Prochain omnilogisme : 17/03/2010 à 0:00
Arborescence entourante, tenant compte des renvois et des liens :
Pour un dé normal, vous le savez, la probabilité d'obtenir chacun des chiffres est la même : c'est l'équiprobabilité. Autrement dit, si on lance ce dé une infinité de fois, on obtiendra en moyenne autant de fois le chiffre 1 que le 2, le 3, le 4, le 5, ou le 6.
Seulement voilà : dans la plupart des jeux de dés, le gagnant est celui qui obtient le plus grand score, et il devient alors beaucoup plus intéressant de faire un 6 qu'un 1. L'Homme, fourbe mais ingénieuse créature, a trouvé un moyen de détourner les lois du hasard et de faire bouger les probabilités en sa faveur en créant le dé pipé.
Il y a différentes façons de piper un dé, la plus simple étant d'alourdir la face opposée à celle désirée(1), mais ce n'est pas le sujet de cet omnilogisme. La question serait plutôt de savoir pourquoi ces dés sont dits pipés ?
L'expression provient du langage de chasse d'autrefois. À l'époque, on attirait les oiseaux en imitant leur cri avec un pipeau (que l'on appelait alors pipe ou pipet) : cette méthode de chasse était connue sous le nom de « chasse à la pipée ». C'est donc très naturellement que le verbe piper à peu à peu pris le sens de tromper : tout d'abord tromper les oiseaux, puis le terme le terme s'est globalisé pour définir la tromperie au sens large. Des dés pipés sont donc des dés visant à tromper les autres joueurs.
En guise de conclusion rappelons que l'utilisation de tels dés est une tricherie et que le seul moyen légal de gagner est d'avoir de la chance (ou que Murphy s'occupe de vos adversaire).
Depuis que Freud(2) – oui, celui qui parle du complexe d'Œdipe – est passé par là, nous assistons à un véritable boom des psychanalystes, psychologues, psychothérapeutes et autres psycho-quelque-chose.
Alors dans cette accumulation de profession, sauriez-vous dire qui est qui ?
Commençons avec le psychiatre. Docteur en médecine, il s'est spécialisé après six ans de longues et douloureuses études(3). Il est apte, après ses cinq ans de spécialisation, à suivre des malades psychiatriques et à prescrire des médicaments comme tout médecin. On le retrouve plutôt dans le domaine des maladies lourdes, comme la schizophrénie ou la maniaco-dépression, mais vous le croiserez peut-être dans les hôpitaux psychiatriques et les prisons, où il a également un rôle d'écoute.
Socialement, le psychiatre a un avantage indéniable : étant médecin, ses consultations sont remboursées par la Sécurité sociale, ce qui permet à tous d'être suivi sans se soucier du coût de la prise en charge.
Le psychologue n'a pas de formation aussi longue que celle de son homologue médecin, mais il a quand même fait cinq ans d'études en psychologie (certains vont même jusqu'à huit ! ). Ce sont ceux que l'on rencontre le plus souvent, car il existe plusieurs spécialités(4) qui « répondent » à des besoins plus ciblés. Les rendez-vous se font en face à face, comme pour le psychiatre, même si l'on distingue différents types d'entretiens(5) :
comprendre les réels motifs de votre comportement, et donc à écouter les gens. En effet, en psychanalyse, le praticien se place derrière vous pour ne pas interférer avec vos propos(6) et les interpréter sans être « parasité ». Autant dire que si vous cherchez le dialogue, il vaut mieux abandonner le psychanalyste !
Après ce petit tour d'horizon des quelques déclinaisons du psykhế (l'esprit ou l'âme, selon les traductions) n'ayez plus le mauvais goût d'« insulter » un étudiant en le traitant de « psychothérapeute » !

Ils sont partout autour de nous, obligatoires dans les lieux recevant du public, bien utiles chez tous… Mais qui s'est déjà penché sur les indications qui figurent sur l'extincteur ? Il en existe plusieurs types, spécifiques aux différents types de feux. On fait certes confiance aux installateurs, qui ont la bonne idée d'affecter l'appareil adéquat à proximité du lieu d'utilisation (éventuelle et non souhaitée). Mais tout bon omnilogiste ne peut se passer de tout savoir sur les indications qui figurent sur l'appareil.
Et nous nous intéresserons ici aux indications normalisées qui figurent sur tout extincteur : une lettre, suivie d'un chiffre.
La lettre d'abord. Elle indique sur quel type de feu l'engin sera efficace :
Le chiffre ensuite. Mais là, ça devient plus technique… Il s'agit là de la mise en pratique d'une norme applicable à tout appareil, pour en quantifier le pouvoir d'extinction :
Voilà, vous savez tout sur l'extincteur… mais le plus sûr est de n'avoir à jamais s'en servir. Il n'est utile que sur les premières minutes d'incendie ; très rapidement, la chaleur et les émanations toxiques empêchent toute utilisation. Il faudra alors s'en remettre aux pompiers. Mais c'est une autre histoire !

Toujours est-il qu'après avoir lu cet article, même à l'étranger, vous saurez utiliser un extincteur !
Pour la plupart, nous avons déjà eu la désagréable expérience de boire la tasse, en particulier à la mer, et de sentir ce goût terriblement salé. Mais pourquoi donc y a-t-il du sel dans nos océans ‽

Il va nous falloir faire un bond de quatre milliards d'années en arrière, lors de la formation de la Terre. Notre belle atmosphère était alors composée principalement de vapeurs d'eau, de gaz carboniques, et d'autres gaz encore comme des composés du soufre.
Au bout de cent millions d'années, la Terre s'est refroidie, entraînant la condensation(8) de la vapeur d'eau dans l'atmosphère ; autrement dit il s'est mis à pleuvoir ! Mais pas n'importe quelle pluie, nous parlons ici de pluies acides. Car en précipitant, l'eau a entraîné d'autres gaz avec elle et la combinaison dioxyde de carbone/vapeur d'eau ou encore dioxyde de soufre/vapeur d'eau, a donné naissance aux pluies acides.
Mais le sel dans tout ça ? On y arrive justement ! Les pluies acides sont à l'origine de l'érosion(9) de la croûte terrestre, principalement des minéraux… comme le sel ! Des rivières et fleuves se sont donc créés, emportant le sel avec eux jusque dans les océans ou les lacs.
Mais la question n'est pas encore résolue ! Si on en restait là, on devrait penser que les fleuves et les lacs devraient être aussi salés que les océans, ce qui n'est pas le cas. C'est là qu'intervient un dernier facteur : l'évaporation. L'océan est un vaste stock de sel – bien plus qu'un petit lac – et il est soumis à une importante évaporation. Lors de cette transformation, ce sont uniquement les molécules d'eau qui sont touchées, le sel, lui, n'est pas concerné par le processus. Ceci explique l'augmentation de sa concentration, contrairement au niveau des eaux des océans qui eux restent « plus ou moins » constants.
Une grande question vous a sûrement déjà traversée l'esprit : quelle est la différence entre un manchot et un pingouin ?
Vous séchez ? Pourtant, il y en a au moins deux bien notables !

Les pingouins vivent dans l'hémisphère nord et ils peuvent voler.
Le mot pingouin date de la fin du XVIe siècle. Plusieurs hypothèses coexistent sur l'origine de ce mot :

Les manchots, eux, vivent dans l'hémisphère sud et ils ne peuvent pas voler (mais leurs ''ailes'' leurs permettent de nager).
L'étymologie est plus sûre : manchot vient du latin mancus, ce qui signifie « manquer ». C'est Buffon qui leur appliqua ce terme car leurs ailes ne leur permettent pas de voler.
Vous voilà en Chine ! En descendant de l'avion, vous arrivez dans le quatrième terminal de l'aéroport de Beijing(11), portant le chiffre cinq !
Mais… pourquoi cette omission du chiffre quatre ?
Pour tout dire, cette absence s'explique par la numérologie asiatique qui a une influence majeure dans la superstition chinoise. En effet, certains nombres sont signe de chance ou de malchance, car leur prononciation se rapproche d'un mot chinois.
Le quatre (sì en mandarin) est le chiffre le plus omis car il se rapproche de la prononciation de mort (sǐ), on l'évite donc le plus souvent possible. N'essayez jamais de trouver des références à ce chiffre dans les bâtiments(12) ; selon les Chinois, cela perturbe considérablement le feng shui, cet art de l'harmonisation de l'environnement, permettant de favoriser le bien-être, la prospérité et la santé de ses habitants.
Et voilà pourquoi il faudra éviter la prononciation de ce chiffre en mandarin.
Maintenant que vous avez fait la connaissance de la drosophile nous allons nous intéresser plus particulièrement aux mutations homéotiques. Celles-ci affectent les gènes homéotiques, souvent appelés gènes de structure car leur rôle consiste à placer les organes les uns par rapport aux autres.
« Allez mesdemoiselles approchez, n'ayez pas peur de montrer vos mutations ! »
Observez attentivement cette drosophile :

Non vous ne rêvez pas, suite à une mutation nommée antennapedia, cette mouche se retrouve avec des pattes à la place des antennes. Non seulement c'est inesthétique mais c'est surtout complètement anti-pratique.
« Drosophile suivante, veuillez avancer s'il vous plaît. »

Comme vous pouvez le constater, cette drosophile possède deux thorax. Cette anomalie peut être le résultat de deux mutations différentes. Pour la première, nommée bithorax, la partie antérieure du balancier a été remplacée par des ailes. Pour la seconde (postbithorax) la partie postérieure du troisième segment thoracique a été remplacée par une partie postérieure de second segment thoracique et le balancier a une fois encore été remplacé par des ailes. Encore une fois, cette mutation est néfaste d'un point de vue comportemental puisque la drosophile ne possède plus de balancier, nécessaire pour maintenir son équilibre en vol.
Ces deux mutations homéotiques sont les plus connues chez la drosophile, mais il en existe d'autres.
Vous l'aurez compris, les drosophiles nous présentent toutes sortes de mutations pour le plus grand bonheur des généticiens, et les scientifiques n'ont pas finis de s'amuser à les étudier. La prochaine fois, avant d'en écraser quelques unes sous prétexte qu'elles s'approchent un peu trop près de vos fruits, souvenez-vous de leur contribution au progrès scientifique !
Quelle est la définition d'une espèce ?
Eh bien, deux individus appartenant à une même espèce peuvent se reproduire
.
C'est juste ; mais cette définition est incomplète. En fait, la définition d'une espèce la plus couramment admise aujourd'hui est celle d'une population dont les individus peuvent se reproduire entre eux, et engendrer une descendance vivable et féconde
.
Y a-t-il vraiment loin de l'un à l'autre, vous direz-vous ? Eh bien, force est de le reconnaître, car il existe une multitude de cas d'espèces pouvant se reproduire entre elles.
Le mulet (et sa femelle la mule), petit d'un âne et d'une jument, en est l'exemple le plus populaire. Plus grand qu'un âne, plus petit qu'un cheval mais robuste comme lui, il a longtemps servi comme animal de trait et de bat. Le bardot est quant à lui le marmot d'un cheval et d'une ânesse.

Ces joyeux animaux sont ce que l'on appelle des hybrides : le croisement d'espèces différentes. Même si les accouplements menant à la création d'un hybride sont souvent provoqués artificiellement (ce qui crée de nombreux débats ! ), ils peuvent aussi se produire dans la nature.
La possibilité de ces reproductions s'explique par le génome très similaire des espèces du père et de la mère, et par leur étroite parenté à l'échelle de l'évolution.
Les hybrides les plus répandus sont, outre le mulet et le bardot, le zorse ou zébrule (zèbre + cheval), le tigron (tigre + lion) et le chabin ou mouchèvre (bélier + chèvre)(13).
Mais il existe une multitude d'autres croisements inter-espèces, plus ou moins bizarroïdes :
L'hybridation végétale est aussi tout à fait possible, et est fréquemment utilisée pour renforcer certaines espèces.
On l'aura vu, la barrière entre les espèces est difficile à définir… D'autant plus que les espèces hybrides ne sont pas toujours stériles, et peuvent même se reproduire avec des individus de leur espèce génitrice !
La génétique, un vrai casse-tête !

Vous les avez sans doute déjà aperçu, l'été, quand elles se font une joie de venir sur vos fruits ou dans vos confitures pour y pondre leurs œufs. Les drosophiles sont ces petites mouches de trois millimètres environ, appelées mouches à vinaigre, et dont on peine à se débarrasser.
Mais si elles sont une gêne pour la plupart des gens, pour les généticiens en revanche ce sont de véritables stars. En effet, comme elles sont faciles à élever et qu'elles se reproduisent assez rapidement, elles sont très utilisées pour la recherche génétique. Leur génome étant parfaitement connu, on peut par exemple s'en servir pour étudier le devenir d'un gène lors de croisements, etc.
Par ailleurs, toujours du fait de leur reproduction rapide, les chances d'observer des mutations sont beaucoup plus élevées. Eh oui, les mutations spontanées(14) ont beau être rares – du fait de leur caractère aléatoire – si on augmente le nombre d'individus et leur vitesse de reproduction, on a beaucoup plus de chance d'en observer.
Vous trouverez ci-dessus le parfait exemple d'une drosophile (normale). Observez-la bien pour pouvoir la comparer aux modèles présents dans le prochain omnilogisme.
En forêt, on aime à se promener, à randonner… Mais nous ne sommes pas seuls ! Des arbres comme celui-là se baladent également, de leurs grandes enjambées… Ce cas particulier provient d'une situation un peu spéciale : imaginons deux jeunes arbres de la même espèce, inclinés chacun dans un sens différent, formant une sorte de croix de Saint-André. Les troncs frottant, ils en viennent à se souder, de la même façon que dans les cas précédents. Mais cette forme n'est pas viable pour les deux arbres, et, rapidement, l'un d'eux va dépérir, au-dessus de la soudure, et tomber, pour finir par former cet « arbre marcheur »(15).
Cet arbre-ci a l'air en bien mauvaise posture, avec cette énorme excroissance au milieu du tronc… En réalité il n'en est rien ! Cette déformation, nommée « loupe » n'est rien d'autre qu'un dérèglement du cambium (une couche de tissus située entre le bois et l'écorce), qui s'est mis à créer une prolifération tourbillonnaire de cellules, créant ainsi une grosse boule de bois (parfois déformée). Ce n'est donc en aucun cas le résultat d'une attaque de parasite ou de maladie, et ne présente aucun danger pour l'arbre(16). Les loupes sont assez courantes en forêt, et on peut également en trouver sur des grosses branches plutôt que sur le tronc.
Et ce cas-ci, serait-ce un arbre collectionneur de loupes ? Les loupes, comme nous venons de le voir, sont les résultats d'un dérèglement du cambium, et il est donc peu probable qu'on les observe à tant d'endroits différents sur un même arbre… La cause de ce phénomène est, cette fois-ci, animale. En effet, nous avons ici l'œuvre du pic épeiche(17) : cet oiseau, qu'on peut entendre en forêt avec ses rafales de coups de bec sur les troncs, troue l'écorce afin de chercher les insectes qui se cachent derrière. Mais alors que sur les feuillus il n'en résulte que des trous, les résineux (Épicéas, Sapins, Pins et Mélèze) eux, afin de prévenir l'entrée de champignons par ces trous, forment ces bourrelets au niveau du trou. Ainsi, si le pic permet à l'arbre de se débarrasser des insectes, il avertit aussi les gardes forestiers que l'arbre en est infesté, ce qui n'est pas obligatoirement une bonne chose…