Prochain omnilogisme : 13/03/2010 à 0:00

Omnilogismes « Christianisme »

Arborescence entourante, tenant compte des renvois et des liens :

Science Humaines Religion Monothéisme Christianisme
Les rois mages
Par louamel | Le 06/01/2010 à 00:00:00

Rois mages

Si je vous demande combien étaient les Rois mages, vous me répondrez évidemment trois ; et si je vous demande comment ils s'appelaient, vous me répondrez en chœur Gaspard, Melchior et Balthazar. Vrai ? Faux ! Vous êtes des incultes.

En effet, si on lit la Bible voici les seules informations disponibles sur ces étranges visiteurs :

Jésus étant né à Bethléem de Judée, aux temps du roi Hérode, voici que des mages venus d'Orient arrivèrent à Jérusalem et demandèrent : “Où est le roi des Juifs qui vient de naître ? Nous avons vu son astre à l'Orient et nous sommes venus lui rendre hommage.”

— Évangile selon Saint Matthieu

Comme on le voit, il est simplement question de mages venus d'Orient, leurs noms et leur nombre restant indéterminé. Enfin, il n'est jamais question de rois mais juste de mages !

Les noms traditionnels de Gaspard, Melchior et Balthazar apparaissent pour la première fois dans un manuscrit du VIe siècle, conservé à la Bibliothèque nationale de France et nommé Excerpta Latina Barbari(1) (« extraits latins d'un barbare »).

De plus, pour représenter l'universalité du christianisme, « on » a donné une nationalité à chacun des mages : ainsi, l'un est jaune, l'autre est blanc, et le dernier est noir car à l'époque, les continents les plus explorés étaient l'Asie, l'Afrique et l'Europe. Ce qui correspond aussi à la couleur des offrandes apportés par les mages bibliques : l'or, la myrrhe et l'encens.


  1. (1) À cette époque du règne d'Auguste, le 1er janvier les mages lui apportèrent des offrandes et l'adorèrent. Le nom des mages était Bithisarea, Melichior et Gathaspa. .
Pâques, c'est quand ?
Par moustache | Le 09/12/2009 à 00:00:00

On doit au célèbre mathématicien Allemand Carl Friedrich Gauss (1777-1855) la formule permettant de calculer le jour de Pâques. Cet évènement, au cœur même de la foi chrétienne, consiste à célébrer la résurrection du Christ. Il induit également, au travers des calendriers, de profiter de jours de congés plus ou moins bien mérités : le lundi de Pâques (le lendemain), le jeudi de l'Ascension (40 jours plus tard) et le lundi de Pentecôte (50 jours après).

Nous sommes nombreux à savoir exprimer correctement cette date. Pour les autres, je vous souffle : « Pâques est le premier dimanche après la pleine lune qui arrive ou qui suit le jour de l'équinoxe de printemps ».

Mais voilà, bien malin celui qui est capable de déterminer les futurs « ponts » à réaliser dans les années à venir, voire à les calculer dans des logiciels spécialisés utilisant des fonctions avancées de gestion d'agenda.

Alors, armez-vous de votre crayon de bois, de votre calculatrice, de votre tableur, en attendant que Neamar fournisse l'accès direct au résultat au travers d'une de ses applications dont il a le secret.

Suivez les étapes :

  1. Diviser l'année N par 19. Soit a le reste (Si N = 2010, a = 15).
  2. Diviser N par 4. Soit b le reste (b = 2).
  3. Diviser N par 7. Soit c le reste (c = 1).
  4. Calculer y = 19a + m.
    Vous trouverez ci-joint les valeurs de m jusqu'en 2 600.
    Soit d le reste de la division de y par 30 (y = 309, d = 9).

  5. Calculer z = 2b + 4c + 6d + n.
    Vous trouverez ci-joint les valeurs de n jusqu'en 2 600.
    Soit e le reste de la division de z par 7 (z = 67, e = 4).

  6. Soit n = d + e. Le nombre x de jours entre le 22 mars et Pâques est déterminé de la façon suivante(2) :

    • si n < 34 alors x = n ;
    • si n = 34 et d = 28 alors x = n - 7 ;
    • si n = 34 et d ≠ 28 alors x = n ;
    • si n= 35 alors x = n - 7.

Pour N = 2010, x = n = 13. En ajoutant 13 jours au 22 mars, on obtient bien le 4 avril, jour de Pâques en 2010.

N m n
Avant 4/10/1582 15 6
1582 à 1699 22 6
1700 à 1799 23 3
1800 à 1899 23 4
1900 à 2099 24 5
2100 à 2299 25 0
2300 à 2399 26 1
2400 à 2499 25 1
2 500 à 2 599 26 2

  1. (2) Il semblerait que Gauss se soit arrêté à cette étape 6, engendrant par-là même quelques erreurs (pour 1954 et 1981) corrigées par Marcel Simard.
Le crucifiement
Par Neamar | Le 07/09/2009 à 00:00:00

La crucifixion du Christ

Nous allons aujourd'hui relever un petit détail d'un supplice fort peu recommandable : le crucifiement(3).

La quasi-totalité des images nous montrent un Christ en croix, les clous plantés bien « proprement » au milieu de la paume – un imaginaire directement issu du Moyen Âge.

Pourtant, les condamnés n'étaient pas attachés ainsi à la croix : en effet, l'angle que fait le bras avec la croix force chaque clou à supporter non pas une moitié de masse humaine, mais une masse humaine complète. Et la chair tendre des paumes ne suffit pas à maintenir une telle masse : elle se déchire jusqu'à la commissure. Le condamné tombe alors, ce qui n'est pas forcément l'effet recherché !

L'espace de Destot

Alors, faut-il jeter toutes ces images ? Non : en fait, il suffit de décaler très légèrement le clou pour le planter dans l'espace de Destot (en bleu sur l'image). Cette zone, entourée d'os, peut supporter plusieurs masses humaines comme le prouvent certaines expériences macabres, et un bourreau expérimenté peut la localiser en quelques secondes.

Ultime raffinement : comme le montre l'image, le clou provoque une lésion du nerf médian (en jaune). Conséquence : le pouce se ramène automatiquement vers la paume(4). Malheureusement, la partie sensitive du nerf reste active : le supplicié ressentait donc une douleur fulgurante névralgique dans la main, le poignet et l'avant-bras. Pour avoir une idée, c'est la même douleur que la roulette du dentiste sur la pulpe dentaire – sans anesthésie, bien sûr.
La découverte d'un squelette de crucifié du Ie siècle vient confirmer cette théorie, apportant si besoin était la preuve que dans l'art de faire du mal à son prochain, l'homme n'a besoin de leçons de personne.


  1. (3) Le terme crucifixion étant réservé pour le supplice de Jésus de Nazareth, nous utiliserons donc le terme moins connu de crucifiement désignant le châtiment en général, tel qu'il fut infligé aux révoltés de Spartacus ou aux Chrétiens sous Néron.
  2. (4) Un argument utilisé pour justifier le fait que le Saint Suaire a bien contenu un crucifié, puisque seuls quatre doigts sont imprimés, le pouce étant replié ; détail inconnu des artistes du Moyen Âge.
Messe chez le roi Soleil
Par louamel | Le 01/07/2009 à 00:00:00

Ce soir-là, comme d'habitude, des centaines de dames de la cour du roi Soleil, à Versailles, prient dans la chapelle. Dans leur mains un cierge, sûrement pour honorer Dieu ! Soudain, le duc de Brissac fait son apparition : « Mesdames, le roi ne viendra pas prier ce soir ».

Voilà qui change tout : les femmes se lèvent, et sans même finir leur prière font un signe de croix bâclé et se ruent vers la sortie. Malgré les apparences, elles n'était pas là pour prier, mais uniquement pour se faire bien voir du pieux roi : c'est comme ça que l'on fonctionne à la cour du roi Soleil…
Les cierges qu'elle portent servent surtout à éclairer leurs visages, afin que le Roi puisse admirer leur ferveur religieuse : Louis XIV est en effet très croyant, et sa foi ne cessera d'augmenter avec son âge – toute la cour l'imitera, bien évidemment !

Cependant, ces dames ont bien tort de quitter la chapelle : le duc de Brissac voulait juste montrer au roi l'hypocrisie de ses sujets… et quand le monarque se présente à l'entrée de la chapelle, quelques minutes plus tard, il est stupéfait de la trouver presque déserte, alors qu'elle est d'habitude remplie !

Brissac lui révèlera vite ses machinations ; et fort heureusement le roi en rira. Car il aurait pu en coûter, à Brissac tout comme aux dames…

Le jardin de curé
Par Damien | Le 01/06/2009 à 00:00:00

Voici le retour des beaux jours, et avec eux le plaisir de la flânerie dans son jardin. Mais ces jardins sont si variés… quoi de commun entre les parcs du château de Versailles et un modeste jardin de curé ? Mais au fait, qu'est-ce donc qu'un « jardin de curé » ?
S'il ne nécessite pas une grande surface, se devant même plutôt d'être modeste et simple, il doit néanmoins répondre à un certain nombre de critères, d'ailleurs bien logiques…

Comme tout jardin, il se doit d'avoir à la base quelques fruits et légumes pour subvenir aux besoins alimentaires de la saison. Mais au-delà de ces nourritures terrestres, il convient aussi d'y trouver d'autres éléments.

Il y faut ainsi des fleurs pour embellir l'église à faible coût, dont impérativement des pieds de buis pour les Rameaux, une vigne pour le vin de messe – le cep étant par ailleurs un symbole fort qui revient très régulièrement dans le nouveau testament ; notamment dans St Jean – et des plantes médicinales, pour soigner les pauvres de la communauté.

Tout cela sans oublier un coin d'eau, symbole lui aussi tant présent dans la religion chrétienne, et qui permet plus prosaïquement aux oiseaux de se désaltérer…

Au final, le jardin de curé doit donc être composé des 7 éléments suivants :

  1. Des légumes et des fruits ;
  2. Des fleurs ;
  3. Des plantes officinales ;
  4. De la vigne, pour du vin de messe (dans la serre) ;
  5. De l'eau ;
  6. Du buis ;
  7. Une statue de la Sainte Vierge.

La tradition ne s'y est pas trompée, tant de plantes faisant d'ailleurs référence à ces notions : herbe de la Saint Jean, poires bon chrétien, fleurs de la Passion, …

En ce lundi de Pentecôte, pourquoi ne pas embellir votre jardin pour le faire ressembler à celui de monsieur le curé ?

Amen.

Le livre de Job
Par Neamar | Le 11/03/2009 à 00:00:00

Le livre de Job fait partie des Livres de l'Ancien Testament, et fait donc partie intégrante de la culture des trois principales religions monothéistes : le judaïsme, mais aussi le christianisme et l'islam (pour lesquels Job prend le nom d'Ayoub).

Job est un homme heureux et intègre, à qui tout sourit : il a sept fils et trois filles, de grandes richesses en chameaux et en serviteurs, ainsi qu'un nom renommé. Mais voilà que Satan affirme à Dieu qu'il ne peut y avoir d'amour humain désintéressé, et propose de mettre Job à l'épreuve. Dieu accepte, à condition qu'il ne touche pas à la personne de Job. Rapidement, les problèmes s'accumulent pour le pauvre Job, qui perd tous ses biens, le paroxysme étant atteint lorsqu'un serviteur lui annonce la mort de ses enfants. Malgré ces épreuves, Job reste fidèle à Dieu : « Nu je suis sorti du ventre de ma mère, et nu je retournerai dans le sein de la terre. Le Seigneur a donné, le Seigneur a repris, loué soit le Nom du Seigneur ».

Satan demande alors à Dieu la permission d'affliger directement Job, ce que Dieu accepte tant qu'il le laisse en vie. Job se voit alors frappé d'ulcère, et sa femme le pousse à « maudire Dieu et mourir ». Trois amis de Job, informés de ses malheurs, se présentent alors : ils seront les acteurs des discussions religieuses qui s'ensuivent. Pour résumer, ses amis, théologiens simplistes, estiment que si Job souffre, c'est parce qu'il a péché : selon eux, Dieu récompense le bien et punit le mal. Job reste convaincu qu'il n'a rien fait de mal, et refuse les explications de ses amis.

Enfin, la voix de Dieu “sort d'un nuage” : elle décrit la responsabilité d'être maitre du monde, et explique que tout n'est pas forcément conciliable ; la mort des uns profite aux autres, les malheurs de Job permettent à une autre famille de vivre heureuse… Plus, Dieu condamne les trois amis pour leur insistance à parler de façon erronée en son nom : il demande à Job de prier pour eux, et pour le récompenser de sa fidélité, il lui restaure au double sa fortune, lui donnant 10 enfants.

Le livre de Job pose de façon insistante la question « L'infortune résulte-t-elle toujours d'une punition divine ? », et sa réciproque : la fortune est-elle forcément une récompense apportée par Dieu ?
Le livre s'avère extrêmement compliqué à étudier, pouvant être lu de multiples façons, au point que certains l'appellent « l'un des livres les plus difficiles de la Bible ». Pour cette raison, il est rarement utilisé lors des offices religieux, même si de nombreux textes y font référence.