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Omnilogismes « Sagas »

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Les constellations du Zodiaque (7) : La Vierge
Par Domitille | Le 20/02/2010 à 00:00:00

La constellation de la Vierge

La constellation de la Vierge est la sixième du zodiaque. C'est un vaste amas d'étoiles, visible durant tout le mois de juillet au début de la nuit. Sa taille très importante la rend souvent difficile à repérer.

Selon la mythologie grecque, elle représenterait Astrée – la déesse de la justice – fille de Zeus et Thémis. Durant l'âge d'or, elle vivait parmi les humains, répandant justice et vertu. Mais peu à peu les guerres et les crimes envahirent la vie des hommes et l'humanité, de plus en plus corrompue, entra dans l'âge de Bronze.
Astrée, chassée des villes puis des campagnes, quitta la Terre pour s'en retourner chez les dieux. Zeus la plaça alors parmi les étoiles sous la forme de la constellation de la Vierge.

Selon d'autres légendes, cette constellation représenterait Isis allaitant Horus (chez les Égyptiens) ou bien Déméter, la déesse grecque des moissons, voire même Isthar une déesse babylonienne.

Un jugement tranché
Par Lagile | Le 18/02/2010 à 00:00:00

Si vous avez, parmi vos nombreuses qualités(1) l'impartialité et que vos amis font régulièrement appel à vous pour trancher, peut-être êtes-vous un lointain descendant de Salomon. Oui, parfaitement, vous m'avez bien lu : un descendant du roi d'Israël(2) !
Reprenons cette expression du « jugement de Salomon », que vous avez très certainement déjà entendue – je vous rappelle que vous êtes censé être impartial ! – à votre propos. D'où vient-elle, peut-on l'utiliser sans restriction – ah, l'éternelle question des droits d'auteur –, bref : comment s'en servir ?

Remontons quelques siècles en arrière : vous voilà au IXe siècle avant J.-C., en Israël. Pour corser un peu le jeu, imaginons que vous êtes le roi de ce pays. Pour l'instant, pas trop difficile : vous menez la grande vie, les peuples autour de vous sont unifiés grâce à votre sagesse, bref, tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles. Là, deux prostituées arrivent – à l'époque, cela était autorisé – et viennent vous demander quelques instants pour trancher une épineuse question. En effet, ces femmes ont accouchées récemment dans une même maison, chacune donnant naissance à un enfant en pleine forme. Le problème ? L'une prétend que l'autre, en dormant, aurait écrasé son bébé et plutôt que d'assumer son geste, aurait échangé les deux rejetons, lui donnant le nouveau-né décédé. Ne reconnaissant pas son enfant au lever du jour, une dispute entre les deux aurait éclaté, les menant devant le roi – c'est-à-dire vous – pour les départager. La question est donc : qu'auriez-vous fait ?
Reprenons le véritable cours de l'histoire, plutôt que d'imaginer ce pauvre homme jouant à « am stram gram… ». Salomon, ayant quelques notions sur les instincts maternels, demande à un de ses gardes de s'approcher. Il ordonne à l'homme de couper en deux l'enfant qui est en vie et d'en donner la moitié à chacune. L'une s'oppose immédiatement à cette décision, préférant laisser l'enfant en vie à sa rivale que de le voir mourir ; tandis que l'autre se réjouit de ce choix « judicieux ». Le roi sait alors qui est la véritable mère, au grand étonnement de tous. Il se penche vers la première femme et lui confie le nourrisson.

Du coup, il est plutôt flatteur de se faire décerner le titre de Salomon quand vous résolvez astucieusement un conflit, n'est-ce pas ?


  1. (1) Première règle : toujours flatter son lectorat, surtout les lecteurs d'Omnilogie !
  2. (2) Même si rapprocher une qualité morale d'un quelconque bagage génétique est relativement aberrant…
La guillotine
Par christophetd | Le 15/02/2010 à 00:00:00

La guillotine(3) est une machine autrefois utilisée pour mener à bien des exécutions. Le principe est simple : une lame est suspendue à une corde, reposant à la verticale de la tête du condamné. Au moment voulu, le bourreau lâche la corde et la lame tombe d'une hauteur d'environ deux mètres, tranchant net la tête sur laquelle elle tombait et la laissant tomber dans un panier qui se trouvait au-dessous.
Une guillotine

L'inventeur de cette machine de mort est Antoine Louis (d'où son deuxième nom, la louisette).
En 1789, le docteur Joseph Guillotin présente un projet de réforme du droit pénal visant à exécuter tous les condamnés de la même façon – le moins douloureusement possible – à l'aide d'une machine mécanique : la future guillotine. Ce n'est en effet pas le cas à l'époque : les nobles étaient décapités à l'épée, les roturiers (personnes non nobles) à la hache, les régicides (assassins royaux) écartelés et les hérétiques brûlés sur un bûcher. Quant aux voleurs, ils étaient roués ou pendus…
Le projet sera accepté et le nom de Guillotin donné à l'instrument, malgré les protestations que le docteur émettra jusqu'à sa mort en 1814.


  1. (3) Également appelée louisette.
Psychiatre, psychologue, psychanalyste et psychothérapeute
Par Lagile | Le 13/02/2010 à 00:00:00

Depuis que Freud(4) – oui, celui qui parle du complexe d'Œdipe – est passé par là, nous assistons à un véritable boom des psychanalystes, psychologues, psychothérapeutes et autres psycho-quelque-chose.
Alors dans cette accumulation de profession, sauriez-vous dire qui est qui ?

  • Commençons avec le psychiatre. Docteur en médecine, il s'est spécialisé après six ans de longues et douloureuses études(5). Il est apte, après ses cinq ans de spécialisation, à suivre des malades psychiatriques et à prescrire des médicaments comme tout médecin. On le retrouve plutôt dans le domaine des maladies lourdes, comme la schizophrénie ou la maniaco-dépression, mais vous le croiserez peut-être dans les hôpitaux psychiatriques et les prisons, où il a également un rôle d'écoute.
    Socialement, le psychiatre a un avantage indéniable : étant médecin, ses consultations sont remboursées par la Sécurité sociale, ce qui permet à tous d'être suivi sans se soucier du coût de la prise en charge.

  • Le psychologue n'a pas de formation aussi longue que celle de son homologue médecin, mais il a quand même fait cinq ans d'études en psychologie (certains vont même jusqu'à huit ! ). Ce sont ceux que l'on rencontre le plus souvent, car il existe plusieurs spécialités(6) qui « répondent » à des besoins plus ciblés. Les rendez-vous se font en face à face, comme pour le psychiatre, même si l'on distingue différents types d'entretiens(7) :

    • L'entretien directif : là, pas le choix, le psychologue vous pose des questions ouvertes (impossible d'éluder d'un simple « oui » ou « non » ! ) auxquelles vous répondez. Ici, c'est plutôt sur les épaules du praticien que repose l'entretien.
    • L'entretien semi-directif : vous êtes un peu plus libre. Cette fois, vous décidez avec le psy de quels sujets vous allez parler et il vous écoute, posant des questions pour guider votre récit. C'est vous qui menez la discussion, mais le psychologue vous relancera s'il voit que vous n'abordez pas certains thèmes.
    • Enfin, l'entretien non directif est celui où l'on décide d'un « thème », qui peut être aussi bien votre famille que votre anatidæphobie. Cette fois, vous choisissez le sujet qui vous tient à cœur et le psy vous laisse parler en tentant de comprendre pourquoi vous réagissez ainsi devant une telle situation. Bref, il fait preuve d'empathie.
  • Nous en arrivons au psychanalyste. C'est un cas particulier, ni médecin, ni étudiant. Mais qu'est-il alors ‽ Eh bien… on devient psychanalyste avec, comme unique condition, d'avoir suivi une psychanalyse qui a réussi. Du coup, si ça vous tente, il faut passer devant une commission chargée de savoir si vous avez réussi à comprendre les réels motifs de votre comportement, et donc à écouter les gens. En effet, en psychanalyse, le praticien se place derrière vous pour ne pas interférer avec vos propos(8) et les interpréter sans être « parasité ». Autant dire que si vous cherchez le dialogue, il vaut mieux abandonner le psychanalyste !
  • Dernière profession, le psychothérapeute. Là, c'est encore un cran « en-dessous » du psychanalyste, car tout le monde peut s'installer avec une plaque annonçant « psychothérapeute », le nom n'étant pas déposé et aucune étude ne permettant son obtention. Mais la loi – du moins en France – devrait prochainement changer afin de réglementer l'apparition du « psychothérapeute », qui, pour l'instant, représente des réalités assez diverses : on passe aussi bien du psychiatre ayant tiré des leçons d'authentiques psychologues au caissier du supermarché du coin qui s'y connaît autant dans le domaine que moi en biologie moléculaire (comprendre : pas du tout) ! Bref, pour le moment, mis à part conseiller la prudence et se renseigner sur les capacités de votre psychothérapeute, rien de plus à ajouter.

Après ce petit tour d'horizon des quelques déclinaisons du psykhế (l'esprit ou l'âme, selon les traductions) n'ayez plus le mauvais goût d'« insulter » un étudiant en le traitant de « psychothérapeute » !


  1. (4) Enfin lui, c'est plutôt la partie psychanalyse, pour la psychiatrie en elle-même, voyez plutôt Charcot et d'Esquirol.
  2. (5) Ne cherchez pas à rencontrer d'étudiants de médecine en première année : ils vivent reclus, ne voient plus la lumière du jour et ont même oublié le sens du mot « repos » !
  3. (6) Le psychologue clinicien, mais également le psychologue scolaire, celui qui sera spécialisé en neuropsychologie, la psychologie communautaire, etc.
  4. (7) Du moins, pour la psychologie dite clinique, l'une des plus courantes.
  5. (8) La méthode a été créée sous Freud et est reprise par les analystes de nos jours.
Un article pour les bleus
Par victor | Le 11/02/2010 à 00:00:00

Vous avez sans doute entendu (ou même dit) que quelqu'un était un « bleu » dans le sens de novice. On l'a même peut-être déjà utilisé pour vous qualifier, ce qui ne serait pas franchement un compliment… Mais d'où vient cette expression ?
Un bleu est une personne nouvellement arrivée dans une organisation telle que l'armée, la police, N.C.I.S, etc.

Comme beaucoup d'expressions de la langue française, plusieurs hypothèses sur sa provenance ont été échafaudées :

  • À une époque où les uniformes de l'armée étaient blancs, il fut décidé de les changer, car ces derniers étaient trop facilement salis. Ainsi, les nouveaux arrivants étaient reconnaissables grâce à leur tenue bleue ;
  • Cette appellation pourrait aussi nous venir du XIXe siècle, époque à laquelle les nouveaux soldats entrant à la caserne arrivaient vêtus d'une blouse bleue ;
  • La dernière hypothèse (et sûrement la plus intéressante) date de la guerre de 14-18 : les uniformes français étaient toujours sales à cause de la boue présente dans les tranchées. Les nouveaux soldats qui rejoignaient le front avaient quant à eux des uniformes impeccablement propres… et bleus.
Manchot ou pingouin ?
Par victor | Le 04/02/2010 à 00:00:00

Une grande question vous a sûrement déjà traversée l'esprit : quelle est la différence entre un manchot et un pingouin ?

Vous séchez ? Pourtant, il y en a au moins deux bien notables !

  • Pingouin

    Les pingouins vivent dans l'hémisphère nord et ils peuvent voler.
    Le mot pingouin date de la fin du XVIe siècle. Plusieurs hypothèses coexistent sur l'origine de ce mot :

    • Du latin pinguis qui signifie « gras » ;
    • du gallois pen gwyn signifiant « tête blanche » (9) ;
    • d'une altération de l'anglais pin-wing (littéralement « ailes-aiguilles ») en référence à ses ailes rudimentaires.
  • Manchots

    Les manchots, eux, vivent dans l'hémisphère sud et ils ne peuvent pas voler (mais leurs ''ailes'' leurs permettent de nager).
    L'étymologie est plus sûre : manchot vient du latin mancus, ce qui signifie « manquer ». C'est Buffon qui leur appliqua ce terme car leurs ailes ne leur permettent pas de voler.


  1. (9) Le Grand Pingouin a une petite tâche blanche au niveau des yeux.
Lorsqu'un comte devient un conte…
Par Dijkschneier | Le 03/02/2010 à 00:00:00

Souvent, même si l'on est accoutumé au verbe, il nous arrive de douter de la graphie d'un mot. La langue française est en effet inondée de glauques subtilités qui font tout autant son charme que sa complexité.
La confusion entre conte et comte est par contre très facile à éliminer :

  • Comte est un titre de noblesse situé entre le marquis et le baron ;
  • Le conte est un genre littéraire proche de la nouvelle.

Un moyen mnémotechnique simple est de se rappeler que le m de comte est aussi la première lettre de marquis, et que le n de conte constitue la première lettre de nouvelle.
Finalement, dirait-on « le comte de Dracula » ou « le conte de Dracula » ?

Sauna ou hammam ?
Par victor | Le 27/01/2010 à 00:00:00

On entend souvent parler de sauna et de hammam, mais quelle est la différence entre les deux ?

  • Le sauna est une petite cabane de bois ou une pièce dans laquelle on prend un bain de chaleur sèche, la température pouvant varier de 70 ℃ à 100 ℃. On s'y prélasse pour le bien-être et pour éliminer les toxines de l'organisme par transpiration.
    La pièce est chauffée via des pierres volcaniques qui gardent et diffusent bien la chaleur. Pour en augmenter l'intensité, on y jette de temps en temps de l'eau qui, au contact des pierres brûlantes, s'évapore instantanément.
    La pratique du sauna est une tradition sociale et familiale qui semble exister depuis plus de 2 000 ans en Scandinavie, mais aussi et surtout en Finlande.

  • Le hammam(10) est un bain de vapeur humide puisant ses origines dans les thermes romains. L'espace est souvent vaste, constitué de plusieurs salles toutes carrelées, à vapeur de températures variables (de 5 ℃ à 50 ℃) et où de fines gouttes d'eau ruissellent du plafond. La vapeur ainsi dégagée donne l'impression d'être dans un brouillard(11). Pour ces raisons, le hammam semble plus supportable à certains, mais en réalité l'humidité fait que l'on ressent beaucoup plus la chaleur car l'eau est un bien meilleur conducteur thermique que l'air.
    Dans certains pays comme le Maroc, le hammam se compose souvent de trois ou quatre chambres, la première à température ambiante, la deuxième un peu plus chaude, et ainsi de suite.

Il y a donc peu de différence entre sauna et hammam ; choisir entre l'un ou l'autre n'est en réalité qu'une question de goût et de tolérance.


  1. (10) Hammam signifie « eau chaude » en arabe.
  2. (11) Asthmatiques s'abstenir…
Passer l'arme à gauche
Par melepe | Le 26/01/2010 à 00:00:00

S'il vous est déjà arrivé de passer l'arme à gauche, félicitations : vous faites partie du groupe très select des personnes qui sont mortes et qui pourtant sont encore vivantes.
Vous l'aurez compris, passer l'arme à gauche signifie, plus prosaïquement, mourir. D'où peut bien nous provenir cette étrange expression ? Du militaire, vraisemblablement, mais plus précisément ? En fait, comme pour un bon nombre d'expressions, il existe plusieurs origines, dont voici la liste :

  1. Lors des funérailles militaires, les soldats passent leur arme sur le coté gauche et le canon vers le bas, en signe de deuil et de respect. Cependant, passer l'arme à gauche ne serait pas alors le fait du défunt lui-même, mais de ses compagnons. Il semblerait alors plus logique de dire « faire passer l'arme à gauche ».
  2. À l'époque napoléonienne, les soldats devaient recharger leur fusil en arrachant une cartouche contenant la balle, ce qui implique de prendre son fusil avec la main gauche. En même temps, il se redressait, et était donc plus susceptible de se faire toucher par le feu ennemi.
  3. En escrime, passer l'arme à gauche était synonyme d'arracher l'épée (ou le sabre, ou le fleuret) de son adversaire, le laissant ainsi désarmé et donc mort.
  4. Au Moyen Âge, lors d'une union, il était possible d'accoler sur le nouveau blason les deux blasons des deux familles. Les armes de l'époux étaient à droite, et celles de sa femme à gauche. Lorsque le mari venait à mourir, sa moitié déplaçait alors les armoiries de feu son amant sur le côté gauche. D'où l'expression, mais l'objection appliquée à la première hypothèse est également valable ici.
  5. Le château de Carcassonne était de son temps une véritable forteresse : les soldats désirant en prendre le contrôle arrivaient par un chemin qui plaçait les remparts du château sur leur côté droit. De là, les archers pouvaient s'en donner à cœur joie, les soldats portant toujours leur bouclier du côté gauche(12). Les soldats, pour peu qu'ils ne veuillent pas mourir, passaient donc leur bouclier sur le côté droit (et donc l'épée à gauche, vous suivez ? ), pour se protéger des flèches. Cependant, à force de progresser ainsi, ces soldats arrivaient sur les défenseurs, alors qu'ils avaient toujours leur arme à gauche. Étant moins adroits avec celle-ci que les défenseurs avec leur main droite, les attaquants se font donc en toute logique exterminer. Ainsi, passer l'arme à gauche devint synonyme de mourir. Peut-on malgré tout supposer que la particularité d'un château puisse produire une expression nationale ? À vous de juger.
  6. Enfin, il existe une dernière possibilité, qui repose elle aussi sur l'attaque des châteaux-forts. En effet, vous remarquerez que la majorité des donjons et autres tours médiévales possèdent des escaliers dans le sens horaire, avec un pilier central. L'assaillant, parvenu dans la forteresse, ne peut donc pas brandir son arme comme tout preux chevalier se doit de le faire(13). Alors, il décide de passer son épée dans la main gauche, et de continuer comme il l'a si bien fait jusqu'alors. Malheureusement pour lui, un défenseur de la cité l'attend à un endroit ou un autre de l'escalier, et lui peut garder son arme dans la main droite (car pour lui, le pilier central est à sa gauche). À un moment ou une autre, se passe alors l'inévitable rencontre et l'inévitable défaite de l'assaillant, ayant toujours son arme dans la main gauche. Ainsi, tous ceux qui auront passé l'arme à gauche seront autant de morts à l'issue de la bataille.

  1. (12) Et donc l'épée du côté droit, car ne l'oublions pas, à cette époque les gauchers étaient considérés comme des envoyés du démon.
  2. (13) Et par la même occasion massacrer tous ceux qui se présentent devant lui.
Les excentriques forestiers (2)
Par Fatalis | Le 23/01/2010 à 00:00:00
  • L'arbre à deux jambes

    En forêt, on aime à se promener, à randonner… Mais nous ne sommes pas seuls ! Des arbres comme celui-là se baladent également, de leurs grandes enjambées… Ce cas particulier provient d'une situation un peu spéciale : imaginons deux jeunes arbres de la même espèce, inclinés chacun dans un sens différent, formant une sorte de croix de Saint-André. Les troncs frottant, ils en viennent à se souder, de la même façon que dans les cas précédents. Mais cette forme n'est pas viable pour les deux arbres, et, rapidement, l'un d'eux va dépérir, au-dessus de la soudure, et tomber, pour finir par former cet « arbre marcheur »(14).

  • Grosse loupe

    Cet arbre-ci a l'air en bien mauvaise posture, avec cette énorme excroissance au milieu du tronc… En réalité il n'en est rien ! Cette déformation, nommée « loupe » n'est rien d'autre qu'un dérèglement du cambium (une couche de tissus située entre le bois et l'écorce), qui s'est mis à créer une prolifération tourbillonnaire de cellules, créant ainsi une grosse boule de bois (parfois déformée). Ce n'est donc en aucun cas le résultat d'une attaque de parasite ou de maladie, et ne présente aucun danger pour l'arbre(15). Les loupes sont assez courantes en forêt, et on peut également en trouver sur des grosses branches plutôt que sur le tronc.

  • Un arbre à bouées ?

    Et ce cas-ci, serait-ce un arbre collectionneur de loupes ? Les loupes, comme nous venons de le voir, sont les résultats d'un dérèglement du cambium, et il est donc peu probable qu'on les observe à tant d'endroits différents sur un même arbre… La cause de ce phénomène est, cette fois-ci, animale. En effet, nous avons ici l'œuvre du pic épeiche(16) : cet oiseau, qu'on peut entendre en forêt avec ses rafales de coups de bec sur les troncs, troue l'écorce afin de chercher les insectes qui se cachent derrière. Mais alors que sur les feuillus il n'en résulte que des trous, les résineux (Épicéas, Sapins, Pins et Mélèze) eux, afin de prévenir l'entrée de champignons par ces trous, forment ces bourrelets au niveau du trou. Ainsi, si le pic permet à l'arbre de se débarrasser des insectes, il avertit aussi les gardes forestiers que l'arbre en est infesté, ce qui n'est pas obligatoirement une bonne chose…


  1. (14) Notons au passage qu'il faut que les arbres soient jeunes pour que cela puisse se produire, ainsi ces arbres à deux pattes sont plus petits que le cas présenté, qui reste un phénomène rare.
  2. (15) Pas de son vivant en tout cas… Mais les arbres à loupe sont activement recherchés par les ébénistes, du fait des motifs se trouvant à l'intérieur.
  3. (16) Ou bien de l'un de ses cousins, le Bêche-bois ou le pic tridactyle au-dessus de 1 300 mètres.
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