin de la seconde guerre mondiale qu'on prit conscience de l'importance de crypter les messages – ceci induit un avantage tactique certain dans de tels conflits. C'est dans ce contexte qu'en 1919, un ingénieur hollandais, Hugo Alexander, inventa une machine à chiffrer électromagnétique. Son idée fut reprise par un allemand, le Dr Arthur Scherbius, qui créa à Berlin une société destinée à la vente de machines à crypter : ainsi naquit Enigma.
Cette société ne rencontra pas le succès attendu, mais en revanche, Enigma attira l'attention des militaires.
Enigma servit à crypter les messages allemands tout au long de la seconde guerre mondiale. Ce que les nazis n'avaient pas prévu, c'est que les alliés étaient très au fait de ces messages codés, et ceux-ci, toutes proportions gardées, réussirent à en décrypter un grand nombre.
Durant cette guerre, plus de 18 000 messages par jours furent décryptés et permirent aux forces de l'alliance de connaître les intentions de l'Allemagne. Le dernier message chiffré fut envoyé par l'Amiral Dœnitz et disait ceci : Le Führer est mort. Le combat continue
. Les Allemands ne se doutèrent jamais que leur précieuse Enigma avait pu être décryptée…
Le codage(10) effectué par la machine Enigma est relativement simple mais très astucieux : chaque lettre est remplacée par une autre, mais la substitution change à chaque frappe. Au final, quand on appuie sur une touche du clavier, un circuit électrique est fermé et la lettre qui se substitue à l'originale est affichée sur un panneau lumineux(11).
Le circuit électrique était composé de plusieurs éléments en série :
Des rotors : au nombre de trois ou de quatre selon les versions d'Enigma, lui aussi permet une permutation aléatoire des lettres (mais cette permutation reste la même pour toutes les machines Enigma).
À chaque lettre en entrée correspond une lettre en sortie.
C'est là qu'est toute la subtilité d'Enigma : les rotors étant cylindriques, ils peuvent tourner autour de leur axe. Ainsi lorsqu'on tape une lettre, le premier rotor tourne d'un cran, et la permutation qu'il engendre est changée. Sur le schéma suivant, on peut observer que la permutation (ou liaison électrique) « D en B » se retrouve translatée en « C en A ».

Lorsque le premier rotor a fait un tour complet (26 crans donc), c'est le second rotor qui tourne d'un cran, etc. Lorsque le second rotor cette fois a retrouvé sa position initiale, c'est au troisième rotor de tourner d'un cran.
Il est important de remarquer que les permutations employées dans les rotors ne constituent pas en soi le secret. En effet, toutes les machines Enigma étant construites de la même manière, il suffirait alors d'en récupérer une pour pouvoir craquer tous les messages. Non, le cryptage réside dans les positions des différents cylindres (263=17 576 positions différentes).
En tenant compte des fiches du tableau de connexion, de l'ordre des rotors ainsi que de la position de ces derniers, il y a 1016 possibilités, ce qui pour l'époque est colossal(12).

Trouver un homme plus original que Gandhi ? Impossible !
Cet Indien chauve au corps sec et aux lunettes rondes était toujours vêtu d'un simple pagne et dissimulait sous sa fine moustache un éternel sourire.
Pas vraiment la figure du héros, et pourtant, les Indiens le surnomment encore aujourd'hui « père de la nation » ou « grande âme » (mahatma en hindi).
À quoi doit-il ce respect ? Il a réussi un tour-de-force-sans-force : en 1947, sans un seul coup de feu et une seule goutte de sang, il a poussé les Britanniques hors de l'Inde, alors que ces derniers dirigeaient le pays depuis 1854.
Pourquoi ne se servait-il pas de la violence ? Ce n'était pas de la peur ou de la lâcheté, au contraire. Il ne voulait simplement pas se servir d'arme car selon lui la fin est dans les moyens, comme l'arbre est dans la semence
. C'est-à-dire que si les Indiens voulaient se servir d'armes pour gagner, le pouvoir serait à jamais marqué par la violence. De plus il n'était pas fou et savait que les Britanniques avaient une armée très bien équipée avec laquelle les Indiens n'auraient jamais pu rivaliser.
Deux évidences qui l'ont obligé à réfléchir à d'autres façons d'être fort.

Rêvant de conquérir l'Italie, Pyrrhus, roi d'Épire, déclare en 280 av. J.-C. la guerre à Rome. Avec 25 000 hommes et des éléphants qui effraient grandement leurs adversaires, les Grecs menés par Pyrrhus commencent par remporter de nombreuses victoires. Mais si les Romains perdent effectivement plus d'hommes que les Grecs, ils peuvent plus facilement les remplacer.
En 279 av. J.-C. a lieu une nouvelle bataille à Ausculum. Pyrrhus y remporte à nouveau la victoire, mais au prix d'énormes pertes au sein de son armée, ce qui le contraint à se retirer un temps en Sicile. Après cette bataille, il aurait prononcé la phrase suivante : Encore une victoire comme celle-là et nous sommes perdus !
d'où l'expression une victoire à la Pyrrhus qui désigne une victoire au coût dévastateur pour le vainqueur.
Pyrrhus tente à nouveau quelques années plus tard de conquérir l'Italie, mais il est définitivement vaincu en 274 av. J.-C.
De nombreuses batailles historiques ont depuis été qualifiées de victoires à la Pyrrhus : citons entre autre la bataille d'Eyleau (victoire napoléonienne), le siège de Fort Alamo, la guerre des Boers ou encore la bataille de la Marne (première guerre mondiale).