Prochain omnilogisme : 11/03/2010 à 0:00
Le suspens est insoutenable depuis que vous savez différencier l'ours noir du grizzli, n'est-ce pas ? Vous espérez connaître la recette miracle pour échapper à une confrontation avec l'animal ? La suite est pour vous.
Que peut-on faire face à un plantigrade ? Déjà, pas de mouvement brusque, cela fait peur et ne risque pas vraiment de calmer le “gentil nounours” qui est en face de vous. Vous pouvez tenter de lui parler, mais là, pas la peine de monter dans les aigus, sauf si votre but est de l'agacer. Si vous utilisez une voix neutre et calme, c'est gagné : il comprendra que vous n'êtes pas un ennemi. Autre solution : faire le mort. Oui, parfaitement, vous vous couchez par terre en position fœtale, les mains sur la nuque histoire d'éviter un coup de griffe s'il tente de vous retourner(1), et le sac qui reste sur le dos par la même raison. Là, il ne vous reste plus qu'à attendre patiemment que « l'intrus » s'en aille, ce qui ne manquera pas d'arriver, vu qu'un humain « mort » est assez peu intéressant pour lui. En effet, et c'est plutôt rassurant, l'ours ne mange pas nos congénères ! Bien sûr n'oubliez pas de respirer, ça serait bête de mourir asphyxié alors que vous venez de lui échapper.
Dans tous les cas, pour éviter de mauvaises rencontres, le premier conseil est de ne pas laisser traîner la nourriture : ours et grizzlys sont assez sensibles aux odeurs dégagées. Par la même occasion, ne faites pas la vaisselle trop près du campement, sinon, vous risquez de voir débarquer ces fameux voisins !
On évite également d'aller voir l'ourson qui paraît seul en se rappelant de Winnie l'Ourson, dans la réalité, Maman Ourse risque de vous taper, et, autant vous le dire, vu la taille des griffes, ça doit faire mal(2). Dernier conseil de bon sens, pensez à faire un minimum de bruit quand vous vous promenez, cela évite de tomber nez à nez avec un plantigrade qui pensera que vous voulez l'attaquer !
Enfin, le meilleur moyen d'éviter ce genre de rencontres reste quand même de partir dans un lieu où il n'y a ni ours noir, ni grizzli…

Fidèle lecteur omnilogiste, il y a peu, nous fêtions ici les 60 ans de Oui-Oui. Parlons donc aujourd'hui de ces trois inséparables compagnons qui font le bonheur de nous autres,
gaulois, et de tant d'autres, depuis maintenant 50 ans ; eh oui, bon anniversaire Astérix et tous ses compagnons.
Fruit du hasard, nés dans la précipitation de la réflexion de deux jeunes gens de 24 et 25 ans, qui se doivent de trouver un thème pour répondre à une commande de bandes dessinées destinées à des éditeurs hebdomadaires pour les jeunes. Goscinny scénariste aux talents annexes de dessinateur et Uderzo, dessinateur en titre, cherchent désespérément leurs futurs héros pour la revue Pilote dont le premier numéro est programmé pour octobre 1959. Après moult boissons, les deux compères étudient les diverses périodes de l'histoire de France et constatent que l'épopée gauloise n'a pas encore été traitée. Quelques vagues souvenirs scolaires laissent entrevoir des possibilités avec ce peuple courageux et frondeur. 
Il faut surprendre les lecteurs : pourquoi ne pas choisir un anti-héros ? Le personnage principal sera donc petit et rusé. Et en contre point, il lui faut donc un compère fort (je n'ai pas dit gros, mais juste une peu bas de poitrine ! ).
Qui dit gaulois, dit romains. Et puisque les romains sont dominants, les gaulois seront donc regroupés dans un village courageux qui résiste. Car toute la Gaule est occupée. Toute ?
Mais non, un petit village résiste. Et pour expliquer cette résistance, vient tout naturellement l'idée de la potion magique, qui ne peut qu'être due au génie d'un druide.
Les noms d'Astérix et Obélix sont dus à la spontanéité des auteurs. Ce sont les lecteurs qui proposeront le nom d'Idéfix, en réponse à un concours organisé à cette fin, après l'apparition du petit animal devant l'étal d'un boucher à Lutèce. Cinq lecteurs proposent ce même nom, qui sera retenu.
Voici l'occasion au fil des ans de caricaturer nombre de vedettes qui apparaîtront au fil des albums, où l'on peut reconnaître en vrac (et parmi d'autres) Jacques Chirac, Kirk Douglas, Pierre Tchérnia, Jean Gabin, Guy Lux et tant d'autres.
Et l'occasion pour nous lecteurs de réviser notre latin ; aucun des deux auteurs ne maîtrisait d'ailleurs cette langue morte. Qu'à cela ne tienne, il suffira de se plonger dans les pages roses d'un célèbre dictionnaire. Vérifiez : vous y trouverez toutes les citations des albums.
Destiné à un public français, le rapide succès amènera rapidement à traduire les albums, qui ne sont pourtant pas toujours tendres avec nos voisins ; mais après une première traduction en allemand, le succès est là. Toute la difficulté consiste à respecter et reprendre les innombrables jeux de mots dans 107 langues !

Et voici donc au fil des ans 325 millions d'albums édités. Et qui sait que le premier satellite français envoyé dans l'espace en 1965 était baptisé du nom de code A1 ? En pleine période de guerre froide, il s'agissait en fait de Astérix 1, fier représentant d'un petit pays qui « résistait » à l'occupation mondiale des deux super puissances.
Dans la nuit du 27 au 28 avril 1796, plusieurs individus attaquent une malle-poste allant de Paris à Lyon ; ils assassinent sauvagement les deux postillons (à coup de sabres et de couteaux) et dérobent la somme gigantesque qui transitait : quatre-vingts mille livres en monnaie et sept millions de livres en assignats, l'argent étant destiné aux armées d'Italie (souvenez-vous de Bonaparte et du pont d'Arcole).
L'enquête de gendarmerie qui s'ensuit est un modèle du genre et rapidement les informations affluent. On découvre par exemple qu'un dénommé Laborde, marchand de vin de son état, aurait été le seul passager de la malle-poste et qu'il avait un sabre pour tout bagage. On pourra s'étonner que les autorités laissent un homme aussi louche emprunter un convoi aussi important, mais toujours est-il que le dénommé Laborde n'est pas retrouvé. Des rebondissements rocambolesques(3) mènent à l'arrestation de six hommes : Couriol, Lesurques, Guénot, Richard, Bruer et Bernard.
Lesurques ne cesse de clamer son innocence, arguant qu'il s'agit d'un terrible malentendu. Il est persuadé que le procès fera toute la lumière sur cette sombre histoire ; il ne le sait pas encore, mais ce procès restera dans les annales de la justice française.
Quant à Couriol, on découvre que son porte monnaie contient l'énorme somme de 1 170 460 livres en assignats… étrange.
Finalement, à l'issue du procès, Couriol, Bernard, Richard et Lesurques sont déclarés coupables. Ils sont condamnés à la peine capitale, à l'exception de Richard, condamné au bagne pour recel.
Lesurques clame une dernière fois son innocence(5), mais fort logiquement personne n'y prête foi. Plus surprenant par contre, Couriol déclare à son tour que ses deux camarades sont innocents(6) ! Une déclaration tardive qui tombe elle aussi dans le vide, tandis que les gendarmes amènent les condamnés.
Quelques nouveaux évènements viennent s'ajouter à l'enquête, mais rien de probant. Finalement Lesurques est guillotiné – malgré une nouvelle affirmation de Couriol sur l'échafaud clamant l'innocence de Lesurques.

Un procès comme on en trouve des centaines ? Pas vraiment. Ébranlé par la première instruction, le juge rouvre l'enquête et retrouve quatre ans plus tard Laborde – qui s'appelle en réalité Dubosq – lequel nie toute implication dans l'affaire (souvenez-vous : le passager de la malle-poste).
Les témoins se rendent à nouveau au tribunal et un seul d'entre eux revient sur son premier témoignage, les autres restant convaincus de la culpabilité de Lesurques(7). Mais dès que l'on pose une perruque blonde (courante à l'époque) sur Dubosq, la plupart des témoins changent d'avis… ce qui conduit Dubosq à la guillotine – Dubosq n'est pas convaincu d'être l'auteur de l'homicide du courrier ni du postier, mais seulement d'avoir aidé et assisté des criminels
. Cette formulation ambigüe des jurys, si elle suffit pour exécuter Dubosq, ne réhabilite pas pour autant Lesurques.
Et maintenant, jeunes gens du XXIe siècle, que penser de cette affaire ? Beaucoup d'historiens estiment que Lesurques est lié d'une façon ou d'une autre à cette étrange affaire, qu'il se trouvait sûrement sur les lieux du crime mais qu'il aurait dû être acquitté au bénéfice du doute. Même si nous ne saurons probablement jamais la vérité, nous retiendrons deux choses : l'épitaphe de Lesurques, inhumé au Père Lachaise (Il fut victime de la plus déplorable des erreurs humaines
), et l'importance de cette histoire dans les débats pour l'abolition de la peine de mort. Bref, une affaire majeure dans les annales de notre beau pays.
Témoin, la date du 8 floréal portée sur votre livre est une surcharge, elle a été faite sur une autre date, celle du 9. Vous avez commis un faux et vous tentez d'égarer la justice. De pareils procédés sont inadmissibles !
Le crime dont on m'accuse est horrible ! Vous allez frapper un innocent. Le jour viendra où cette innocence sera reconnue, et mon sang rejaillira sur la tête des jurés !
- Lesurques et Bernard sont innocents ! Lesurques n'a jamais pris part au crime et Bernard n'a fait que prêter les chevaux et assister au partage du butin.
Je ne crois pas que je me sois trompé en désignant Lesurques, mais je suis sûr de ne pas me tromper en disant que je ne reconnais pas du tout celui-ci.
À l'heure où, tout petit, on vous demandait de ne pas dire de gros mots, vous lisiez probablement les aventures de Tintin et de son meilleur ami, le capitaine Haddock.

Ce dernier possède un caractère que l'on peut qualifier pour le moins d'expressif : c'est un impulsif qui se laisse facilement gagner par ses émotions, enthousiasme comme découragement. Il est colérique – bourru pourrait-on dire – mais c'est un homme extrêmement sensible et attachant. Ses « coups de gueule » aussi brefs que spectaculaires en font un personnage incontournable des aventures de notre cher reporter au Petit Journal.
Petit tour d'horizon des insultes que vous avez sûrement déjà entendues sans jamais les comprendre :
Bachi-bouzouk :

Un Bachi-bouzouk est un soldat irrégulier de l'ancienne armée ottomane, un cavalier mercenaire avec un armement non standardisé et une faible discipline. Ceux-ci, souvent des criminels, composent un corps franc, aussi dangereux pour ceux qu'ils sont censé servir que pour leurs ennemis.
Mille millions de mille sabords :

Le sabord est un terme d'architecture navale qui désigne l'ouverture dans le flanc d'un navire, par laquelle passent les fûts de canons, les avirons ou tout simplement une prise d'air. Ce terme est de la même famille que saborder, c'est-à-dire percer un navire en-dessous de sa ligne de flottaison afin de le couler (ou du moins, de l'handicaper fortement). Imaginez-en mille millions, ça commence à faire mal !
Parfois on a droit à mille milliards de mille sabords
ou encore à mille millions de mille milliards de mille sabords
voire à mille millions de mille milliards de mille sabords de tonnerre de Brest
(ça fait un paquet(8) ! )
Coloquinte à la graisse de hérisson :
La coloquinte est une plante herbacée vivace de la famille des Cucurbitacées. La pulpe de ses fruits, amère et toxique, peut être un laxatif puissant si le fruit est récolté et séché avant maturité. Elle est utilisée comme antirhumatismal(9), anthelminthique(10), et comme remède contre les infections de la peau. Les graines quand à elles sont comestibles et contiennent 30 à 40 % d'une huile jaune clair (associé à de la graisse de hérisson, quel charmant mélange… ) ;
Espèce de mérinos mal peignés :

Le mérinos est une race ovine originaire d'Espagne élevée principalement pour sa laine. Cette espèce est de surcroît championne de production lainière, alors imaginez mal peignée !
Ectoplasme à roulettes :
Un ectoplasme représente dans le langage du capitaine Haddock une personne insignifiante. En effet, la métapsychique nomme ectoplasme une sorte de substance paranormale générée dans le monde physique par les fantômes ou par des médiums, une substance dont l'existence est scientifiquement non prouvée ;
Patagon de zoulous :
L'association des zoulous (peuples sédentaires d'Afrique australe) avec Patagon, de Patagonie (une région du Chili) peut laisser perplexe si l'on considère l'éloignement géographique ;
Amiral de bateau-lavoir :

Le bateau-lavoir est plus un établissement flottant qu'un vrai bateau qui navigue. Il est principalement porteur de tout un folklore lié aux lavandières à la langue bien pendue et aux caractères bien trempés qui y travaillent. Le bateau-lavoir est principalement équipé d'un espace pour laver le linge, d'un autre pour le faire sécher – ceux-ci ont disparus avec l'avènement de la machine à laver ;
Bayadère de carnaval :

En Inde, les Bayadères sont des danseuse sacrées dont la profession est de danser devant les temples ou pagodes ;
Concentré de moules à gaufres :
Comme son nom ne l'indique pas, un moule à gaufres, ou gaufrier, est un ustensile de cuisine destiné à la préparation des gaufres. Un fois concentrés, ils deviennent des « super-gaufriers » !
Papou des Carpates :
Les Carpates constituent la partie est de l'ensemble montagneux situé au centre de l'Europe et les papous sont les populations autochtones de la Nouvelle-Guinée – encore une fois, ce ne sont pas les mêmes origines géographiques ;
Sombre oryctérope :

L'Oryctérope, aussi appelé cochon de terre, est un mammifère fourmilier d'Afrique ;
Anacoluthe :
L'anacoluthe est une figure de style qui, par une rupture voulue de la construction syntaxique, conserve non seulement le sens et la facilité de compréhension d'une phrase tout en apportant un avantage à l'expression.
Dans la phrase suivante, le verbe savoir se “distribue” sur crime et trahie :
Ah ! savez-vous le crime et qui vous a trahie ?
Catachrèse :
La catachrèse est une figure de style qui consiste à détourner un mot de son sens propre en étendant sa signification : le pied d'une table, être à cheval sur une chaise ;
Sapajou

Le sapajou est un singe d'Amérique tropicale ;
Cyclotron :

Un cyclotron est un accélérateur circulaire de particules utilisant un champ magnétique fixe et un champ électrique alternatif de fréquence constante ;
Flibustier/Forban :
Ces deux mots signifient pirate ou voleur des mers ;
Gredin :
Le gredin est celui ou celle que l'on juge capable de tous les méfaits ;
Iconoclaste :
Un iconoclaste est une personne qui cherche à détruire tout ce qui est attaché au passé et à la tradition, en particulier les images religieuses ;
Zouaves :

Les zouaves sont un type d'unité d'infanterie, qui a existé dans peu d'armées : Empire ottoman, France, États pontificaux, États-Unis, durant une courte période allant de 1830 à 1962.

Quand lama pas content, lui toujours faire comme ça
Le crachat du lama, mythe ou réalité ?
Si le lama se met à cracher c'est seulement pour se défendre. C'est en effet sa seule défense contre d'éventuels prédateurs ou agaceurs. Selon son agacement, le lama crache différemment : si vous l'énervez seulement “un petit peu”, vous risquez de recevoir une brume de salive que le lama vous enverra avec sa langue. Si en revanche vous osez le mettre vraiment en colère, vous aurez la joie d'obtenir un jus verdâtre composé de salive, de liquide gastrique et de boulettes d'aliments prédigérés. Ce liquide est particulièrement nauséabond et fait de belles taches sur les vêtements. Avis aux amateurs…
Mais au fait à quelle famille d'animaux le lama appartient-il ?
Le lama – ou devrait-on plutôt dire lama blanc – est un camélidé domestique d'Amérique du sud. Il a trois cousins qui font partie de la branche sud-américaine des camélidés : l'alpaga, le guanaco et la vigogne. D'une manière générale pour désigner ces quatre cousins on utilise à tort le terme « lama ».
Le vrai lama est un animal qui rumine – mais il n'est pas classé dans la famille des ruminants. C'est un mammifère dont la période de gestation est de 349 jours : le lama a ainsi un petit tous les ans.
Il mesure en moyenne un mètre quatre-vingt dix et pèse cent quinze kilogrammes. Sur des voyages d'une journée il peut transporter des charges allant jusqu'à quatre-vingt dix kilogrammes, mais sur des voyages plus longs il ne pourra transporter qu'une soixantaine de kilogrammes.
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Alpaga |
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Guanaco |


Si vous êtes attentifs, vous aurez remarqué une très légère différence entre les noms de ces trois super-héros : BatMan, SuperMan… et Spider-Man.
L'origine de ce trait d'union est très simple : en créant son héros, Stan Lee s'aperçoit qu'il existe déjà un héros s'appelant SpiderMan (sans tiret). Voulant éviter les problèmes de brevet, il choisit de rajouter un tiret… qui est resté, même si le “nouveau” Spider-man a largement supplanté l'ancien SpiderMan !
Dans une BD, le héros revient lui-même sur ce problème : Spider-Man, n'oubliez pas le tiret pour google !
Le décibel est une unité utilisée pour mesurer le rapport entre deux puissances. Cette unité présente deux particularités : primo, il s'agit d'une unité complètement en dehors du système international, et secundo, le décibel est une échelle logarithmique.
Échelle logarithmique ? J'en vois déjà qui plissent le front, au fond de la salle.
Une rapide explication mathématique s'impose.
D'habitude, quand vous représentez des nombres sur une droite, l'écart entre deux nombres de même différence est le même : 1 - 2 - 3 - 4. Dans une échelle logarithmique, l'écart entre chaque nombre est multiplié par 10 : 1 - 10 - 100 - 1000(11). Cette échelle permet de représenter de façon assez réaliste les sensibilités du corps humain à différentes stimulations : par exemple, l'oreille peut entendre le son d'une goutte d'eau qui tombe, mais aussi le bruit d'une cascade, pourtant constituée de milliards de gouttes d'eau (donc des milliards de fois le son original, sans qu'on le ressente comme « des milliards de fois le bruit original »).
Comme le laisse penser l'exemple précédent, le décibel est surtout utilisé pour la puissance sonore : 0dB représente l'absence de son, 20 dB le seuil d'audibilité humain (en-dessous de cette limite, les oreilles ne perçoivent aucun son). À 80dB, le son commence à devenir douloureux (bruit d'une tondeuse à gazon), à 100 dB (marteau piqueur), le son devient dangereux pour l'ouïe et peut entraîner des lésions. 120 dB (avion au décollage) représente le seuil maximal supportable.
Comme on l'a dit plus haut, le décibel est une unité logarithmique en base 3. Autrement dit, si vous avez un son (un aspirateur à 70 dB par exemple), et que vous doublez ce son (deux aspirateurs), le nouveau son ne sera pas de 70+70=140dB, mais de 70 + 3=73dB. Quatre aspirateurs ? 73 + 3=76dB, et ainsi de suite : pas facile d'atteindre des sommets (100 aspirateurs : 90dB) !

On pense que le son le plus fort jamais entendu sur la Terre par l'Homme est l'éruption du Krakatoa en 1883 (le son produit fut perçu 4 800 km plus loin, et l'onde de choc fit sept fois le tour de la Terre, l'explosion ayant libéré dix-mille fois l'énergie d'Hiroshima) ; mais aussi fort qu'ait été cette éruption, elle n'a pas pu dépasser le maximum théorique de 194dB : au-delà de cette valeur, c'est du vide qui se propagerait devant l'onde sonore !
Le pavot est une petite graine, souvent utilisée dans certaines pâtisseries et pains spéciaux. Les pétales de pavot, pris en infusion, ont un effet sédatif.
La famille du pavot est vaste, et dans nos contrées on rencontrera entres autres le coquelicot, l'œillette…
Hors de nos frontières, en Asie de l'ouest, on trouve le pavot somnifère, bien plus intéressant que nos vulgaires pavots : jugez-en par vous-même.
La graine du pavot somnifère, récoltée juste avant sa maturité, peut être transformée en opium(12), du grec opion qui signifie « jus de pavot ».
L'opium, sous forme de poudre sèche, est lui même composé d'une trentaine d'alcaloïdes(13), dont 10 % de morphine ! Morphine que l'on peut récupérer par une simple cristallisation de l'opium avec de la soude.
C'est pour la morphine que le pavot somnifère (aussi appelé pavot à opium) est cultivé, officiellement tout du moins : la morphine restant encore aujourd'hui le meilleur analgésique(14) connu.
L'histoire ne s'arrête pas là ! La cristallisation de la morphine avec de l'anhydre acétique donne le chlorhydrate de diacétyl-morphine, plus connu sous le nom… d'héroïne ! Découverte par un chimiste allemand, l'héroïne s'avère trois fois plus puissante que la morphine, et extrêmement efficace contre la toux (d'où son nom, heroisch, qui veut dire « très efficace »). Malheureusement, elle est encore plus addictive que la morphine et l'opium : c'est la drogue responsable de la majorité des décès par overdose.
De nos jours, l'héroïne n'est plus utilisée à caractère médical, et la totalité de la production est illégale.
La lutte contre cette drogue s'avère difficile, car sa synthétisation à base de morphine se fait à l'aide de produits « courants » : chaux, chlorure d'ammonium (que l'on trouve dans les engrais), acide chlorhydrique…
Enfin, la vente de morphine est extrêmement intéressante pour le dealer : 10 kg d'opium donnent 1 kg de morphine, qui fournit 850 gr d'héroïne.
La dose moyenne quotidienne d'un héroïnomane est de 0,085 g d'héroïne pure, mêlée à 0,5 g de lactose et de bicarbonate, et coute environ 100€ : autrement dit, les 10 kg d'opium rapportent un million d'euros au vendeur… un marché très lucratif, puisque les 10 kg d'opium d'origine ne coûtent que 1000€ (pour ceux du fond qui n'auraient pas suivi, cela représente un bénéfice de 100 000% !
