Prochain omnilogisme : 16/03/2010 à 0:00
Arborescence entourante, tenant compte des renvois et des liens :
Le genre des noms communs donne beaucoup de fil à retordre aux étrangers désireux d'apprendre la langue française. Après tout, pourquoi dit-on une chaise, un tabouret, et non un chaise et une tabouret ? Pour les francophones, le genre des noms peut apparaître comme une évidence… quoique !
Certains mots changent de sens selon leur genre (masculin ou féminin). On pense par exemple à un page et une page ou encore un voile et une voile. Il s'agit donc de deux mots homonymes(1) (et plus exactement à la fois homophones(2) et homographes(3)) de sens différents.
D'autres ont changé de genre à l'usage. C'est le cas par exemple d'après-midi dont beaucoup hésitent encore sur le genre – et pour cause. À l'origine après-midi était exclusivement masculin, puis il s'est féminisé à l'usage. Si vous ouvrez un dictionnaire moderne, vous le verrez donc décrit comme « nom masculin, féminin à l'usage ».
Augmentons à présent la difficulté. Pourriez-vous me donner le genre du mot amour ? Facile me dit-on au premier rang : c'est masculin, on dit « tu es un amour ». Non renchérit-on juste derrière : c'est féminin, d'ailleurs ne dit-on pas « mes premières amours » ?
Les deux réponses sont à la fois vraies et fausses. Amour est un mot qu'on pourrait qualifier d'« hermaphrodite »(4). Au singulier il est masculin, et il se féminise au pluriel (cette règle est valable uniquement lorsque amour signifie relation amoureuse ; vous pouvez aussi rencontrer ce mot au féminin singulier dans un langage très soutenu).
Mais amour n'est pas le seul « hermaphrodite ». Quelqu'un en connaît-il un autre ? Eh bien le nom délice a aussi cette particularité. Facile, il suffisait de lire le titre de l'omnilogisme… Cette fois la règle est simple, claire et sans ambigüité : délice est masculin au singulier et féminin au pluriel et ce quelque soit son sens ou le niveau de langue utilisé.
Pour finir en musique, voici le troisième et dernier bisexué : orgue. L'écrivain français Georges Courteline expliquait que pour ne pas parler français comme un cochon
il fallait dire « cet orgue est le plus beau des plus belles ».
Orgue est donc masculin au singulier et féminin au pluriel mais cette règle à aussi ses conditions : le pluriel doit désigner un unique instrument (on parlera par exemple « des grandes orgues d'une cathédrale »). À l'inverse le mot restera masculin dans le cas de plusieurs instruments et on dira ainsi que « l'atelier est rempli d'orgues anciens ».
À ceux qui oseront dire que la grammaire française est tordue, je répondrai que ce sont ces subtilités qui lui confèrent sa beauté. Et puis avouez que cette petite particularité d'amour, délice et orgue vous permettra d'impressionner très facilement votre entourage !
Souvent, même si l'on est accoutumé au verbe, il nous arrive de douter de la graphie d'un mot. La langue française est en effet inondée de glauques subtilités qui font tout autant son charme que sa complexité.
La confusion entre conte et comte est par contre très facile à éliminer :
Un moyen mnémotechnique simple est de se rappeler que le m de comte est aussi la première lettre de marquis, et que le n de conte constitue la première lettre de nouvelle.
Finalement, dirait-on « le comte de Dracula » ou « le conte de Dracula » ?
Quelle est la définition d'une espèce ?
Eh bien, deux individus appartenant à une même espèce peuvent se reproduire
.
C'est juste ; mais cette définition est incomplète. En fait, la définition d'une espèce la plus couramment admise aujourd'hui est celle d'une population dont les individus peuvent se reproduire entre eux, et engendrer une descendance vivable et féconde
.
Y a-t-il vraiment loin de l'un à l'autre, vous direz-vous ? Eh bien, force est de le reconnaître, car il existe une multitude de cas d'espèces pouvant se reproduire entre elles.
Le mulet (et sa femelle la mule), petit d'un âne et d'une jument, en est l'exemple le plus populaire. Plus grand qu'un âne, plus petit qu'un cheval mais robuste comme lui, il a longtemps servi comme animal de trait et de bat. Le bardot est quant à lui le marmot d'un cheval et d'une ânesse.

Ces joyeux animaux sont ce que l'on appelle des hybrides : le croisement d'espèces différentes. Même si les accouplements menant à la création d'un hybride sont souvent provoqués artificiellement (ce qui crée de nombreux débats ! ), ils peuvent aussi se produire dans la nature.
La possibilité de ces reproductions s'explique par le génome très similaire des espèces du père et de la mère, et par leur étroite parenté à l'échelle de l'évolution.
Les hybrides les plus répandus sont, outre le mulet et le bardot, le zorse ou zébrule (zèbre + cheval), le tigron (tigre + lion) et le chabin ou mouchèvre (bélier + chèvre)(5).
Mais il existe une multitude d'autres croisements inter-espèces, plus ou moins bizarroïdes :
L'hybridation végétale est aussi tout à fait possible, et est fréquemment utilisée pour renforcer certaines espèces.
On l'aura vu, la barrière entre les espèces est difficile à définir… D'autant plus que les espèces hybrides ne sont pas toujours stériles, et peuvent même se reproduire avec des individus de leur espèce génitrice !
La génétique, un vrai casse-tête !
Ah, les joies du français et de ses termes spécifiques pour désigner des notions spécifiques ! Du coup, on se retrouve avec plusieurs mots qui désignent des idées très proches, comme « anthropomorphisme », « personnification » et « allégorie »… Mais alors, comment s'en sort-on pour définir avec précision un concept ?
L'allégorie est la moins pénible des trois : c'est une figure de style qui désigne la représentation d'une idée abstraite par quelque chose de « concret » : par exemple, on représente souvent la Mort par un squelette encapuchonné tenant une faux dans la main(6). Sinon, en France, on a aussi une sympathique allégorie de la République : Marianne. Eh oui, la femme la plus célèbre de France symbolise quand même la Révolution et la liberté promise par cette dernière !
Mais revenons-en à nos moutons, et maintenant que le cas le plus simple a été abordé, parlons donc de la personnification. Je pourrais jouer au dictionnaire et vous dire qu'il s'agit l'action de personnifier
(7), mais cela ne vous avancerait pas énormément. Définissons donc : la personnification est sensiblement la même chose que l'allégorie ; sauf qu'elle permet également d'attribuer des propriétés humaines à un objet ou à un animal, qui va donc agir ensuite, comme n'importe quel humain normal(8). La « chose » personnifiée peut parler, agir et écouter ce qu'on a à lui dire. Par exemple, avez-vous déjà réellement entendu des branches hurler à cause du vent ou des volets gémir pour la même raison ? Non ? C'est plutôt rassurant, vu que ces deux verbes font référence à des attitudes humaines… Enfin, si cela vous arrive un jour, prévenez-nous !
La subtile nuance entre l'allégorie et la personnification, selon Patrick Bacry (un linguiste français), serait que l'allégorie est toujours universelle, tandis que la personnification s'applique dans une situation donnée pour un temps assez bref.
Mais si la personnification permet de donner des attitudes humaines à des animaux ou des objets, à quoi peut donc servir l'anthropomorphisme ‽
À l'origine, ce terme vient du latin ecclésiastique(9) anthropomorphita, qui signifie « hérétique qui attribuait à Dieu la forme humaine » : nous serions donc en présence d'une figure de style pour divinité à apparence humanoïde. Par extension (et aussi par narcissisme), l'anthropomorphisme désigne aussi un mécanisme qui ressemble à un homme, comme les robots.
« Et sa ressemblance avec la personnification alors ? » vous demandez-vous, avec raison. Eh bien, on peut aussi attribuer des réactions humaines à tout ce qui ne l'est pas : si votre vieille voisine parle avec ses chats comme avec le facteur, vous avez un bon exemple d'anthropomorphisme !
Au final, on peut avoir du mal à distinguer certaines notions les unes des autres, mais si vous vous rappelez des exemples qui ne peuvent pas s'appliquer à deux mots, vous pouvez vous en sortir et impressionner votre entourage en étalant votre savoir lors des repas de famille traditionnels en cette saison !
Sauriez-vous différencier détergent, décapant, désinfectant, abrasif, agglutinant et solvant ?
Pas facile ? Et pourtant, je suppose que tous le monde sait qu'il s'agit de produits pour « nettoyer »…
Saviez-vous qu'avant d'utiliser ces différents produits il faut réfléchir à quel type de salissure on a affaire ‽ Car oui, l'entretien des locaux fait travailler les méninges(10) !
S'agit-il d'une souillure adhérente sur une surface en acier inoxydable, d'un sol de cuisine entartré, de sucre sur un plan de travail pour pâtisserie, de graisse carbonisée sur une plaque vitrocéramique, de poussière non adhérente sur un meuble, de microorganismes sur un plan de travail, ou de vaisselle ?
Avant de répondre à toutes ces interrogations, il convient de différencier deux types de propretés :
Selon la propreté que vous désirez, vous aurez à utiliser les produits suivants :
Et maintenant que vous savez tout cela, à vos éponges !
Il est un terme qui revient régulièrement dans nombre d'articles de presse, mais dont les subtilités ne sont pas forcément connues de tous : la prescription pénale.

Mais qu'est-ce donc que cette notion là ?
Vous savez sans doute que c'est l'idée selon laquelle, après un certain laps de temps, il n'est plus possible de poursuivre une infraction pénale. Mais développons un peu.
La raison même de la notion tout d'abord : au fil de la construction du Droit Pénal Général(12) (l'élaboration des règles du droit) est apparue l'idée que le temps passant après une infraction doit amener à l'oubli si l'auteur n'a pas été identifié. Le trouble à l'ordre public est présumé avoir disparu, et l'auteur est présumé s'être amendé, d'autant qu'il n'a pas commis de nouveau fait (… ou qu'il n'a pas été identifié ! ) depuis.
Le détail maintenant. Il convient de préciser selon deux types de notions :

Quid de son effet ? La prescription a un effet absolu : les poursuites ne sont plus possibles. Totalement et sans autre forme de recours. L'assassin pourra passer des aveux complets, il ne sera pas jugé et ne pourra pas l'être. Elle court à partir de la cessation d'effet (si l'infraction dure dans le temps : par exemple la dernière injection de poison si elle s'est faite en plusieurs fois). Seul élément dont il faut tenir compte, le délai de prescription court à partir du dernier acte de la procédure, ce qui diffère sensiblement de la date des faits. S'il n'y en a presque aucun pour une contravention, on en trouve nettement plus pour une affaire criminelle qui ne sera « classée sans suite » que un, deux voire trois ans d'enquête après la date des faits eux-mêmes, après des investigations infructueuses retardant d'autant la prescription. Et cela quand bien même le délinquant ne soulèverait pas cette notion (et demanderait à être jugé) : elle est dite « d'ordre public » ; le Juge doit la retenir de lui-même et ne peut y faire exception.
Fidèle lecteur d'omnilogismes qui a déjà lu quelqu'article relatif au droit sur le site, il ne vous a pas échappé que traditionnellement en droit, tout principe souffre quelques exceptions… et c'est aussi le cas pour la prescription.
En matière de presse, en application de la loi de 1881, la prescription pour les faits de diffamation et autres infractions associées est de trois mois. On estime là que le préjudice s'estompe beaucoup plus rapidement(14).
En matière de viol sur mineur(e) – et tout crime ou délit sur mineur(e), la prescription ne court qu'à partir de la majorité de la victime.
Le crime contre l'humanité n'est quant à lui pas prescriptible ; mais c'est le seul.
Bon, cela dit, plutôt que d'avoir à l'invoquer, le plus simple est encore de ne pas faire de bêtise !
Fantastique et merveilleux sont des mots aujourd'hui courants dans notre langue française. Souvent parés d'un caractère mélioratif, ces adjectifs désignent quelque chose qui remplit d'allégresse, tout en étant empreint de surprise, de surnaturel.
Il convient de distinguer ces deux termes aux origines bien différentes :
Le merveilleux trouve son origine dans la tradition orale : les différents mythes et légendes, les grandes épopées. Le surnaturel s'y pose comme l'ordre normal des choses. Ces mondes merveilleux où s'affrontent chevaliers et dragons et pullulent lutins et sorcières, sont le cadre typique des contes de fées. Le merveilleux est bien sûr apparenté à la magie.
Les récits merveilleux sont des œuvres d'imagination. Ils ne contiennent généralement pas de volonté réaliste et le lecteur est glissé dans un monde surnaturel tout… naturellement. Ce caractère irréaliste lié au fait que les trames de ces récits opposent souvent des « gentils » et des « méchants » confère souvent aux œuvres imaginaires un caractère enfantin, voire simpliste. Les contes merveilleux du XVIIe siècle comme le Petit Poucet ou le pas bien plus grand Chaperon Rouge avaient d'ailleurs une volonté didactique, éducative (gare aux grands méchants loups ! ), tout en gardant un côté attractif voire ludique.
Le merveilleux a depuis parcouru beaucoup de chemin, que ce soit dans la littérature, le cinéma, la bande dessinée ou la peinture (ou du moins les arts graphiques), et est à l'origine de divers genres narratifs comme la science-fiction ou la fantasy (à ne pas confondre avec fantastique, on s'embrouille déjà assez comme ça ! ), et il n'est plus forcément synonyme d'enfance et d'innocence. Mais ceci est une autre histoire…
Le fantastique est lui un genre littéraire (et par extension cinématographique). Comme pour tout genre, on ne peut pas définir son origine avec précision ; toutefois il semble se développer au XVIIIe siècle : le romantisme (notamment allemand) et le roman gothique s'intéressent aux thèmes de l'irrationnel et de l'angoisse, du doute et du rêve : Goethe, Edgar Allan Poe sont autant d'explorateurs de ce nouveau genre mystique.
Ces auteurs seront les inspirateurs de nombreux écrivains dans le monde entier, mêlant le thème du fantastique à celui de l'horreur : Stoker (Dracula ! ), Lovecraft (L'Appel de Cthulu), Stevenson (Dr Jekyll et Mr Hyde), Oscar Wilde…
Extrêmement vaste et divers, le fantastique est donc le genre de l'incertitude, du doute, de l'indécision. La limite entre réel et irréel y est très floue, et si les trames de ces romans ne sont pas forcément surnaturelles, nombre de faits restent inexplicables. C'est pourquoi le genre du fantastique entretient une relation étroite avec celui de l'horreur : Lovecraft en est un des exemples les plus marquants.
L'étude psychanalytique de textes fantastiques a conclu que la volonté de ces textes d'une inquiétante étrangeté voudraient révéler des choses que nous ne voulons pas voir : le sang, la mort, la nuit (l'expression de désirs sexuels pas très catholiques ? ).
Les intrigues fantastiques mettent souvent en action diverses créatures irrationnelles : vampires, loups-garous et autres monstres pas très attrayants.
Le fantastique a sans doute lui inspiré divers nouveaux genres comme la science-fiction, et de nombreux écrivains ou réalisateurs d'aujourd'hui : Stephen King, Tim Burton… et est de plus en plus présent dans la culture populaire actuelle.
Il y a des conversations de salon qui s'enveniment facilement. Un thème classique est en lien avec le repas servi : faut-il dire « Chouette des pâtes » ou bien « Chouette des nouilles » ?
La réponse est aussi simple que les boulangers sont tous des commerçants alors que les commerçants ne sont pas forcément tous boulangers (il existe aussi des bouchers…). Les nouilles sont en réalité une forme de pâtes.
La pâte est obtenue à partir de semoule de blé dur que l'on mélange à de l'eau. On y ajoute parfois un peu d'œuf. À partir de cette pâte et par des moyens mécaniques, on obtient une forme, un dessin ou une spécialité de pâtes extrudées ou poinçonnées. Il en existe des centaines dont les noms sont déposés jalousement par les grands fabricants de pâtes de notre planète.
Les plus petites pâtes sont utilisées en général dans les soupes, les longs rubans et les fils avec des sauces et enfin, les tubes et les formes fantaisistes dans des plats et des salades de pâtes. Certaines formes sont assez grandes pour être farcies et cuisinées, et d'autres comme les raviolis, le sont déjà.
Les pâtes sont normalement de couleur jaune ou blanche (en fonction de la qualité de semoule), mais on peut en trouver dans d'autres couleurs selon les ingrédients ajoutés (verte avec des épinards, rouge avec de la tomate, noire avec de l'encre de seiche…)..
Ouvrez vos placards et découvrez que vous avez toujours des pâtes, et parfois des nouilles, des spaghettis, des vermicelles, des papillons, des farfalles etc.
La bonne expression est donc « Chouette des pâtes ».
Cet article décrit les conventions utilisées à l'Imprimerie Nationale. Les règles qu'il édicte ne sont nullement obligatoires, juste un guide de style pour typographe éclairé.

« Deuxième ou second », telle est la question !
Le mot « deuxième » est employé lorsque l'énumération est susceptible de continuer (avec « troisième », « quatrième », « cinquième », etc. ).
Le deuxième point, la deuxième règle, le deuxième président, …
Le mot « second » lui, est employé uniquement lorsque l'énumération s'arrête à deux.
On parlera donc de seconde guerre mondiale (car à ce jour il n'y en a pas eu de troisième), du Second Empire, de la seconde mi-temps (car même s'il en existe une troisième, celle-ci n'est pas officielle ! ).
En français, les mots compte et conte sont des homophones(15). Dans notre langue, cette homophonie s'explique par la racine latine de ces deux mots : computare (qui signifie « compter »).
Néanmoins, ont retrouve cette correspondance phonique dans pratiquement toutes les langues :
En anglais,
En allemand,
En hébreu,
En chinois,
Comme ces langues ont des racines différentes, on peut facilement en conclure que les chiffres et les lettres sont unis depuis que l'homme a appris à parler.