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Omnilogismes « Origine des expressions »

Saga : « Origine des expressions »Auteurs de cette saga : Neamar, Qu4l0, Damien, Lagile, LeParrain, louamel, vdaucourt, Mylène, Manutaust, Fatalis, melepe, Domitille, victor

Statut : TERMINÉE.

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Un jugement tranché
Par Lagile | Le 18/02/2010 à 00:00:00

Si vous avez, parmi vos nombreuses qualités(1) l'impartialité et que vos amis font régulièrement appel à vous pour trancher, peut-être êtes-vous un lointain descendant de Salomon. Oui, parfaitement, vous m'avez bien lu : un descendant du roi d'Israël(2) !
Reprenons cette expression du « jugement de Salomon », que vous avez très certainement déjà entendue – je vous rappelle que vous êtes censé être impartial ! – à votre propos. D'où vient-elle, peut-on l'utiliser sans restriction – ah, l'éternelle question des droits d'auteur –, bref : comment s'en servir ?

Remontons quelques siècles en arrière : vous voilà au IXe siècle avant J.-C., en Israël. Pour corser un peu le jeu, imaginons que vous êtes le roi de ce pays. Pour l'instant, pas trop difficile : vous menez la grande vie, les peuples autour de vous sont unifiés grâce à votre sagesse, bref, tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles. Là, deux prostituées arrivent – à l'époque, cela était autorisé – et viennent vous demander quelques instants pour trancher une épineuse question. En effet, ces femmes ont accouchées récemment dans une même maison, chacune donnant naissance à un enfant en pleine forme. Le problème ? L'une prétend que l'autre, en dormant, aurait écrasé son bébé et plutôt que d'assumer son geste, aurait échangé les deux rejetons, lui donnant le nouveau-né décédé. Ne reconnaissant pas son enfant au lever du jour, une dispute entre les deux aurait éclaté, les menant devant le roi – c'est-à-dire vous – pour les départager. La question est donc : qu'auriez-vous fait ?
Reprenons le véritable cours de l'histoire, plutôt que d'imaginer ce pauvre homme jouant à « am stram gram… ». Salomon, ayant quelques notions sur les instincts maternels, demande à un de ses gardes de s'approcher. Il ordonne à l'homme de couper en deux l'enfant qui est en vie et d'en donner la moitié à chacune. L'une s'oppose immédiatement à cette décision, préférant laisser l'enfant en vie à sa rivale que de le voir mourir ; tandis que l'autre se réjouit de ce choix « judicieux ». Le roi sait alors qui est la véritable mère, au grand étonnement de tous. Il se penche vers la première femme et lui confie le nourrisson.

Du coup, il est plutôt flatteur de se faire décerner le titre de Salomon quand vous résolvez astucieusement un conflit, n'est-ce pas ?


  1. (1) Première règle : toujours flatter son lectorat, surtout les lecteurs d'Omnilogie !
  2. (2) Même si rapprocher une qualité morale d'un quelconque bagage génétique est relativement aberrant…
Un article pour les bleus
Par victor | Le 11/02/2010 à 00:00:00

Vous avez sans doute entendu (ou même dit) que quelqu'un était un « bleu » dans le sens de novice. On l'a même peut-être déjà utilisé pour vous qualifier, ce qui ne serait pas franchement un compliment… Mais d'où vient cette expression ?
Un bleu est une personne nouvellement arrivée dans une organisation telle que l'armée, la police, N.C.I.S, etc.

Comme beaucoup d'expressions de la langue française, plusieurs hypothèses sur sa provenance ont été échafaudées :

  • À une époque où les uniformes de l'armée étaient blancs, il fut décidé de les changer, car ces derniers étaient trop facilement salis. Ainsi, les nouveaux arrivants étaient reconnaissables grâce à leur tenue bleue ;
  • Cette appellation pourrait aussi nous venir du XIXe siècle, époque à laquelle les nouveaux soldats entrant à la caserne arrivaient vêtus d'une blouse bleue ;
  • La dernière hypothèse (et sûrement la plus intéressante) date de la guerre de 14-18 : les uniformes français étaient toujours sales à cause de la boue présente dans les tranchées. Les nouveaux soldats qui rejoignaient le front avaient quant à eux des uniformes impeccablement propres… et bleus.
Passer l'arme à gauche
Par melepe | Le 26/01/2010 à 00:00:00

S'il vous est déjà arrivé de passer l'arme à gauche, félicitations : vous faites partie du groupe très select des personnes qui sont mortes et qui pourtant sont encore vivantes.
Vous l'aurez compris, passer l'arme à gauche signifie, plus prosaïquement, mourir. D'où peut bien nous provenir cette étrange expression ? Du militaire, vraisemblablement, mais plus précisément ? En fait, comme pour un bon nombre d'expressions, il existe plusieurs origines, dont voici la liste :

  1. Lors des funérailles militaires, les soldats passent leur arme sur le coté gauche et le canon vers le bas, en signe de deuil et de respect. Cependant, passer l'arme à gauche ne serait pas alors le fait du défunt lui-même, mais de ses compagnons. Il semblerait alors plus logique de dire « faire passer l'arme à gauche ».
  2. À l'époque napoléonienne, les soldats devaient recharger leur fusil en arrachant une cartouche contenant la balle, ce qui implique de prendre son fusil avec la main gauche. En même temps, il se redressait, et était donc plus susceptible de se faire toucher par le feu ennemi.
  3. En escrime, passer l'arme à gauche était synonyme d'arracher l'épée (ou le sabre, ou le fleuret) de son adversaire, le laissant ainsi désarmé et donc mort.
  4. Au Moyen Âge, lors d'une union, il était possible d'accoler sur le nouveau blason les deux blasons des deux familles. Les armes de l'époux étaient à droite, et celles de sa femme à gauche. Lorsque le mari venait à mourir, sa moitié déplaçait alors les armoiries de feu son amant sur le côté gauche. D'où l'expression, mais l'objection appliquée à la première hypothèse est également valable ici.
  5. Le château de Carcassonne était de son temps une véritable forteresse : les soldats désirant en prendre le contrôle arrivaient par un chemin qui plaçait les remparts du château sur leur côté droit. De là, les archers pouvaient s'en donner à cœur joie, les soldats portant toujours leur bouclier du côté gauche(3). Les soldats, pour peu qu'ils ne veuillent pas mourir, passaient donc leur bouclier sur le côté droit (et donc l'épée à gauche, vous suivez ? ), pour se protéger des flèches. Cependant, à force de progresser ainsi, ces soldats arrivaient sur les défenseurs, alors qu'ils avaient toujours leur arme à gauche. Étant moins adroits avec celle-ci que les défenseurs avec leur main droite, les attaquants se font donc en toute logique exterminer. Ainsi, passer l'arme à gauche devint synonyme de mourir. Peut-on malgré tout supposer que la particularité d'un château puisse produire une expression nationale ? À vous de juger.
  6. Enfin, il existe une dernière possibilité, qui repose elle aussi sur l'attaque des châteaux-forts. En effet, vous remarquerez que la majorité des donjons et autres tours médiévales possèdent des escaliers dans le sens horaire, avec un pilier central. L'assaillant, parvenu dans la forteresse, ne peut donc pas brandir son arme comme tout preux chevalier se doit de le faire(4). Alors, il décide de passer son épée dans la main gauche, et de continuer comme il l'a si bien fait jusqu'alors. Malheureusement pour lui, un défenseur de la cité l'attend à un endroit ou un autre de l'escalier, et lui peut garder son arme dans la main droite (car pour lui, le pilier central est à sa gauche). À un moment ou une autre, se passe alors l'inévitable rencontre et l'inévitable défaite de l'assaillant, ayant toujours son arme dans la main gauche. Ainsi, tous ceux qui auront passé l'arme à gauche seront autant de morts à l'issue de la bataille.

  1. (3) Et donc l'épée du côté droit, car ne l'oublions pas, à cette époque les gauchers étaient considérés comme des envoyés du démon.
  2. (4) Et par la même occasion massacrer tous ceux qui se présentent devant lui.
Les flics
Par Damien | Le 10/12/2009 à 00:00:00

Policier

Ami lecteur, il faut bien te tenir… aujourd'hui, le flic investit le site. Mais au fait, pourquoi donc ce mot flic pour surnommer tout bon policier ?

Et comme de bien entendu pour de telles questions, point de réponse certaine, mais nombre d'hypothèses que nous allons partager ici.

  • La première trouve une origine germanique à ce mot, avec flick, qui serait un mot argotique allemand désignant un jeune homme. Peu convaincant en fait…
  • La seconde reprend le fait que les premiers policiers travaillaient uniquement en civil, glanant auprès de leurs informateurs dans les milieux glauque des villes leurs informations : les mouchards. Le policier était de fait surnommé « mouche à dard », puisqu'il qu'il portait canne à pommeau blanc ou épée pour les Officiers. Et la transposition en allemand – eh oui, toujours en allemand… – du mot mouche donne Fliege transformé en flic, par analogie des sens. Le mot évolue au fil des ans : on trouve ainsi la définition de « fligue à dard » : Sergent de ville, agent de police qui porte une épée. ou « flique » : Commissaire de police dans un dictionnaire de 1887. Mais dès 1829, on retrouve pour la première fois dans les écrits les mots de « fligues » et « fliques ».

    Dans le « Nouveau dictionnaire national – Bescherelle Aîné » de 1887 le terme « fligue à dard » : Sergent de ville, agent de police qui porte une épée ; et une ligne plus loin « flique » : Commissaire de police ; cependant le Littré de 1873 n'a aucune trace de ces deux mots.

  • Troisième hypothèse : d'origine latine cette fois ci : fligere pour « battre », puisque le policier tient le pouvoir de battre le malfaisant(5).
  • Quatrième hypothèse émise, rattachée à un nom propre : un certain policier répondant au nom de Flick qui se serait montré efficace au point de laisser son nom à la postérité. Peu convaincant, il faut l'admettre !
  • Cinquième hypothèse, historique : la garde nationale de l'armée strasbourgeoise tenant le blocus de Strasbourg en 1814. Composée de bataillons sous-divisés en compagnies, dont celle dite « du centre », où étaient affectés les ouvriers, méprisés de leurs frères d'armes, et dont ils réparaient les boucles de chaussures. Ils furent rapidement surnommés schnallenflicker (« ceux qui font briller les boucles »). Au fil des ans, ce mot fut raccourci pour n'en retenir que la dernière syllabe. Puis la garde nationale se transforma en service de police interne au pays ; restait le mot de « flick ».
  • Sixième et dernière hypothèse, scolaire celle-là puisqu'enseignée en certaines écoles de police(6). Nous avons vu plus haut que nos policiers étaient dotés d'une canne à pommeau blanc, signe de leur autorité. Cette canne était ferrée en son extrémité, pour servir d'arme en tant que de besoin (même si l'enseignement de la canne comme arme a presque totalement disparu de nos jours), et aussi pour ne pas s'user sur le pavé des villes. Ainsi nuit et jour, on entendait le claquement de la canne sur le pavé ; et nos habitants disaient ainsi « on entend venir les flics », parlant du bruit caractéristique « flic, flic »…

Voilà, à vous d'analyser et choisir ce qui vous semble le plus pertinent. Mais au fait, pourquoi dit-on « 22 vl'a les flics » ? Eh bien ça, vous le saurez en lisant… un prochain omnilogisme !


  1. (5) Dans des conditions de plus en plus réduites au fil des ans, rassurez-vous !
  2. (6) Et que l'on ne retrouve à ma connaissance sur aucun site internet ; vous voyez que vous avez bien raison de lire les omnilogismes !
OK
Par Fatalis | Le 03/12/2009 à 00:00:00

Nous employons tous les jours cette expression OK, qui, avec la prononciation anglophone, devient « Okay ». Mais d'où vient cette expression ? Est-ce une abréviation ? Des initiales ?
De multiples théories sont encore actuellement discutées, et aucune ne peut prétendre à être LA vérité. Cependant, il en ressort quelques-unes plus vraisemblables que les autres.

  • Longtemps, la principale théorie a été que « OK » venait d'une quelconque guerre (principalement la Guerre de Sécession), où les militaires employaient l'abréviation « 0 K » pour signifier Zero Killed, soit « zéro soldat mort ».
    Cependant, cette hypothèse n'est aujourd'hui plus envisagée car, d'une part, durant la Guerre de Sécession, il y eut peu de batailles où une partie aurait pu se vanter d'avoir Zero Killed, d'autre part, tout simplement car des documents antérieurs à cette guerre ont été retrouvés, portant eux aussi cette abréviation ;

  • Une autre hypothèse, plus probable celle-là, est que « OK » dérive d'une mauvaise écriture de l'anglais All Correct, transformé en « Oll Korrect », soit « Tout va bien ». Ladite faute d'orthographe est attribuée à de multiples personnages, allant du journal Morning Post à Andrew Jackson, héros de la seconde guerre mondiale et président des États-Unis ;
  • L'hypothèse suivante remonte à 1840, lors de la campagne électorale des démocrates à New York, durant laquelle Martin Van Buren, le candidat démocrate originaire de la ville de Kinderhook, fonde le Democratic OK Club, OK signifiant alors « Old Kinderhook » ;
  • Notre avant-dernière hypothèse voudrait que OK vienne du grec Ola Kola, qui signifie « Tout est bon » ;
  • Enfin, la dernière hypothèse, moins répandue, est fondée sur une personne nommée Otto Kaiser. Selon les versions, ce personnage serait chef d'une entreprise, ou bien contremaitre au bout d'une chaîne de production d'une usine Ford. Dans tous les cas, il aurait signalé avec ses initiales la bonne qualité d'un produit, OK signifiant donc que ledit produit était correct.

Toutes ces hypothèses sont plus ou moins valables, mais il en existe pléthore d'autres, et il ne s'agit là que d'une liste de quelques-unes qui semblent les plus rationnelles. Cependant, il est également possible que la vérité soit tout ailleurs…

L'argent n'a pas d'odeur
Par vdaucourt | Le 01/11/2009 à 00:00:00

L'argent n'a pas d'odeur est une expression souvent utilisée pour un bien mal acquis dont on préfère ignorer la provenance, mais connaissez-vous l'origine du proverbe ?

Vespasien fut empereur Romain de 70 à sa mort. Il fut un gestionnaire rigoureux de l'Empire, grâce notamment à une politique d'imposition majeure, souvent décriée par ses contemporains.

À Rome, l'urine des toilettes publiques était récupérée dans des grands bacs qui servaient à faire la lessive en rendant le linge plus blanc grâce à l'ammoniac contenu dans l'urine.
Vespasien avait décidé de créer un impôt sur l'urine pour renflouer les caisses vidées par Néron. Son fils Titus, le futur empereur, lui reprochait cette nouvelle taxe. Vespasien déposa alors devant son fils les sacs de pièces (ou une unique pièce, les versions divergent) rapportées par ce nouvel impôt et lui demanda si l'odeur l'importunait, pour conclure d'un cinglant pecunia non olet – l'argent n'a pas d'odeur.

Ma Moitié
Par Manutaust | Le 28/10/2009 à 00:00:00

« Tenez, il faut absolument que je vous présente ma moitié ! » Votre moitié ? Mais quelle moitié ? L'expression est pourtant bien connue. Toujours est-il qu'à un moment ou à un autre, dans votre vie, vous êtes tombé pour la première fois sur cette expression, et, le plus humainement du monde, vous vous êtes demandé ce qu'elle signifiait.

Depuis, vous avez appris ou compris que « ma moitié » est une périphrase pour « mon conjoint », ou simplement « mon partenaire amoureux ». Mais il y a des chances pour que vous soyez resté sur votre faim quant à l'origine de l'expression. Si c'est le cas, voici de quoi vous rassasier !

L'expression « ma moitié » n'est pas toute jeune, bien au contraire. Elle remonte à l'Antiquité grecque, et est issue d'un texte philosophique, « Le Banquet » de Platon. Écrit en 380 avant J.-C. environ, le livre met en scène des personnages fictifs, mais également sept personnalités grecques connues, Socrate(7) notamment, à travers des dialogues. C'est de cette manière qu'il traite de plusieurs sujets philosophiques autour du thème de l'amour. Le livre, en partie romancé, s'articule autour de sept discours prononcés par les sept personnalités grecques. Parmi celles-ci, on retrouve Aristophane, auteur comique célèbre à l'époque, et qui tient le quatrième discours, le Mythe des Androgynes.

Il y a bien longtemps, raconte-t-il, les êtres humains étaient des boules. De vraies boules, qui se déplaçaient en roulant. Mais leur particularité principale était qu'elles possédaient toutes quatre bras, quatre jambes, deux visages, etc. Il y avait trois types d'êtres humains : les femelles, les mâles, et les androgynes. Les femelles possédaient ainsi deux sexes femelles, les mâles deux sexes mâles, et les androgynes un de chaque.
Tout ce petit monde vivait très heureux, mais les humains étaient d'une puissance et d'un orgueil incomparables. Si bien qu'ils finirent par énerver les dieux, et particulièrement Zeus, le Dieu des dieux. Celui-ci décida de les punir comme il l'avait fait avec les titans : il les coupa en deux. Aussitôt séparés, les humains devinrent faibles et apeurés. Chacun cherchait l'autre partie de lui-même, et quand deux fragments d'un même humain se retrouvaient, ils s'enlaçaient et tentaient de redevenir un. Comme Zeus les vit souffrir de tristesse, il prit pitié et leur permit de s'emboîter par leurs organes sexuels. Ainsi, les moitiés d'androgynes, les couples hétérosexuels, accoucheraient de la vie, tandis que les moitiés de mâles ou de femelles, formant des couples homosexuels, accoucheraient de l'esprit.

Platon, à travers le personnage d'Aristophane, voit donc l'amour comme la recherche d'un être complémentaire, peu importe son sexe, afin de former un humain complet. D'où l'emploi du terme « Moitié » pour désigner l'âme sœur !

Étonnant, non ?


  1. (7) Philosophe grec, mort avant l'écriture du roman.
Christophe Colomb et les poules
Par Lagile | Le 20/10/2009 à 00:00:00

Je continue ma série animalière en vous parlant aujourd'hui de l'œuf de Colomb. Je vous vois venir, prêts à me demander « Christophe Colomb était donc une poule ‽ ». Je peux donc vous affirmer, en exclusivité mondiale : non, ce cher navigateur était un être humain comme vous et moi. Et maintenant, je vais vous expliquer pourquoi, ça pourrait être utile, non ?

Comme tout le monde le sait, en 1492… on, enfin, Christophe, découvre l'Amérique. Il est reconnu comme l'un des meilleurs navigateurs de son temps, mais hélas ! Cela ne dure pas. En effet, cette découverte provoque l'envie et la plupart des gens cherche à diminuer le mérite de cet homme. « Il n'est pas si malin que ça, il suffit juste d'y penser » ! Eh oui, il suffit d'y penser…
Un jour où notre ami se retrouve invité chez un Grand d'Espagne, des personnes tiennent des propos semblables en sa présence. Il demande donc à ce qu'on lui apporte un œuf. Sur le coup, tout le monde le prend pour un imbécile, pourquoi aurait-il besoin de ça après un tel repas ? Eh bien, l'énigme qu'il propose est très simple : « Lequel d'entre vous sera capable de faire tenir cet œuf sur l'une de ses extrémités ? ». Évidemment, tout le monde essaie, persuadé que ça y est, le navigateur perd la tête et que la résolution sera aisée. Manque de pot, l'œuf revient vers Colomb, personne n'ayant trouvé le moyen de parvenir à le faire tenir en équilibre.
Là, il aplatit légèrement la coquille et pose l'œuf : il tenait debout ! Il aurait donc dit, en guise de conclusion « C'est bien facile, en effet, mais il fallait y penser. »

L'œuf de Colomb

Cette fameuse coquille symbolise une solution facile, évidente une fois qu'on la connaît, mais à laquelle on n'aurait pas pensé – ou alors, bien trop tard. Vous pourrez donc vous exclamer devant la prochaine énigme qui vous paraît insurmontable et dont on vous montre la solution que « c'est un œuf de Colomb ton truc ! ».

Fumer comme un pompier
Par louamel | Le 15/08/2009 à 00:00:00

Les pompiers luttant contre le feu

Connaissez-vous l'origine de l'expression « Fumer comme un pompier » ?

Eh bien contrairement à la légende selon laquelle le sapeur, en attendant l'alerte, fumait cigarettes sur cigarettes, l'origine de cette expression est bien plus “noble” : ces pompiers qui nous sauvent graissent leurs cuirs protecteurs, dans le but de les conserver le plus longtemps possible, mais surtout de les rendre imperméables.
Dès qu'ils entrent dans un feu, l'eau de leurs lances à incendie ruisselle sur le cuir et s'évapore au contact des fortes chaleurs provoquées par l'incendie – d'où la fumée.

Et pour fumer, je peux vous dire qu'ils fument !

Le tonneau des Danaïdes
Par Lagile | Le 11/08/2009 à 00:00:00

On possède énormément d'expressions, plus ou moins connues, plus ou moins récentes… Cependant on les emploie bien souvent sans trop savoir d'où elles viennent. Datent-elles du XXe siècle ? Peut-être sont-elles plus âgées que ça, nous venant d'une civilisation perdue ?
Je vais vous parler ici du tonneau des Danaïdes.

L'expression nous vient de la mythologie grecque. Danaos – roi d'Argos – eu cinquante filles qu'il maria toutes le même jour, à leurs cinquante cousins. Mais le pauvre homme craignait d'être assassiné par l'un de ses neveux et ordonna à ses filles de tuer leur époux durant la nuit suivant le mariage. Toutes exécutèrent la demande paternelle, sauf l'épouse de Lyncée. Pour venger ses frères, celui-ci tua son beau-père et ses belles-sœurs, qui « vécurent » leur mort dans le Tartare – le lieu où étaient envoyés ceux qui « péchaient » – et furent condamnées à remplir un tonneau percé, qui, évidemment, se vidait aussi vite qu'elles ajoutaient de l'eau.

Mais quand l'employer me direz-vous ? Vous savez à présent que ce tonneau ne peut jamais être plein, donc vous avez pu deviner qu'on utilisera cette expression pour un travail qui ne peut jamais être fini.

Maintenant, vous pouvez employer cette expression toute en sachant d'où elle vient !

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