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Omnilogismes « Argent »

Arborescence entourante, tenant compte des renvois et des liens :

Au quotidien Travail Argent Finances
Le symbole du dollar
Par Tanguy | Le 29/11/2009 à 00:00:00

Dans notre société mondialisée, le dollar est la monnaie d'échange internationale la plus utilisée et la plus connue : son symbole ($) parcourt le monde à chaque transfert d'argent. Mais d'où vient le symbole ? Voilà une colle monumentale !

Une fois encore, trois théories s'affrontent, car personne n'est certain de l'origine du symbole.

  1. Première théorie : les premiers dollars imprimés comportaient les lettres U et S entrelacées (United States, que l'inventivité populaire transformera vite en Uncle Sam), le U étant très allongé pour barrer le S. Au fil du temps, le dessin de la courbe du bas faisant perdre du temps, ce U fut remplacé par deux barres verticales ; puis ces barres verticales furent remplacées par une seule aboutissant au $.
  2. Deuxième théorie, qui ressemble à la première. Cette fois ce n'est plus un U et un S mais un S et un P (P pour peso), car ce sont les Espagnols qui ont apporté le dollar en Amérique : le P déformé sur le S donne alors le symbole $.
  3. Troisième théorie : sans doute la plus plausible. Le symbole $ vient des colonnes d'Hercule(1).

    pillar dollar

    Au XVIe siècle, l'empereur Charles V d'Allemagne, également roi d'Espagne, avait incorporé les colonnes comme support dans les nouvelles armoiries d'Espagne (encore en usage aujourd'hui). Ces armoiries se sont donc retrouvées sur toutes les pièces hispano-américaines, monnaie qui a constitué, du XVIe au XIXe, l'unité monétaire de référence mondiale, comparable au dollar américain de nos jours.

    On appelait ce dollar le Pillar dollar (« dollar à colonnes »). Les colonnes d'Hercule étaient enroulées de banderoles, formant un genre de « S » autour d'un axe vertical, la colonne. Le symbole $ viendrait vraisemblablement de là.


  1. (1) Selon la légende grecque, les colonnes d'Hercule se trouvent au détroit de Gibraltar, l'entrée de la mer Méditerranée donnant sur l'Atlantique. Il y avait une colonne de chaque côté du détroit : l'une était sur le mont Calpé en Europe, et l'autre sur le mont Abyle en Afrique. Sur les colonnes était inscrite l'expression latine PLUS ULTRA, ce qui veut dire : « encore plus loin ». Charles V avait également fait apposer deux globes, l'un représentant le Nouveau Monde (les Amériques) et le second, l'Ancien Monde (l'Europe).
Petite histoire de la monnaie
Par Ma~ | Le 10/11/2009 à 00:00:00

La monnaie métallique est apparue en Asie Mineure : c'est en Lydie, terre légendaire du roi Crésus, qu'on retrouve la trace de pastilles irrégulières en electrum (alliage naturel d'or et d'argent). Vers 550, Crésus fait frapper des pièces en or et des pièces en argent. L'Empire perse et les cités grecques ne tardent pas à faire de même. Dès l'origine, la fonction politique de la monnaie est très nette : elle symbolise le pouvoir de l'État qui l'émet, notamment par l'intermédiaire de l'image qu'elle porte. L'Empire romain impose ainsi sa monnaie aux territoires qu'il conquiert (l'espagnol dinero ou l'arabe dinar viennent du latin denarius). Après l'effondrement de l'Empire (Ve siècle après J.-C.), et durant quasiment tout le Moyen Âge, on assiste à l'éclatement de l'unité monétaire : puisque l'Occident se morcelle, chaque ville, chaque évêque peut émettre sa propre monnaie. On peut noter que c'est pour payer la rançon du roi Jean II le Bon, prisonnier des Anglais, que l'on frappe en 1360 une nouvelle pièce d'or : le franc.

De grands changements ont lieu avec l'apparition d'une monnaie papier, la lettre de change dans les banques italiennes au XVIe siècle. Cette forme de monnaie fiduciaire (fondée sur la confiance, fides en latin), garantie non plus par un pouvoir politique mais par une banque privée, est beaucoup plus mobile que la monnaie métallique. C'est au XVIIe qu'apparaît le billet de banque. Après l'échec retentissant des assignats en France pendant la Révolution, le billet s'impose peu à peu en France avec la création de la Banque de France par Napoléon.

Avec la révolution industrielle, la fin du XVIIIe siècle et le XIXe siècle marquent une réelle rupture : accélération des échanges grâce à l'urbanisation et aux nouveaux moyens de transport, capitalisation de l'économie, élaboration d'une pensée de type libéral, etc. Au cours du XXe siècle, l'étalon-or s'impose dans le monde. Après les bouleversements du début du XXe siècle (Première Guerre mondiale, crise de 1929), la conférence de Bretton Woods (1944) organise un système destiné à retrouver une certaine stabilité monétaire : les monnaies sont convertibles en dollars, et seul le dollar est convertible en or. En 1976, les États membres du FMI suppriment la convertibilité du dollar en or. Depuis 2002, l'euro est mis en circulation dans les pays de l'Union Européenne qui l'ont adopté.

Mais aujourd'hui, l'essentiel des transactions se fait en monnaie scripturale (de scriptura, écriture). Il s'agit de la monnaie matérialisée par une écriture en compte : compte en banque, chèque, carte de crédit, virement.

L'argent n'a pas d'odeur
Par vdaucourt | Le 01/11/2009 à 00:00:00

L'argent n'a pas d'odeur est une expression souvent utilisée pour un bien mal acquis dont on préfère ignorer la provenance, mais connaissez-vous l'origine du proverbe ?

Vespasien fut empereur Romain de 70 à sa mort. Il fut un gestionnaire rigoureux de l'Empire, grâce notamment à une politique d'imposition majeure, souvent décriée par ses contemporains.

À Rome, l'urine des toilettes publiques était récupérée dans des grands bacs qui servaient à faire la lessive en rendant le linge plus blanc grâce à l'ammoniac contenu dans l'urine.
Vespasien avait décidé de créer un impôt sur l'urine pour renflouer les caisses vidées par Néron. Son fils Titus, le futur empereur, lui reprochait cette nouvelle taxe. Vespasien déposa alors devant son fils les sacs de pièces (ou une unique pièce, les versions divergent) rapportées par ce nouvel impôt et lui demanda si l'odeur l'importunait, pour conclure d'un cinglant pecunia non olet – l'argent n'a pas d'odeur.

Omnilogie, un site qui vous met en boite…
Par Damien | Le 06/10/2009 à 00:00:00

La règlementation européenne a modifié récemment l'obligation qui existait d'avoir des contenants de biens alimentaires de contenances déterminées. C'est ainsi qu'à prix constant, il apparait depuis des diminutions du poids net de certains produits alimentaires…

boite de conserve

Les appellations des boîtes de conserve n'avaient-elles aucun secret pour vous auparavant ? Ainsi, qu'est ce qu'une boîte de conserve 4/4 ? Faut-il donc avoir fait l'INSA pour s'y retrouver au rayon des conserves ?

Première donnée basique : une boîte 4/4 est d'une contenance de 850 ml. Il s'agit de la référence pour nourrir quatre personnes(2). On décline le reste par multiples de cette donnée de base. Vous l'aurez compris, une boîte 1/2 contiendra 425 ml de produit (soit deux ou trois convives), et une boîte 1/4, 212 ml.

Mais alors, dans une boîte de petits pois, on ne va trouver quasiment que de l'eau ? Que nenni : c'est le poids net égoutté qui se doit d'être indiqué. La boîte 1/2 de petits pois contiendra ainsi 235 grammes de petits pois.

Bon appétit ! (Même si une conserve ne vaudra jamais un produit frais… )


  1. (2) Et tant pis pour les gourmands !
Le lieu sur les chèques
Par Damien | Le 07/06/2009 à 00:00:00

Qui prête encore attention aux petites mentions qui figurent en bas à droite de ces chèques que l'on rédige parfois machinalement ?
Et pourtant, ces termes « À......, le ...... » ne sont pas anodins.
Le lieu de signature indiqué aura pour conséquence qu'en cas de contentieux, le tribunal compétent sera celui du lieu indiqué sur le chèque : il vous faudra donc peut être traverser la France si vous avez émis votre chèque de l'autre côté de l'hexagone.

Cette règle s'applique pour les transactions entre particuliers, puisqu'entre commerçants, une clause de compétence territoriale(3) peut être indiquée. Peut-être avez-vous d'ailleurs relevé cette mention sur un contrat ? Pour un différend entre un commerçant et un particulier, la clause est réputée non écrite et ne peut être opposée à l'acheteur.
Voilà qui est particulièrement intéressant pour un achat par correspondance : en signant le chèque à votre domicile, quelque soit le lieu d'achat, le contentieux sera traité “chez vous”.

Quant à la date, pour être réputée(4) valide, elle ne peut être ultérieure à la date réelle. Tout au plus peut on admettre d'antédater(5) un chèque, qui sera alors réputé bien être émis à la date indiquée.

Chers administrateurs, s'il vous venait à l'idée de faire parvenir un chèque à vos omnilogistes, faites donc bien attention au lieu de rédaction que vous indiquerez…


  1. (3) Clause de compétence territoriale : la signature du contrat implique l'acceptation du tribunal cité, souvent le siège social du vendeur.
  2. (4) Reconnue, dans le jargon des juristes.
  3. (5) Marquer une date passée, dans le même jargon !
L'Alliance
Par Neamar | Le 28/05/2009 à 00:00:00

L'idée de l'alliance en tant que symbole d'amour est relativement moderne : à l'origine, l'alliance était surtout une « option » sur la mariée, un symbole de possession indiquant aux autres hommes que la femme qui la portait n'est plus « disponible ».

Il faudra attendre le IXe siècle pour que l'Église change le sens de l'alliance, la faisant passer de « symbole de possession » à « symbole de fidélité ». À cette époque, les anneaux étaient échangés durant les fiançailles(6).

Au XVIe, l'Église consacre le mariage comme un acte surnaturel : les époux s'engagent à l'amour et à la fidélité, et se remettent l'un à l'autre un anneau – leur union sera indissoluble.

L'anneau a une symbolique très forte : fidélité et amour solides et purs comme l'or, parfaits comme le cercle (qui a un début mais pas de fin).

Selon les civilisations, on porte l'anneau à différents doigts de différentes mains.
Les romains croyaient – à tort – qu'une artère reliait directement l'annulaire(7) de la main gauche au cœur. Cette tradition s'est perpétuée jusqu'à nous, même si l'argument anatomique s'est révélé erroné.


  1. (6) Le lobby des bijoutiers ayant bien fait son travail, on offre maintenant un anneau de fiançailles et une bague de mariage.
  2. (7) Le doigt tient d'ailleurs son nom de cette coutume : l'annulaire est le doigt qui porte l'anneau.
Les cannelures
Par Neamar | Le 25/05/2009 à 00:00:00

En 1696, Newton est le gardien de la monnaie anglais. À cette époque, une grande partie des pièces étaient contrefaites, même si la loi considère cet acte comme une trahison passible de mort par écartèlement…
Le grand Newton passera plusieurs années à courir après les faussaires, avant que ne lui vienne son idée de génie.

La fausse monnaie de l'époque était faite en râpant de vraies pièces, et en récupérant le métal les constituant pour le refondre en une nouvelle pièce. Pour cette raison, la majorité des pièces en circulation étaient de forme ellipsoïdale ! L'idée de Newton consiste simplement à ajouter sur la tranche des pièces des rainures (aussi appelées cannelures) : si la pièce n'a plus de sillons, c'est qu'elle a été râpée : elle n'est alors plus considérée comme de la monnaie valide.

Ce stratagème très simple perdure avec le temps, mais change peu à peu de raison d'être.

Tranches de pièces. Crédit image : http : //commons. wikimedia. orgDe nos jours, les cannelures sont surtout utilisées par les aveugles pour identifier les pièces. Jetez un coup d'œil à votre pécule : chaque pièce a des sillons différents (à l'exception des pièces de 1 et 5 centimes). Les non-voyants peuvent donc, simplement en estimant la taille et en « sentant » la rainure, savoir quelle pièce ils ont en main.

Les Stock Options
Par Neamar | Le 25/04/2009 à 00:00:00

Les stock options(8) sont une invention financière récente qui permettent à une entreprise cotée en bourse de récompenser ses cadres, sans que cela ne coûte trop cher à l'entreprise, et sans ajouter de suppléments d'impôts au cadre : bref, une action tout bénéf' pour les deux partis.

La société commence par créer de nouvelles actions en injectant du capital prélevé dans les réserves de l'entreprise (ou achète ses propres actions sur le marché boursier). Deux possibilités s'offrent alors à l'entreprise :

  • Première possibilité, elle donne à ses cadres la possibilité de racheter un nombre fixé de ces actions, au prix coûtant (i.e. au prix que l'entreprise les a payées) et dans un intervalle de temps fixé, le plus souvent un délai de quelques années.

    Une fois ces années écoulées, si le cours de l'action a grimpé, le cadre aura gagné puisqu'il ne sera pas imposé sur la plus-value(9) (c'est du moins le cas aux États-Unis). Quant à la société, cela ne lui aura rien coûtée, puisqu'elle récupère son investissement initial (le cadre rachète l'action à l'entreprise).

  • Seconde possibilité, elle donne à ses cadres les actions sous forme de prime : il s'agit alors d'un cadeau, et l'entreprise pourra déduire ce coût de ses revenus imposables. Le cadre, lorsqu'il utilisera son action (encore une fois, un ou deux ans plus tard), ne sera imposé que sur la valeur de cette « donation », autrement dit le prix de départ de l'action. Si les cours ont grimpés, la plus-value sera donc exemptée d'impôts.

Quelle que soit l'option choisie, les deux protagonistes sortent gagnants, à condition bien sûr que les cours aient augmenté entre-temps : c'est un moyen pour l'entreprise de s'assurer que les cadres feront de leur mieux pour améliorer le bénéfice de l'entreprise (ce qui fera monter les cours en bourse, donc la plus-value que réalisera le cadre).

À priori, tout est parfait… mais une telle formule peut entraîner des déviances (par exemple, vendre beaucoup l'année où l'on compte retirer ses stock-options : le cours en bourse augmente artificiellement pendant quelque temps, mais l'entreprise perd de la valeur sur le long terme). De plus, les États se voient privés de certains impôts, d'où l'apparition d'un législation ferme pour encadrer ce genre de pratique.


  1. (8) En français, il est préconisé d'utiliser le terme « options sur titres », mais l'usage continue d'utiliser l'anglicisme.
  2. (9) La valeur ajoutée à l'action : si l'action coûtait 100$ et vaut maintenant 150$, il ne paiera que pour 100$ d'impôts.