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Crésus et la Pythie ou l'interprétation d'une prophétie
Par Domitille | Le 03/03/2010 à 00:00:00

Les prophéties divines sont connues pour leur caractère obscur et Crésus en fit lui aussi les frais.

Crésus

Crésus était roi de Lydie (en Asie Mineure) au VIe siècle avant J. -C, connu pour sa puissance mais aussi pour ses richesses(1).

Grand conquérant, il alla un jour à Delphes consulter la Pythie, oracle d'Apollon, pour savoir s'il serait vainqueur d'une guerre qui l'opposerait aux Perses. L'oracle répondit : « Si Crésus traverse l'Halys(2), il détruira un grand empire ». Confiant, Crésus partit donc en guerre pensant réduire en cendres le royaume Perse. Mais contrairement à toute attente, l'armée lydienne fut vaincue et Crésus fait prisonnier.

Convaincu qu'Apollon s'était trompé, Crésus envoya un messager pour protester contre la Pythie. À son retour, le messager annonça à son souverain ce qu'on lui avait dit à Delphes : la Pythie ne s'était pas trompée et la prophétie s'était bien réalisée : Crésus avait mal interprété les paroles de l'oracle. Oui, un grand empire avait été détruit… Ce n'était pas la chute de l'empire perse, mais bien celle de son propre empire que Crésus avait entraînée !

Conclusion ? Les dieux ne mentent jamais, seule l'interprétation des prophéties est mauvaise…


  1. (1) C'est d'ailleurs de là que vient l'expression riche comme Crésus.
  2. (2) Le fleuve Halys séparait les deux empires.
Sauriez-vous mener la vie de château ?
Par LieutenantX | Le 24/01/2010 à 00:00:00

Ah, la noblesse… vivre dans l'oisiveté (et dans un château) toute sa vie, profiter de grands crus dans son parc, ne jamais effectuer de travaux manuels… voilà qui vous fait envie non ? Mais auriez-vous vraiment la capacité de mener cette vie ? C'est ce que nous allons voir… Le texte ci-dessous contient onze erreurs, à vous de les trouver !

Le marquis X… , de la noblesse d'Empire, baisa la main de la jeune fille – qui n'avait pas enlevé ses gants de soirée – et lui murmura :
« Mes hommages, mademoiselle. »
Il lui ouvrit la porte du restaurant et entra après elle.
« Garçon, dit-il, trouvez-moi une table près de l'orchestre. »
Au cours du repas, il se montra plein d'attentions pour la jeune fille, lui servant de l'eau sans même qu'elle lui en demandât, lui offrant de reprendre de la salade.
Pendant qu'il réglait l'addition :
« Monsieur, dit la jeune fille au serveur, apportez-moi mon vestiaire je vous prie ».
Après le dîner, le marquis raccompagna la jeune fille chez elle et la quitta en lui disant :
« Merci, mademoiselle, pour cette excellente soirée. Au plaisir ».

Vous avez tout trouvé ? Non ? Voilà de quoi répondre à vos interrogations alors.

  1. Il n'existe pas de marquis d'Empire ;
  2. On ne baise pas la main des jeunes filles ;
  3. On ne baise pas une main gantée ;
  4. On ne baise pas les mains dans la rue ;
  5. On ne présente pas d'hommages à une jeune fille ;
  6. Un homme entre le premier dans un lieu public ;
  7. On ne dit pas « garçon » à un maître d'hôtel ;
  8. On n'offre pas d'eau aux gens ;
  9. On ne propose pas de la salade pour la deuxième fois ;
  10. Une femme ne parle pas directement au serveur si elle est accompagnée ;
  11. On ne dit pas « Au plaisir ».

En bonus – même si ce n'est pas une erreur à proprement parler – on peut ajouter que prendre une place à côté de l'orchestre est une très mauvaise initiative, puisqu'on ne s'y entend pas parler !

Vous n'aviez pas tout trouvé ? Tant pis, il faudra faire une croix sur le succulent de poulet dans son lit de chanterelles accompagné de son vin blanc servi sur terrine jardinière et se contenter d'un Big Mac… c'est pas si mauvais après tout, et le poids des conventions est plus restreint !

Ô Icare, suspends ton vol !
Par Lagile | Le 18/01/2010 à 00:00:00

Que celles et ceux qui n'ont jamais voulu voler de leurs propres ailes – au sens propre j'entends – se fassent connaitre ! Personne ? Rien de surprenant à cela – il faut dire qu'à force de lire Peter Pan, voir des avions décoller tous les jours etc. il y a de quoi vouloir à son tour prendre un peu de hauteur. Mais quelques millénaires plus tôt, bien avant que Sir James Matthew Barrie ne popularise les E.V.N.I, il faut savoir qu'Icare avait déjà ouvert la voie.

Icare(3) était le fils de Dédale, l'architecte du fameux labyrinthe éponyme. Hélas, aider la fille de Minos n'a pas été la meilleure idée de Dédale : en effet, seul lui savait comment sortir de cet endroit et c'est donc grâce à son intervention que Thésée réussit à sortir du labyrinthe une fois le Minotaure achevé. Le roi se mit en colère, car en théorie, personne ne peut s'extraire de ce piège mortel ! Il emprisonna alors notre pauvre Dédale dans sa propre construction, accompagné de son fils – Icare.
Après un moment à tourner en rond, l'architecte dut se rendre à l'évidence : il était très doué pour créer des endroits dont on ne pouvait s'échapper. La preuve, lui-même n'y parvenait pas ! Mais un éclair de génie le frappa : la fuite peut être entravée par la terre et par l'eau, mais l'air et le ciel sont libres. Voilà donc notre ami qui crée deux paires d'ailes, cousant les plumes les plus longues et fixant les plus courtes avec de la cire ; puis harnachant l'ensemble dans le dos… par de la cire. En père prévenant, il demande à son fils de ne pas voler trop haut – le Soleil ferait fondre la cire – ni trop bas – les embruns de la mer tremperaient les plumes.
Père et fils prennent donc leur envol et s'en tirent plutôt bien pour des humains ; mais voilà qu'Icare, comme la plupart des enfants, décide de ne pas écouter son père(4) et se rapproche de plus en plus du Soleil sans se soucier des gouttes de cire qui perlent sous lui. Eh oui, celle-ci est bel et bien en train de fondre ! Ses ailes finissent par rompre, faisant chuter l'adolescent dans la mer.

Que retenir de cette histoire ? Peut-être qu'il faut écouter ses aînés, mais surtout, que le ciel n'est pas réellement adapté à l'homme ; à moins que dans l'avenir, la génétique ne fasse des progrès considérables !


  1. (3) Encore un personnage grec, décidément…
  2. (4) Dommage qu'ici, ça lui ait coûté la vie.
Les constellations du Zodiaque (6) : Le Lion
Par Domitille | Le 03/01/2010 à 00:00:00

La constellation du Lion

La constellation du Lion, cinquième constellation du zodiaque, représente le célèbre lion de Némée. Ce lion ne serait autre que la progéniture de deux monstres, même si les différentes versions de la légende ne permettent pas de conclure sur sa parenté :

  • il serait fils de Typhon (un être mi-homme mi-fauve, ailé et dont les yeux lancent des flammes) et d'Echidna (une créature femme et serpent) ;
  • ou bien fils d'Orthos (un chien bicéphale) et de la Chimère – créature à tête de Lion, corps de chèvre et queue de serpent (elle-même fille de Typhon) ;
  • ou même de Séléné, une fille de Titans.

Quoi qu'il en soit, le Lion, qui aurait été élevé par Héra , terrorisait la région de Némée en Argolide (Grèce). Le premier des 12 travaux d'Héraclès – ou Hercule pour les romains – est d'éliminer la bête. Se rendant à Némée, Héraclès peine à trouver l'animal, la région ayant été complètement désertée. Il finit par le surprendre sur le versant d'une colline alors que celui-ci finit de dévorer sa victime. Il se met à couvert et commence à lui tirer dessus avec ses flèches, cadeaux du dieu Apollon. Mais la peau du Lion est si épaisse que les flèches rebondissent sur l'animal sans le déranger. Brandissant alors son épée, Héraclès se jette sur lui, mais sa lame se brise. Même les coups de massue ne peuvent affaiblir la bête qui semble invulnérable. Se rendant compte que seule la ruse lui permettra de triompher, Héraclès saisit le Lion à bras le corps et l'étrangle. Il écorche ensuite le monstre avec ses propres griffes et revêt sa peau invulnérable comme une armure.

Pour perpétuer les exploits d'Héraclès, Zeus mit le Lion au nombre des constellations.

Les constellations du Zodiaque (5) : Le Cancer
Par Domitille | Le 25/12/2009 à 00:00:00

La constellation du cancer

La constellation du Cancer est la quatrième constellation du Zodiaque ; elle représente un crabe géant.

Pour se venger des infidélités de son époux Zeus, Héra avait élevé un serpent plusieurs têtes, l'Hydre. On raconte même que l'Hydre avait une tête immortelle qui contrôlait toutes les autres et que chacune des têtes était doublement régénérée quand elle était coupée. C'est pour cela que selon les légendes, l'hydre possédait entre cinq et mille têtes. Lorsque le demi-dieu Héraclès (Hercule dans la mythologie romaine) combattit le serpent, Héra, voulant aider la créature qu'elle avait élevée, envoya un crabe qui agrippa vainement le talon d'Héraclès avant de mourir écrasé. Pour récompenser les efforts de l'animal, la déesse le plaça dans le ciel.

Les constellations du Zodiaque (4) : les Gémeaux
Par Domitille | Le 16/12/2009 à 00:00:00

Constellation des Gémeaux

La constellation des Gémeaux représente les deux frères Castor et Pollux. Leur mère, Léda, était l'épouse du roi de Sparte Tyndare, de qui elle eut deux enfants : Castor et Clytemnestre.
L'histoire aurait pu s'arrêter là si Zeus (encore lui) n'avait été séduit par la beauté de cette mortelle. Pour la charmer, il se métamorphosa en un cygne magnifique. Conquise, Léda donna naissance quelques mois plus tard à deux autres enfants, immortels : Pollux et Hélène.
Castor et Pollux devinrent inséparables. Les demi-frères étaient de toutes les aventures et leurs exploits furent innombrables. Mais un jour, lors d'une querelle avec deux autres hommes, Castor fut blessé à mort. Inconsolable, Pollux supplia son père, Zeus, de le laisser mourir ou de redonner vie à son frère. Le dieu accepta alors qu'il partage son immortalité avec Castor. Les deux frères passèrent alternativement six mois sur Terre et six mois aux Enfers.
Transportés plus tard dans le ciel, ils devinrent la constellation des Gémeaux.

Les constellations du Zodiaque (3) : le taureau
Par Domitille | Le 08/12/2009 à 00:00:00

constellation du Taureau

Le Taureau est la seconde constellation du Zodiaque.
Selon la mythologie, le Taureau représenterait Zeus. Celui-ci s'étant épris d'une belle princesse phénicienne nommée Europe, il se métamorphosa en un magnifique taureau blanc afin de pouvoir l'approcher sans l'effrayer, mais aussi pour échapper à la jalousie légendaire de son épouse Héra.

Attirée par l'odeur d'un crocus se trouvant dans la bouche de l'animal, l'imprudente jeune fille s'approcha de lui. Zeus l'emmena alors sur son dos vers une île de Crête (ou au nord du Bosphore selon d'autres versions). De leur liaison naquirent Minos et Rhadamanthe (qui seront plus tard juges des Enfers) ainsi que Sarpédon.
Plus tard, Zeus donnera Europe comme épouse au roi de Crète, Astérion.

Les constellations du Zodiaque (2) : le bélier
Par Domitille | Le 02/12/2009 à 00:00:00

constellation du bélier

Le Bélier est la première constellation par laquelle passe le Soleil lors de l'équinoxe du printemps. Selon la mythologie grecque, il représenterait le bélier à la toison d'or.

Athamas, fils d'Éole (le dieu des vents), était selon les légendes roi de Thèbes ou d'Orchomène en Boétie. S'étant épris d'Ino, la fille du roi Cadmos, il répudia sa première épouse Néphélé avec qui il avait un fils Phrixos et une fille Hellê. Ino, bien décidée à éliminer la première descendance au profit de ses propres enfants, mit au point un plan machiavélique.
Convoquant les femmes, elle leur dit que si elles grillaient les grains avant de les semer, la récolte serait très abondante. Elle leur ordonna de ne révéler ce secret à personne, pas même à leurs maris, sous peine d'être punies par les dieux. Les femmes obéirent, heureuses d'avoir trouvé un moyen de remplir leurs greniers. Mais quand arriva l'heure de la récolte, le blé n'avait pas poussé. La famine envahit le royaume.

Le roi envoya un émissaire consulter l'oracle de Delphes pour l'interroger sur les raisons du mal qui les frappait. Mais la rusée marâtre paya l'émissaire et sur sa demande, celui-ci retourna voir le roi quelques jours plus tard et lui annonça que s'il voulait que les terres redeviennent fertiles, il devait sacrifier Phrixos et Hellê. Le roi refusa. Ino souleva alors le peuple et Athamas se vit contraint d'accepter. Les deux enfants, prêts pour le sacrifice, embrassèrent une dernière fois du regard la terre où ils avaient grandi. Levant les yeux au ciel, Phrixos aperçut une lumière éclatante qui se rapprochait ; l'éclat soustraya les deux enfants à la vue du peuple. Il en sortit un bélier d'or qui s'agenouilla devant eux. La douce voix de leur divine mère s'éleva alors : «  Mes enfants, je suis venue vous sauver. Montez sur ce bélier, et n'ayez pas peur.  »
Les enfants s'envolèrent donc sur le dos de l'animal miraculeux vers une terre plus accueillante. En chemin, Hellê fut prise de vertige et tomba dans la mer sous les yeux de son frère impuissant. C'est d'ailleurs en sa mémoire que cette mer fut appelée l'Hellespont.
Phrixos quand à lui arriva sain et sauf en Colchide où il fut accueilli par le roi Éétès. Là, il sacrifia le bélier à Zeus et offrit la toison à son hôte qui la fit garder par un dragon (avant que Jason ne vienne la lui dérober, mais ceci est une autre histoire).

L'Aïd
Par louamel | Le 27/11/2009 à 00:00:00

Comme certains d'entre vous le savent, aujourd'hui les musulmans fêtent l'Aïd. Mais qu'est-ce précisément ? Il en existe deux sortes, voici quelques explications très simples pour les différencier :

  • Le premier est l'Aïd el-Kebir (en arabe العيد الكبير, que l'on peut traduire par la grande fête), qui est la cérémonie la plus importante dans la tradition islamique. Cette fête est célébrée en hommage à Ibrahim(5). Mais qui était-il ?
    C'est un homme qui accepta d'égorger son fils Ismaël sur l'ordre d'Allah. Mais au dernier moment, ce dernier lui envoya une brebis pour remplacer l'enfant comme offrande sacrificielle. Selon les traditions juive et chrétienne, (tirées de la Torah et de l'Ancien Testament), dans l'épisode du sacrifice, c'est le second fils d'Abraham, Isaac qui a failli être tué, et non Ismaël ;

  • Le deuxième est l'Aïd el-Fitr (en arabe : ʿīd al-fiṭr, عيد الفطر, fête de la rupture, parfois appelé la petite Aïd par opposition à la fête du sacrifice), qui marque la fin du jeûne après un mois de ramadan.

  1. (5) Abraham dans les transcriptions catholiques.
Œdipe, un homme complexé
Par Lagile | Le 21/11/2009 à 00:00:00

On a tous entendu parler de ce fameux complexe d'Œdipe, mais… Qui était véritablement ce pauvre garçon dont le nom est (re)devenu célèbre grâce à Freud(6) ?

Eh bien, remontons… hum, au mariage de Laïos et de Jocaste. Le roi de Thèbes – Laïos donc – voulut savoir si tout irait « pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles… »(7) et consulta l'oracle de Delphes. Manque de chance, il paraîtrait que l'enfant qui naîtrait de ce mariage allait le tuer. Il repart donc inquiet, et quand Jocaste lui annonce qu'elle est enceinte, c'est la fin. L'enfant qui voit le jour est donc abandonné sur le mont Cithéron – la légende veut qu'il fut suspendu par les pieds ! – et est trouvé par un berger, qui prend pitié de l'enfant et commence son éducation. Finalement, Œdipe est adopté par le roi et la reine de Corinthe.

Fin de l'histoire ? Que nenni ! Notre pauvre ami se décide lui aussi à consulter un oracle qui lui annonce qu'il sera le meurtrier de son père et l'époux de sa mère. Étant persuadé que le roi et la reine sont ses véritables parents, il quitte Corinthe et se dirige vers Thèbes, où il dispute avec un homme qu'il tue sous la colère. Ce malheureux vieillard était en réalité Laïos : Œdipe vient de réaliser la première partie de son destin sans le savoir.
Le voilà donc à Thèbes, où le Sphinx(8) tue toute personne ne pouvant répondre à son énigme « Quel est l'animal qui a quatre pattes le matin, deux le midi et trois le soir ? ». Manque de chance, notre complexé trouve la solution(9), débarrassant la ville de ce fléau. Il épouse donc Jocaste, en plein deuil. La deuxième partie s'accomplissait…

De ce mariage naquirent plusieurs enfants – dont la célèbre Antigone ! – ce qui provoqua une épidémie de peste dans la ville. À nouveau, on consulte l'oracle, qui annonce que les Thébains auraient dû venger la mort de leur ancien roi. Œdipe se met donc à la recherche du meurtrier, sans se douter qu'il s'agit de lui-même… Il va faire la lumière sur ses origines et se découvre à la fois parricide et incestueux. Sa femme se suicide en apprenant la nouvelle et le roi se crève les yeux…

Ensuite, les versions divergent sur la manière dont il vécut et mourut.
En tout cas, l'Histoire a retenu son nom grâce à la psychanalyse, où il symbolise le stade durant lequel un enfant va vouloir épouser le parent de sexe opposé tout en souhaitant « tuer » l'autre.


  1. (6) Mais oui, le psychanalyste !
  2. (7) Serais-je en train de confondre avec Candide de Voltaire ?
  3. (8) Non, pas ce sphinx  !
  4. (9) L'Homme, la journée symbolise sa vie où il passe de bébé à adulte et d'adulte à vieillard.
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