Prochain omnilogisme : 16/03/2010 à 0:00

Omnilogismes « Espace »

Arborescence entourante, tenant compte des renvois et des liens :

Au quotidien Transport Espace
Survivre dans l'espace sans combinaison
Par Neamar | Le 23/11/2009 à 00:00:00

Même si cela peut paraître une question tordue, la NASA s'est penchée sur le problème dans les années 60 : qu'arriverait-il si suite à une avarie dans un vaisseau ou une fuite dans une combinaison, un astronaute se retrouvait directement exposé à l'immensité glaciale de l'univers ?

La réponse n'est pas aussi intuitive que le laissent penser les films : on peut survivre dans l'espace sans équipement… sous certaines restrictions, et uniquement pour moins de deux minutes. Petit manuel pour ceux qui voudraient tenter l'expérience.

Tout d'abord, pensez à vider vos poumons avant de vous lancer dans le vide intersidéral : en effet, la pression dans l'espace est presque nulle, et les 6 L d'air contenus dans vos poumons vont avoir tendance à se faire la malle. Si vous tentez de retenir votre respiration, vous finirez avec les poumons déchirés, souffrant d'aéro-embolisme (de l'air dans le sang) et vous mourrez dans d'atroces souffrances. Merci d'avoir joué avec nous, réessayez.
Deuxième condition sine qua non pour tenter l'expérience : sautez du côté ombragé de votre vaisseau. Si vous étiez exposé au Soleil, la température dépasserait les 120 ℃, vous recevriez en
quelques secondes une dose impressionnante d'UV, de rayons X et de flux de protons. Encore une fois, try again.

Si vous réussissez donc à dépasser l'instinct qui vous pousse à prendre votre respiration, tout va pour le mieux… pour les 15 secondes à venir. En effet, en l'absence de pression, la réaction à l'intérieur des poumons est inversée : l'oxygène quitte le sang pour rejoindre l'air résiduel des alvéoles pulmonaires. En 15 secondes, c'est l'hypoxie : privé d'oxygène, votre cerveau active le mode “hibernation” : et c'est parti pour faire de beaux rêves… mais ne vous inquiétez pas, tout n'est pas perdu.
Avant d'aller sucrer les fraises, vous aurez peut-être le temps de sentir l'eau de votre langue bouillir : la thermodynamique nous informe que si la pression diminue, la température d'ébullition fait de même. Le corps humain étant composé à 70 % d'eau, une évaporation massive vous transformera rapidement en cocotte-minute !

Heureusement, si vous êtes repêché dans les 90 secondes qui suivent votre départ (car forcément, avant de sauter, vous avez pensé à la méthode de retour, c'est évident non ? ), vous ne souffrirez d'aucun dégât permanent. Mieux, votre respiration reprendra toute seule ! Certes, vous aurez quelques problèmes d'audition (le tympan est extrêmement sensible à la pression), de digestion (l'estomac est un tissu mou) et de vision, mais en quelques heures (quelques jours pour la vision) tout sera redevenu normal et votre cerveau ne conservera pas trace de son hypoxie. Attention, ceci n'est pas une raison pour vouloir retenter l'expérience !

Si malheureusement vous n'avez pas été prévoyant, les choses sont moins roses et ont plutôt tendance à se teinter de rouge.
Quelques minutes après votre perte de conscience, c'est le décès qui survient. Au choix, vous pourrez donc quitter cette Terre par asphyxie, ébullisme (sublimation de l'eau) ou par hémorragie interne généralisée : choisissez vite mais choisissez bien.

J'en vois déjà au fond qui gesticulent en hurlant : effectivement, je n'ai pas pris en compte le froid de l'espace. Mais ne vous inquiétez pas, cela ne change pas la donne !
Effectivement, puisque vous avez plongé du côté obscur, la température avoisine les -100 ℃ (-230 ℃ si vous êtes dans un lieu qui n'a jamais vu la lumière solaire, comme une caverne sur la Lune par exemple). Mais pas de panique ! En effet, le vide est un bon isolant (on fait des bouteilles de Thermos avec ! ) ; et il faudra plusieurs jours d'évacuation de chaleur par radiation avant de vous transformer en bloc de chair gelée. Le rhume ne fait donc pas partie des ennuis qui vous attendraient si un jour vous décidiez de vous « lancer »…

Les premiers pas sur la lune
Par victor | Le 18/09/2009 à 00:00:00

Les trois astronautes qui conquirent la Lune : Neil Armstrong (commandant), Michael Collins, Buzz Aldrin (pilote du module lunaire)

Après une phase propulsée sans incident les trois astronautes se placent en orbite basse autour de la Terre. Le train spatial Apollo (composé du troisième étage de la fusée Saturn, du Module de commande et de service (CSM) et du Module Lunaire (LEM) quitte l'orbite terrestre après y avoir stationné plus de deux heures conformément au planning.

Après un périple de près de trois jours, le vaisseau Apollo se place en orbite lunaire. Le module lunaire Eagle, après avoir réalisé treize révolutions autour de la Lune, se sépare du CSM désormais occupé par le seul Collins et entame sa descente vers le sol lunaire.
Le module lunaire se pose dans la Mer de la Tranquillité, site d'alunissage. Après une approche en pilotage manuel prolongée, le site prévu pour l'alunissage est dépassé de 7 km. Cette déviation intervient à la suite de problèmes rencontrés durant la descente : Neil Armstrong a été gêné par des alarmes de l'ordinateur de bord qui gère le pilote automatique et assure la navigation.

L'ordinateur(1), est saturé par des signaux en provenance du radar de rendez-vous ; conséquences d'une erreur de conception.

Submergé par les alarmes, Neil Armstrong laisse passer le moment où il aurait dû exécuter une manœuvre de correction de la trajectoire. Le LEM s'approchant d'un site encombré de rochers, Armstrong est contraint de prendre le contrôle manuel du module lunaire et de survoler à l'horizontale le terrain afin de trouver un site adapté à l'atterrissage, une manœuvre qui brûle les maigres réserves de carburant consacrées à l'alunissage(2). Neil Armstrong annonce alors « Houston, ici la base de la Tranquillité. L'Aigle a atterri ».

S'ensuit alors une longue checklist avant la sortie des astronautes ; puis vient la pose des combinaisons spatiales et la dépressurisation du LEM.
L'autonomie maximale des astronautes durant leurs sorties extra-véhiculaires est de 2h45, une limite imposée par les maigres réserves d'oxygène et d'énergie électrique dans les combinaisons spatiales. Armstrong effectue ses premiers pas sur la Lune le 21 juillet 1969 à 2h56 UTC devant des millions de téléspectateurs. En posant le pied sur le sol lunaire, l'astronaute lance son message resté célèbre : C'est un petit pas pour l'homme, mais un bond de géant pour l'humanité.
Buzz Aldrin le rejoint quinze minutes après.
Première mission des astronautes : recueillir des échantillons de roche lunaire afin qu'en cas de départ prématuré, les scientifiques à Terre puissent disposer d'éléments sur lesquels travailler. Les astronautes procèdent ensuite à l'installation des instruments scientifiques :

  • un réflecteur laser en aluminium. La perpendiculaire à ce réflecteur est orientée par les astronautes vers la Terre à 5° près et sera utilisée pour calculer la distance Terre-Lune depuis des observatoires terrestres ;
  • un sismomètre ;
  • et tout un tas d'objets scientifiques.

Les premiers pas sur la Lune

Les astronautes récoltent une vingtaine de kilogrammes d'échantillons de sol lunaire, font de nombreux films et photos du site d'atterrissage et plantent un drapeau américain.

Après 21 h 36 sur la Lune, le LEM rejoint le module de commande et de service resté en orbite lunaire avec Collins à bord, et trois jours plus tard le vaisseau Apollo amerrit dans le Pacifique après avoir bouclé sa mission d'une durée de 195h18.
Les astronautes sont récupérés par porte-avion, l'USS Hornet et mis en quarantaine pendant 21 jours (la durée pendant laquelle le sismomètre fonctionna sur la Lune). La quarantaine perdurera pendant les trois missions Apollo suivantes, la Lune étant ensuite déclarée stérile et sans danger de contamination.

Le 21 juillet 1969, la sonde soviétique Luna 15, qui devait aussi ramener des échantillons de Lune, s'écrase sur le sol lunaire après 52 révolutions autour de l'astre, témoignant de l'avance prise par les Américains dans la course à l'espace.


  1. (1) Qui embarque une puissance équivalente à celle d'une calculatrice de collège bas de gamme des années 2000 !
  2. (2) Une fois l'alunissage effectué, il ne restait plus que pour quinze secondes de carburant !
La conquête de la Lune
Par victor | Le 08/09/2009 à 00:00:00

Spoutnik, premier satellite artificel de la Terre

Il y plus de 50 ans, en pleine guerre froide la conquête de l'espace s'accélère : le 4 octobre 1957, l'URSS met en orbite le premier satellite artificiel de l'Histoire, Spoutnik 1(3). L'engin, d'un diamètre de 60 cm et d'un poids de 83,6 kilos, est mis en orbite par une fusée à une altitude de 900 km. Il accomplit une révolution de la Terre en 96 minutes, et son bip-bip va devenir familier à tous les hommes déclenchant ainsi la course pour la conquête de l'espace.

Elle se poursuivra avec le triomphe de Iouri Gagarine, qui, le 12 avril 1961 accomplit le tour de la Terre en 108 minutes à bord d'une fusée Vostok 1, à 327 km d'altitude.
C'est la première fois qu'un homme va dans l'espace : les Soviétiques pensent que ces deux exploits sont la preuve de la supériorité de leur doctrine politique.

Mais le président américain John Kennedy relève le défi et, le 25 mai 1961, dans un discours retentissant, il promet qu'un Américain marchera sur la lune avant la fin de la décennie.
Il lance ainsi le programme Apollo ; conçu pour déposer des hommes sur la Lune, et les ramener sur Terre sains et saufs.
Apollo 7 et 9 étaient des missions d'essai pour le module lunaire et le module de commande en orbite terrestre. Apollo 8 et 10 orbitèrent autour de la Lune et revinrent avec des photos de la surface.

Logo Apollo 11

Apollo 11 est la première mission spatiale à avoir conduit un homme sur la Lune. C'est la troisième mission habitée à avoir approché la Lune, après Apollo 8 et Apollo 10. Le 16 juillet 1969 à 13:32 UTC le lanceur Saturn V, pesant plus de 3 000 tonnes, décolle du complexe de lancement 39 de Cap Kennedy(4), en Floride, avec à son bord trois hommes : Neil Armstrong (commandant), Buzz Aldrin (pilote du module lunaire) et Michael Collins (pilote du module de commande).
Neil Armstrong et Buzz Aldrin seront les premiers hommes à marcher sur la lune, Michael Collins quant à lui devra rester aux commandes du module de commandement.
Leur épopée fera l'objet d'un prochain article


  1. (3) Le terme « Spoutnik » provenant du russe спутник signifiant « compagnon de voyage ».
  2. (4) Aujourd'hui renommé Cap Canaveral.
Le mythe de la grande muraille de Chine
Par Tanguy | Le 01/08/2009 à 00:00:00

La grande muraille de chine
Qui n'a pas déjà entendu parler du “mythe” de la grande muraille ? Vous savez, cette histoire qui dit que « la grande muraille est la seule production humaine visible depuis l'espace ». Eh bien, c'est faux !

Il s'agit en fait d'une rumeur urbaine, aussi célèbre que celle du suicide en masse des lemmings ou du crocodile dans les égouts.

L'œil humain distingue bien sûr mieux les objets longs que les courts : la grande muraille de Chine serait donc une bonne candidate pour être visible depuis la Lune. Mais un individu doté d'une vision parfaite peut distinguer à l'œil nu un détail d'une minute d'arc(5) : la grande muraille faisant six mètres de largeur n'est donc pas visible au-delà de vingt kilomètres d'altitude(6). Si l'on prend en compte son ombre, on atteindra peut-être soixante kilomètres, ce qui reste beaucoup trop bas pour un satellite.

Neil Armstrong, de la mission Apollo 11 qui s'est posée sur la Lune, a pu le vérifier ; Jim Lowell d'Apollo 8 et 13 l'a confirmé.
Des photos prises par des sondes spatiales montrent que la direction de la muraille est parfois repérée par des vents de sable qu'elle dévie, mais qu'elle est elle-même invisible.

Fin d'une légende.

D'autres productions humaines en revanche sont visibles depuis l'espace. Les villes très éclairées sont facilement visibles la nuit et les polders hollandais semblent être les plus grandes structures à ce jour.


  1. (5) Une minute d'arc : un soixantième d'un degré, soit \frac{1}{360 \times 60} = 0.04% d'un cercle.
  2. (6) Pour un objet situé à la distance d, les plus petits détails discernables sont de la taille 2\pi\frac{d}{360\times60}. Pour des détails de 6 mètres, on trouve d=20\,626m \simeq 20km.
In event of moon disaster
Par Jogo | Le 29/04/2009 à 00:00:00

One small step for man, one giant leap for mankind(7).

— Neil Armstrong

Cette phrase traduisant le succès de la conquête lunaire est bien connue de tous. Neil Armstrong et Buzz Aldrin ont effectivement réussi à marcher sur la Lune, et à revenir sur Terre en tant que héros.

Cependant, pendant que ces mots faisaient le tour de la planète, d'autres moins connus étaient en cours d'écriture par Bill Safire, rédacteur des discours du Président Nixon.
« In event of Moon Disaster » aurait été le discours que la Terre entière aurait entendu si les deux cosmonautes n'avaient pas été capables de rejoindre Michael Collins dans la station Apollo 11 en orbite autour de la lune.
Ce court discours relate la tragédie de deux hommes destinés à une mort effroyable (et inédite), sacrifiés au nom des essais, et du rêve qu'a l'Homme d'explorer l'Espace.

Les phrases fortes de ce discours sont, entre autres :

  • Fate has ordained that the men who went to the Moon to explore in peace will stay on the moon to rest in peace(8) ;
  • Neil Armstrong and Edwin Aldrin know that there is no hope for their recovery but they also know that there is hope for mankind in their sacrifice(9) ;
  • In their exploration, they stirred the people of the world to feel as one ; in their sacrifice, they bind more tightly the brotherhood of man(10).

  1. (7) Un petit pas pour l'Homme, un pas de géant pour l'Humanité
  2. (8) Le destin a voulu que les hommes qui sont allés explorer la Lune en paix, y restent pour y reposer en paix.
  3. (9) Neil Armstrong et Edwin Aldrin savent qu'il n'y a aucun espoir de salut, mais ils savent également que leur sacrifice est porteur d'espoir pour l'humanité.
  4. (10) Grâce à leur périple, les peuples de la Terre ont conscience de leur unité, par leur sacrifice, ils renforcent la fraternité entre les hommes.
Trois mois d'isolement pour Mars
Par Anthony | Le 08/04/2009 à 00:00:00

Six hommes, quatre Russes, un Allemand et un Français, se sont laissés enfermer mardi 31 mars 2009 dans un simulateur de vaisseau spatial à Moscou, dans ce que l'on pourrait appeler un « loft scientifique ». Il s'agit en fait d'une expérience inédite destinée à préparer la première expédition humaine vers Mars qui s'effectuera vraisemblablement vers les 2030.

Les six personnes vont passer 105 jours dans quatre modules cylindriques simulant un vaisseau spatial. Le but n'est pas de simuler les effets de l'apesanteur ou du rayonnement cosmique mais d'étudier les conséquences physiologiques de l'absence prolongée d'alternance jour-nuit, les effets de l'isolement sur la régulation hormonale et le système immuni­taire. Les psychologues étudieront le comportement des cobayes humains 24 heures sur 24 grâce aux nombreuses caméras installées à bord.

Dans un an, une deuxième simulation se déroulera sur 520 jours – près d'un an et demi ! –, le temps réel d'un aller-retour Terre-Mars. L'objectif sera alors de tester la résistance physique et psychologique des spationautes à l'isolement.
Affaire à suivre.