Prochain omnilogisme : 13/03/2010 à 0:00

Omnilogismes « Flore »

Arborescence entourante, tenant compte des renvois et des liens :

Science Dures Biologie Nature Flore
Les excentriques forestiers (2)
Par Fatalis | Le 23/01/2010 à 00:00:00
  • L'arbre à deux jambes

    En forêt, on aime à se promener, à randonner… Mais nous ne sommes pas seuls ! Des arbres comme celui-là se baladent également, de leurs grandes enjambées… Ce cas particulier provient d'une situation un peu spéciale : imaginons deux jeunes arbres de la même espèce, inclinés chacun dans un sens différent, formant une sorte de croix de Saint-André. Les troncs frottant, ils en viennent à se souder, de la même façon que dans les cas précédents. Mais cette forme n'est pas viable pour les deux arbres, et, rapidement, l'un d'eux va dépérir, au-dessus de la soudure, et tomber, pour finir par former cet « arbre marcheur »(1).

  • Grosse loupe

    Cet arbre-ci a l'air en bien mauvaise posture, avec cette énorme excroissance au milieu du tronc… En réalité il n'en est rien ! Cette déformation, nommée « loupe » n'est rien d'autre qu'un dérèglement du cambium (une couche de tissus située entre le bois et l'écorce), qui s'est mis à créer une prolifération tourbillonnaire de cellules, créant ainsi une grosse boule de bois (parfois déformée). Ce n'est donc en aucun cas le résultat d'une attaque de parasite ou de maladie, et ne présente aucun danger pour l'arbre(2). Les loupes sont assez courantes en forêt, et on peut également en trouver sur des grosses branches plutôt que sur le tronc.

  • Un arbre à bouées ?

    Et ce cas-ci, serait-ce un arbre collectionneur de loupes ? Les loupes, comme nous venons de le voir, sont les résultats d'un dérèglement du cambium, et il est donc peu probable qu'on les observe à tant d'endroits différents sur un même arbre… La cause de ce phénomène est, cette fois-ci, animale. En effet, nous avons ici l'œuvre du pic épeiche(3) : cet oiseau, qu'on peut entendre en forêt avec ses rafales de coups de bec sur les troncs, troue l'écorce afin de chercher les insectes qui se cachent derrière. Mais alors que sur les feuillus il n'en résulte que des trous, les résineux (Épicéas, Sapins, Pins et Mélèze) eux, afin de prévenir l'entrée de champignons par ces trous, forment ces bourrelets au niveau du trou. Ainsi, si le pic permet à l'arbre de se débarrasser des insectes, il avertit aussi les gardes forestiers que l'arbre en est infesté, ce qui n'est pas obligatoirement une bonne chose…


  1. (1) Notons au passage qu'il faut que les arbres soient jeunes pour que cela puisse se produire, ainsi ces arbres à deux pattes sont plus petits que le cas présenté, qui reste un phénomène rare.
  2. (2) Pas de son vivant en tout cas… Mais les arbres à loupe sont activement recherchés par les ébénistes, du fait des motifs se trouvant à l'intérieur.
  3. (3) Ou bien de l'un de ses cousins, le Bêche-bois ou le pic tridactyle au-dessus de 1 300 mètres.
Les excentriques forestiers
Par Fatalis | Le 02/01/2010 à 00:00:00

En vous promenant en forêt, vous avez sans doute déjà remarqué un arbre présentant une particularité, une déformation… En voici quelques exemples :

  • L'avaleur de pancartes

    Ce premier cas a bien l'air d'être un arbre pancartophage, en train de bouloter tranquillement son repas… La réalité, comme on pourrait s'en douter, est toute autre. Cela commence avec un arbre tout simple, sur lequel une pancarte a été clouée. Seulement, avec le temps, les arbres ne font pas que grandir en hauteur, ils s'agrandissent aussi au niveau de l'épaisseur du tronc, et voilà que ladite pancarte l'en empêche ! Alors, puisqu'il ne peut pas l'enlever, la plante n'a plus qu'une solution : elle va passer par-dessus l'obstacle. À raison d'une petite ride de bois par année, l'arbre va alors recouvrir la plaque de son écorce, jusqu'à ce qu'il n'en reste plus qu'un bourrelet. Mais avant cela, il nous est possible d'observer ces avaleurs de pancartes en pleine action ;

  • Le cannibale

    Ce deuxième spécimen, se disant que les pancartes n'apportaient pas grand-chose à son régime, préfère grignoter la branche de son voisin ! Son histoire est en fait assez semblable au cas précédent, en remplaçant l'écriteau par une branche, laquelle, au départ, devait frotter contre le tronc de notre cannibale. Alors, comme d'autres l'ont fait avec des pancartes, il va faire passer son écorce par-dessus, le faisant passer ainsi pour un dévoreur de branches ;

  • Le petit pont dans les branches

    Avec le temps, cette histoire peut former un troisième type de particularité, le « petit pont dans les branches ». Reprenons notre arbre cannibale : peu à peu, l'écorce finit par recouvrir entièrement la branche. Le bout de bois dépassant risque de ne plus être alimenté en sève, alors il meurt et tombe. Et voilà notre pont !

La photosynthèse
Par Ma~ | Le 01/05/2009 à 00:00:00

Les végétaux, comme tous les êtres vivants, respirent en permanence, à la lumière et à l'obscurité : ils absorbent du dioxygène et rejettent du dioxyde de carbone.
Pour les plantes chlorophylliennes, pendant le jour, cette transformation est masquée par une autre, indispensable à la vie : la photosyntèse.

La chlorophylle, qui colore les feuilles en vert, capte l'énergie de la lumière du soleil afin que la réaction entre le dioxyde de carbone atmosphérique et l'eau puisée dans le sol par les racines se réalise :

nCO_2(g) + nH_20(l) \longrightarrow C_nH_{2n}O_n(s) + nO_2(g)

Du dioxygène est rejeté par la plante et des glucides CnH2nOn sont formés. Ces glucides entrent dans la composition de la matière vivante des plantes et contribuent à leur développement.

La photosynthèse est donc un des processus les plus importants de la vie, ce qui peut nous amener à réfléchir sur les déforestations massives qui sont effectuées dans certaines régions de notre planète…

Pour sauver un arbre, mangez un castor !

Le cycle du pavot
Par Neamar | Le 24/04/2009 à 00:00:00

Le pavot est une petite graine, souvent utilisée dans certaines pâtisseries et pains spéciaux. Les pétales de pavot, pris en infusion, ont un effet sédatif.

La famille du pavot est vaste, et dans nos contrées on rencontrera entres autres le coquelicot, l'œillette…

Hors de nos frontières, en Asie de l'ouest, on trouve le pavot somnifère, bien plus intéressant que nos vulgaires pavots : jugez-en par vous-même.

La graine du pavot somnifère, récoltée juste avant sa maturité, peut être transformée en opium(4), du grec opion qui signifie « jus de pavot ».

L'opium, sous forme de poudre sèche, est lui même composé d'une trentaine d'alcaloïdes(5), dont 10 % de morphine ! Morphine que l'on peut récupérer par une simple cristallisation de l'opium avec de la soude.
C'est pour la morphine que le pavot somnifère (aussi appelé pavot à opium) est cultivé, officiellement tout du moins : la morphine restant encore aujourd'hui le meilleur analgésique(6) connu.

L'histoire ne s'arrête pas là ! La cristallisation de la morphine avec de l'anhydre acétique donne le chlorhydrate de diacétyl-morphine, plus connu sous le nom… d'héroïne ! Découverte par un chimiste allemand, l'héroïne s'avère trois fois plus puissante que la morphine, et extrêmement efficace contre la toux (d'où son nom, heroisch, qui veut dire « très efficace »). Malheureusement, elle est encore plus addictive que la morphine et l'opium : c'est la drogue responsable de la majorité des décès par overdose.

De nos jours, l'héroïne n'est plus utilisée à caractère médical, et la totalité de la production est illégale.
La lutte contre cette drogue s'avère difficile, car sa synthétisation à base de morphine se fait à l'aide de produits « courants » : chaux, chlorure d'ammonium (que l'on trouve dans les engrais), acide chlorhydrique…
Enfin, la vente de morphine est extrêmement intéressante pour le dealer : 10 kg d'opium donnent 1 kg de morphine, qui fournit 850 gr d'héroïne.
La dose moyenne quotidienne d'un héroïnomane est de 0,085 g d'héroïne pure, mêlée à 0,5 g de lactose et de bicarbonate, et coute environ 100€ : autrement dit, les 10 kg d'opium rapportent un million d'euros au vendeur… un marché très lucratif, puisque les 10 kg d'opium d'origine ne coûtent que 1000€ (pour ceux du fond qui n'auraient pas suivi, cela représente un bénéfice de 100 000% !

Largo Winch tome 8 : l'heure du tigre


  1. (4) L'opium est une des drogues les plus anciennes, consommable de toutes les façons : fumé, mangé, injecté. Il a une action sédative.
  2. (5) Les alcaloïdes sont des molécules pouvant avoir un effet pharmacologique.
  3. (6) Un analgésique est un médicament ayant pour but d'éliminer la douleur, contrairement aux antalgiques qui ne cherchent qu'à la réduire.
Bricoler son ADN, c'est possible !
Par Anthony | Le 20/04/2009 à 00:00:00

Il était une fois les rats Neotoma lepida du désert des Mohaves.
Il y a environ 15 000 ans, la région du désert des Mohaves (qui se situe au Sud-Ouest des États-Unis) s'est brusquement réchauffée entraînant de fait une modification de la végétation et, en particulier, la disparition des genévriers. Le problème, c'est que ces arbres constituaient la principale nourriture des rats Neotoma. Ceux-ci ont survécu et des scientifiques se sont demandés comment ces petits rongeurs ont réussi à s'adapter.

Il s'est avéré que les actuels rats Neotoma lepida vivant dans le désert des Mohaves consomment des créosotiers, plantes qui ont supplanté les genévriers et qui contiennent des substances toxiques. L'analyse des gènes de biotransformation (qui sont responsable de l'élimination de produits toxiques par le foie) a mis en évidence 24 gènes grâce auxquels ces rongeurs peuvent se nourrir de feuilles de l'arbuste sans risque. Ces gènes ne sont pas présents chez les rats Neotoma qui ont migré dans la région du Grand Bassin, région où les genévriers sont toujours présents.
Par exemple, le gène de la superoxide dismutase, une enzyme qui élimine les radicaux libres délétères produits par l'organisme, est beaucoup plus actif chez les rats du désert des Mohaves que chez ceux du Grand Bassin.

Le rat Neotoma lepida a ainsi pu rester dans le désert des Mohaves en modifiant son code génétique, en s'adaptant de ce fait à son nouvel environnement et à son nouveau régime alimentaire.