Prochain omnilogisme : 16/03/2010 à 0:00
Arborescence entourante, tenant compte des renvois et des liens :
Les prophéties divines sont connues pour leur caractère obscur et Crésus en fit lui aussi les frais.

Crésus était roi de Lydie (en Asie Mineure) au VIe siècle avant J. -C, connu pour sa puissance mais aussi pour ses richesses(1).
Grand conquérant, il alla un jour à Delphes consulter la Pythie, oracle d'Apollon, pour savoir s'il serait vainqueur d'une guerre qui l'opposerait aux Perses. L'oracle répondit : « Si Crésus traverse l'Halys(2), il détruira un grand empire ». Confiant, Crésus partit donc en guerre pensant réduire en cendres le royaume Perse. Mais contrairement à toute attente, l'armée lydienne fut vaincue et Crésus fait prisonnier.
Convaincu qu'Apollon s'était trompé, Crésus envoya un messager pour protester contre la Pythie. À son retour, le messager annonça à son souverain ce qu'on lui avait dit à Delphes : la Pythie ne s'était pas trompée et la prophétie s'était bien réalisée : Crésus avait mal interprété les paroles de l'oracle. Oui, un grand empire avait été détruit… Ce n'était pas la chute de l'empire perse, mais bien celle de son propre empire que Crésus avait entraînée !
Conclusion ? Les dieux ne mentent jamais, seule l'interprétation des prophéties est mauvaise…
Si vous avez, parmi vos nombreuses qualités(3) l'impartialité et que vos amis font régulièrement appel à vous pour trancher, peut-être êtes-vous un lointain descendant de Salomon. Oui, parfaitement, vous m'avez bien lu : un descendant du roi d'Israël(4) !
Reprenons cette expression du « jugement de Salomon », que vous avez très certainement déjà entendue – je vous rappelle que vous êtes censé être impartial ! – à votre propos. D'où vient-elle, peut-on l'utiliser sans restriction – ah, l'éternelle question des droits d'auteur –, bref : comment s'en servir ?
Remontons quelques siècles en arrière : vous voilà au IXe siècle avant J.-C., en Israël. Pour corser un peu le jeu, imaginons que vous êtes le roi de ce pays. Pour l'instant, pas trop difficile : vous menez la grande vie, les peuples autour de vous sont unifiés grâce à votre sagesse, bref, tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles
. Là, deux prostituées arrivent – à l'époque, cela était autorisé – et viennent vous demander quelques instants pour trancher une épineuse question. En effet, ces femmes ont accouchées récemment dans une même maison, chacune donnant naissance à un enfant en pleine forme. Le problème ? L'une prétend que l'autre, en dormant, aurait écrasé son bébé et plutôt que d'assumer son geste, aurait échangé les deux rejetons, lui donnant le nouveau-né décédé. Ne reconnaissant pas son enfant au lever du jour, une dispute entre les deux aurait éclaté, les menant devant le roi – c'est-à-dire vous – pour les départager. La question est donc : qu'auriez-vous fait ?
Reprenons le véritable cours de l'histoire, plutôt que d'imaginer ce pauvre homme jouant à « am stram gram… ». Salomon, ayant quelques notions sur les instincts maternels, demande à un de ses gardes de s'approcher. Il ordonne à l'homme de couper en deux l'enfant qui est en vie
et d'en donner la moitié à chacune
. L'une s'oppose immédiatement à cette décision, préférant laisser l'enfant en vie à sa rivale que de le voir mourir ; tandis que l'autre se réjouit de ce choix « judicieux ». Le roi sait alors qui est la véritable mère, au grand étonnement de tous. Il se penche vers la première femme et lui confie le nourrisson.
Du coup, il est plutôt flatteur de se faire décerner le titre de Salomon quand vous résolvez astucieusement un conflit, n'est-ce pas ?
Effectuons, si vous le voulez bien, un voyage dans le passé pour en revenir à vos dix-onze ans : vous voilà sur le banc de votre classe, en CM2(5). Pas de chance, aujourd'hui est un jour d'interrogation d'histoire… Vous n'aviez pas révisé ? Tant pis, vous lisez le sujet bon gré mal gré et vous remplissez votre copie grâce à vos souvenirs de l'époque.
Quelques jours plus tard, votre institutrice vous rend les devoirs. Le vôtre n'est pas fameux, c'est à peine si vous avez plus de cinq réponses justes. En regardant vos erreurs, vous vous apercevez que l'on vous a injustement refusé les points de la question : Combien la France a-t-elle connu d'empereurs depuis la Révolution Française de 1789 ? Quelles ont été les dates de règne de ces empereurs ?
Mais ça n'est pas normal ‽ J'avais pourtant bien mis les deux empereurs, Napoléon Ier et Napoléon III !
Certes… Mais ce « trou » entre les deux monarques ne vous a-t-il jamais choqué ? Pourquoi sommes-nous passés du I au III, sans transition ? Pourtant, il y a bel et bien eu un Napoléon II ; et qui plus est, il a été officiellement proclamé empereur deux fois.

Cet empereur méconnu est en fait le fils de Napoléon Bonaparte (le premier, donc) et de Marie-Louise d'Autriche(6), né le 20 mars 1811. Après la Campagne de France où il est vaincu, Napoléon Ier abdique et donne ses pouvoirs à son fils, le 4 avril 1814. Cependant, il est forcé par la sixième Coalition de les lui retirer le 6 avril 1814 : le règne de Napoléon II n'aura duré que deux jours.
Malgré tout, comme vous le savez plus probablement, Napoléon n'a alors pas dit son dernier mot : de l'île d'Elbe où il a été exilé, il revient en France, fonde de nouveau un Empire et rend à son fils, l'Aiglon, son titre de prince impérial, ce qui de nouveau le propulse Empereur lors de l'abdication de son père le 22 juin 1815 : Ma vie politique est terminée, et je proclame mon fils, sous le titre de Napoléon II, empereur des Français.
Cependant, exilé en Autriche à cette époque-là, Napoléon II n'aura peut-être jamais été au courant de ce retournement de situation, puisque ce second règne prend fin quelques semaines plus tard, avec l'arrivée de Louis XVIII à Paris et au pouvoir.
Il vécut ainsi le restant de sa vie dans le château royal autrichien, jusqu'à sa mort suite à une tuberculose en 1832 ; il est ensuite enterré en Autriche.
Fin de l'histoire, donc ? Eh bien non, car si un jour l'envie vous prend de visiter les tombeaux de l'hôtel des Invalides, vous verrez celui de Napoléon II : ses restes ont été déposés à cet endroit lors de l'occupation, sur ordre d'Hitler.
Au fait, pour en revenir à l'interrogation, vous rappeliez-vous des dates de règne de Napoléon Ier et de Napoléon III ? Elles étaient respectivement du 2 décembre 1804 au 4 avril 1814 et du 20 mars 1815 au 22 juin 1815 pour Napoléon Ier, et du 2 décembre 1852 au 2 septembre 1870 pour Napoléon III. Vous aviez bon ?
Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord traversa au cours de sa carrière cinq régimes politiques successifs, ce qui lui vaudra le surnom amplement mérité de « prince de bien au vent ».
Fils aîné de grande noblesse française déchu de son droit d'aînesse à cause de son pied-bot, l'individu devient évêque d'Autun et est élu député du clergé aux États-Généraux en 1789.
Il signe la Constitution Française de 1791(7), et propose (et applique) la confiscation des biens du clergé (première incohérence dans l'histoire rocambolesque du personnage).
Anticipant la Terreur, il s'exile en Angleterre puis retourne en France en 1796, et un an plus tard le voilà déjà nommé ministre des Relations Extérieures du Directoire.
En 1799, il contribue au coup d'état du 18 brumaire, ce qui le met dans les bonnes grâces de Bonaparte qui le confirme alors dans son rôle de ministre des Affaires Extérieures. Il prend du grade en 1804 et devient grand Chambellan, puis est fait prince de Bénévent (petite principauté prise au Pape ; du beau pour un ancien évêque ! ) en 1806.
Mais une nouvelle fois, Talleyrand sent qu'il est temps de changer de barque : il est persuadé que la France ne résistera pas au reste de l'Europe coalisée, et particulièrement aux Autrichiens. Il rentre donc en contact secret avec le Tsar et lui conseille de refuser les propositions d'alliance de Napoléon pour se rapprocher plutôt des Autrichiens, tandis qu'il prépare avec Fouché et Murat la succession de Napoléon Ier.
Apprenant la trahison, Napoléon convoque quelques grands noms du royaume ainsi que Fouché et l'omniprésent Talleyrand. Prenant à parti l'intrigant, l'Empereur craque et finit par l'insulter ouvertement : vous êtes de la merde dans un bas de soie !
Déchu dès le lendemain de ses fonctions, Talleyrand conserve cependant sa place au Conseil, et traite ouvertement avec l'Autriche.
En 1814, sentant à nouveau le vent tourner dans la direction qu'il avait prévu, Talleyrand se rapproche des Bourbons. Après la chute de Napoléon, il est donc nommé ministre des Affaires Étrangères (c'est une lubie chez lui) par… Louis XVIII, qui semble lui pardonner.
Il continue de jongler avec les puissants jusqu'en 1834 où un ras-le-bol généralisé finit par le forcer à démissionner de ses fonctions.
Les incessants revirements de cette incarnation de l'Ancien Régime traversant cette période violente et mouvementée de l'histoire de France tout en restant dans les hautes sphères du pouvoir agacent évidemment ses contemporains, qui ne sont pas tendres avec le diable boiteux
, tel François-René de Chateaubriand :
Tout à coup une porte s'ouvre : entre silencieusement le vice appuyé sur le bras du crime, M. de Talleyrand marchant soutenu par M. Fouché.
La loi est l'expression de la volonté générale. […] Elle doit être la même pour tous, soit qu'elle protège, soit qu'elle punisse.
C'est notre Raïs à nous : c'est monsieur René Coty. Un grand homme, il marquera l'Histoire. Il aime les Cochinchinois, les Malgaches, les Sénégalais, les Marocains… c'est donc ton ami. Ce sera ton porte-bonheur.

Outre son apparition(8) remarquée dans OSS 117, René Coty ne marqua pas l'Histoire(9). Il ne fut pas un président très remarqué en son temps et fut vite oublié après sa mort. Son élection comme dernier(10) président de la IVe République Française en décembre 1953 le prouve.
René Coty n'était d'ailleurs pas lui-même candidat. Mais pour la première fois, on assista en France à une élection qui n'était pas rapide : celle-ci ne comporta pas moins de 13 tours ! En effet, selon la constitution de l'époque, il fallait obtenir la majorité absolue pour pouvoir être élu.
Cette élection vit les candidats initiaux se retirer au profit d'autres membres de leur parti. René Coty fit son apparition dans le scrutin au douzième tour et manqua une première fois la présidence de douze voix avant d'être largement élu au treizième tour.
Néanmoins, si le président Coty ne fit rien de grandiose, il était très aimé du peuple. Il fut aussi l'un des acteurs de l'avènement du Général de Gaulle au pouvoir.
Les méthodes de Gandhi ont eu des échos dans le monde entier. Grâce aux médias, grâce à ses livres traduits en de nombreuses langues, et surtout grâce au cinéma : le film Gandhi réalisé par Richard Attenborought en 1982 a fait découvrir cet homme au grand public. Dans le monde entier, des leaders prennent exemple sur le Mahatma. Voici les plus illustres de ses héritiers :
Martin Luther King (USA) : c'est par un boycott que ce jeune pasteur noir américain se fait connaître en 1955. Il pousse la population noire de Montgomery en Alabama à ne plus utiliser les bus. Le but : protester contre l'arrestation d'une femme (11), qui s'est assise sur une place de bus réservée aux Blancs. Les États-Unis sont à l'époque une société ségrégationiste où noirs et blancs vivent séparés. Le boycott est payant : un an plus tard la cour suprême des USA déclare illégale la ségrégation dans les bus de Montgomery. Martin Luther King a gagné le prix Nobel de la paix en 1964, il sera assassiné quatre ans plus tard. On retiendra toujours les paroles de son discours prononcé a Washington le 28 août 1963 sur les marches du Lincoln mémorial : « I have a dream » (j'ai fait un rêve).

Aung San Suu Kyi (Birmanie) : À l'automne 2007, une ombre plane au dessus des manifestations en Birmanie. Celle d'Aung San Suu Kyi, une grande admiratrice de Gandhi, qui a grandi aux cotés de la famille de Nehru, compagnon de lute du Mahatma. Elle s'est engagée en 1988, dans des manifestations non violentes pour réclamer une vraie démocratie.
En effet, la Birmanie vit sous une dictature militaire depuis 1962. En résistant pacifiquement aux attaques sournoises et violentes de l'armée, Aung San Suu Kyi a attiré l'attention du monde entier sur son pays et obtenu le prix Nobel de la paix en 1991. À la suite des manifestations de septembre 2007, elle appelle au dialogue avec les militaires, ce qui semble s'esquisser, notamment grâce à l'intervention de l'ONU.

Vàclav Havel (Tchécoslovaquie) : en 1989, la Tchécoslovaquie connaît une série de manifestations non violentes. Elles visent à protester contre les communistes qui tiennent le pays depuis 1948. Après quelques semaines, le régime s'effondre sans effusion de sang. C'est « la révolution de Velours », qui accouchera d'une vraie démocratie.
Le leader de ces manifestations le dramaturge Vàclav Havel, s'opposait depuis 1977 aux chefs communistes grâce à une organisation de défense des droits de l'homme, la charte 77. Havel sera ensuite élu président de la république.
Chico Mendès (Brésil) : Au Brésil, les collecteurs de caoutchouc ont leur héros pacifique : Chico Mendès. Ce Brésilien lutte pour la défense de leurs droits contre les grands propriétaires terriens qui les expulsent et détruisent la forêt amazonienne depuis les années 1960. Mendès organise une résistance non violente, « l'empate » : les collecteurs se dressent sans armes face aux sbires des grands propriétaires. Malheureusement Mendès est assassiné en 1988 par de grands propriétaires gênés par ses projets de défense de l'environnement. Sa mort, au lieu d'étouffer son combat, en fera un martyr aux yeux du monde et entraînera la création d'une réserve naturelle en Amazonie – une victoire Posthume.
Je continue ma série animalière en vous parlant aujourd'hui de l'œuf de Colomb. Je vous vois venir, prêts à me demander « Christophe Colomb était donc une poule ‽ ». Je peux donc vous affirmer, en exclusivité mondiale : non, ce cher navigateur était un être humain comme vous et moi. Et maintenant, je vais vous expliquer pourquoi, ça pourrait être utile, non ?
Comme tout le monde le sait, en 1492… on, enfin, Christophe, découvre l'Amérique. Il est reconnu comme l'un des meilleurs navigateurs de son temps, mais hélas ! Cela ne dure pas. En effet, cette découverte provoque l'envie et la plupart des gens cherche à diminuer le mérite de cet homme. « Il n'est pas si malin que ça, il suffit juste d'y penser » ! Eh oui, il suffit d'y penser…
Un jour où notre ami se retrouve invité chez un Grand d'Espagne, des personnes tiennent des propos semblables en sa présence. Il demande donc à ce qu'on lui apporte un œuf. Sur le coup, tout le monde le prend pour un imbécile, pourquoi aurait-il besoin de ça après un tel repas ? Eh bien, l'énigme qu'il propose est très simple : « Lequel d'entre vous sera capable de faire tenir cet œuf sur l'une de ses extrémités ? ». Évidemment, tout le monde essaie, persuadé que ça y est, le navigateur perd la tête et que la résolution sera aisée. Manque de pot, l'œuf revient vers Colomb, personne n'ayant trouvé le moyen de parvenir à le faire tenir en équilibre.
Là, il aplatit légèrement la coquille et pose l'œuf : il tenait debout ! Il aurait donc dit, en guise de conclusion « C'est bien facile, en effet, mais il fallait y penser. »

Cette fameuse coquille symbolise une solution facile, évidente une fois qu'on la connaît, mais à laquelle on n'aurait pas pensé – ou alors, bien trop tard. Vous pourrez donc vous exclamer devant la prochaine énigme qui vous paraît insurmontable et dont on vous montre la solution que « c'est un œuf de Colomb ton truc ! ».
Malgré les aspects spectaculaires et remarquables des actions non violentes de Gandhi, ses méthodes n'ont pas toujours été efficaces et le Mahatma a aussi connu des échecs.
En 1942, il demande aux Britanniques de quitter l'Inde dans les plus brefs délais. Mais il est jeté en prison le lendemain, bien plus rapidement que prévu. Son erreur ? Avoir mal choisi la date de son « ultimatum », car à la même période, les troupes Japonaises marchent sur l'Inde : il n'est pas question de parler d'indépendance dans ces conditions.
En 1932 il avait déjà connu la prison, cette fois pour avoir voulu agir en faveur des intouchables. Mais la masse des Indiens méprisant ces gens hors castes(12), refusa de le suivre.
Moralité ? La non violence ne fonctionne que si la majorité s'accorde sur un objectif commun.
Mais son plus gros échec a été de ne pas pouvoir réunir durablement les adeptes de l'islam et de l'hindouisme, les deux grandes religions indiennes. Et il ne pourra rien faire pour stopper la séparation sanglante de l'Inde, la plupart des régions à majorité musulmanes choisissant de fonder leur propre état (le Pakistan).
Ce dernier échec sera à l'origine de sa mort : Gandhi est assassiné en Janvier 1948 par un extrémiste hindou, Nutharam Godse, qui lui reproche de défendre davantage le musulmans que les hindous. Et notamment de faire la grève de la faim pour leurs droits : Godse considère alors Gandhi comme un traître…
La « grande Âme » a réussi à vaincre un empire étranger mais pas a venir à bout des divisions de son peuple, prouvant encore une fois la justesse du proverbe affirmant que nul n'est prophète en son pays
.
L'Inde est une société organisée en castes, des groupes très fermés auxquels chaque Indien est rattaché dès sa naissance. La caste la plus élevée est celle des brahmanes (les prêtres notamment). La plus basse est celle des sudras (les serviteurs).
Les intouchables n'appartiennent à aucune caste et sont considérés de ce fait comme inférieurs à tous les autres.
Bien plus connu par ses citations que par ses actes, Patrice de Mac Mahon (sans trait d'union, le « Mac » venant de ses origines irlandaises), fut le troisième président de la Troisième République Française, du 24 Mai 1873 au 30 Janvier 1879.

Mais avant d'être président, il a surtout été militaire, issu de l'école militaire de Saint-Cyr, et œuvrant surtout en Algérie, mais participant également à la Guerre de Crimée(13).
C'est durant cette guerre qu'il se fait remarquer, en 1855, lors de la bataille de Sébastopol, où il aurait lancé un retentissant J'y suis, j'y reste
, après avoir été averti qu'une bombe risquait d'exploser dans la place qu'il venait de prendre.
Cependant, cette glorieuse citation a été démentie par la suite, par Mac Mahon lui-même : Je ne crois pas avoir donné à ma pensée cette forme lapidaire : je ne fais jamais de mots
Et en effet, on peut se permettre de penser que dans son esprit si bien organisé pour la guerre il n'y avait guère de place pour les discours, ainsi que peuvent le prouver quelques autres citations, qui brillent par leur absence de sens.
Ainsi, alors qu'il officiait encore à Saint-Cyr et qu'il inspectait les troupes, il eut devant un soldat noir de peau la réflexion qui nous reste encore aujourd'hui : C'est vous le nègre ? c'est bien, continuez !
Il faut préciser, pour que cette citation ne reste pas en preuve de l'incapacité à parler de notre sujet, que « nègre » était à l'époque un mot d'usage pour désigner le meilleur élément de cette promotion (et qu'il s'agissait en l'occurrence dudit soldat). Le « continuez » ne s'appliquerait donc non pas à la couleur de peau, mais aux actions.
Une autre anecdote, encore plus connue celle-là, fait état que durant le 26 Juin 1875, lors d'inondations de la Garonne, Mac Mahon s'étant rendu aux environs de Toulouse, il se serait exclamé : Que d'eau, que d'eau !
Finalement, on peut dire que Mac Mahon est de nos jours plus connu pour ses citations (qui, il faut bien le dire, manquaient parfois d'esprit) que par ses actes, ces derniers n'étant pourtant pas inexistants, comme en attestent les nombreuses récompenses qu'il reçut au long de sa vie (médailles d'honneur de France, de Grande-Bretagne, de Prusse… )
Ce que l'on appelle le chiffrement de César est probablement l'un des plus anciens codages au monde (et plus certainement l'un des plus simples qui soient), dans la mesure où Jules César lui-même l'aurait utilisé (décidément, ce Jules est partout en ce moment).

Aussi appelé chiffrement par décalage, il consiste simplement en une permutation de chaque lettre par une autre, par translation d'un certain nombre de positions dans l'alphabet (toujours dans le même sens bien sûr). Si l'on fait un décalage à droite de trois positions du mot CESAR, cela donne FHVDU (car C + 3 = F dans l'alphabet).
Ce chiffrement par substitution est donc une simple permutation circulaire de l'alphabet qui peut s'exprimer à l'aide d'une congruence sur les entiers. Prenons l'entier n comme clé de cryptage(14) :
Ce système de cryptage symétrique a pour inconvénient d'être particulièrement simple à casser, une soustraction permettant de remonter à la lettre substituée. Afin de connaitre la clé de cryptage, il suffit d'une petite étude statistique. En effet, certaines lettres sont plus fréquentes que d'autres : en français par exemple, c'est la lettre « e » qui revient le plus souvent. Ainsi, la lettre étant la plus fréquente dans le message à décoder peut correspondre au « e ». Il ne reste plus ensuite qu'à décrypter le reste du message.