Prochain omnilogisme : 13/03/2010 à 0:00
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Les prophéties divines sont connues pour leur caractère obscur et Crésus en fit lui aussi les frais.

Crésus était roi de Lydie (en Asie Mineure) au VIe siècle avant J. -C, connu pour sa puissance mais aussi pour ses richesses(1).
Grand conquérant, il alla un jour à Delphes consulter la Pythie, oracle d'Apollon, pour savoir s'il serait vainqueur d'une guerre qui l'opposerait aux Perses. L'oracle répondit : « Si Crésus traverse l'Halys(2), il détruira un grand empire ». Confiant, Crésus partit donc en guerre pensant réduire en cendres le royaume Perse. Mais contrairement à toute attente, l'armée lydienne fut vaincue et Crésus fait prisonnier.
Convaincu qu'Apollon s'était trompé, Crésus envoya un messager pour protester contre la Pythie. À son retour, le messager annonça à son souverain ce qu'on lui avait dit à Delphes : la Pythie ne s'était pas trompée et la prophétie s'était bien réalisée : Crésus avait mal interprété les paroles de l'oracle. Oui, un grand empire avait été détruit… Ce n'était pas la chute de l'empire perse, mais bien celle de son propre empire que Crésus avait entraînée !
Conclusion ? Les dieux ne mentent jamais, seule l'interprétation des prophéties est mauvaise…
Que celles et ceux qui n'ont jamais voulu voler de leurs propres ailes – au sens propre j'entends – se fassent connaitre ! Personne ? Rien de surprenant à cela – il faut dire qu'à force de lire Peter Pan, voir des avions décoller tous les jours etc. il y a de quoi vouloir à son tour prendre un peu de hauteur. Mais quelques millénaires plus tôt, bien avant que Sir James Matthew Barrie ne popularise les E.V.N.I, il faut savoir qu'Icare avait déjà ouvert la voie.
Icare(3) était le fils de Dédale, l'architecte du fameux labyrinthe éponyme. Hélas, aider la fille de Minos n'a pas été la meilleure idée de Dédale : en effet, seul lui savait comment sortir de cet endroit et c'est donc grâce à son intervention que Thésée réussit à sortir du labyrinthe une fois le Minotaure achevé. Le roi se mit en colère, car en théorie, personne ne peut s'extraire de ce piège mortel ! Il emprisonna alors notre pauvre Dédale dans sa propre construction, accompagné de son fils – Icare.
Après un moment à tourner en rond, l'architecte dut se rendre à l'évidence : il était très doué pour créer des endroits dont on ne pouvait s'échapper. La preuve, lui-même n'y parvenait pas ! Mais un éclair de génie le frappa : la fuite peut être entravée par la terre et par l'eau, mais l'air et le ciel sont libres
. Voilà donc notre ami qui crée deux paires d'ailes, cousant les plumes les plus longues et fixant les plus courtes avec de la cire ; puis harnachant l'ensemble dans le dos… par de la cire. En père prévenant, il demande à son fils de ne pas voler trop haut – le Soleil ferait fondre la cire
– ni trop bas – les embruns de la mer tremperaient les plumes
.
Père et fils prennent donc leur envol et s'en tirent plutôt bien pour des humains ; mais voilà qu'Icare, comme la plupart des enfants, décide de ne pas écouter son père(4) et se rapproche de plus en plus du Soleil sans se soucier des gouttes de cire qui perlent sous lui. Eh oui, celle-ci est bel et bien en train de fondre ! Ses ailes finissent par rompre, faisant chuter l'adolescent dans la mer.
Que retenir de cette histoire ? Peut-être qu'il faut écouter ses aînés, mais surtout, que le ciel n'est pas réellement adapté à l'homme ; à moins que dans l'avenir, la génétique ne fasse des progrès considérables !

La constellation du Lion, cinquième constellation du zodiaque, représente le célèbre lion de Némée. Ce lion ne serait autre que la progéniture de deux monstres, même si les différentes versions de la légende ne permettent pas de conclure sur sa parenté :
Quoi qu'il en soit, le Lion, qui aurait été élevé par Héra , terrorisait la région de Némée en Argolide (Grèce). Le premier des 12 travaux d'Héraclès – ou Hercule pour les romains – est d'éliminer la bête. Se rendant à Némée, Héraclès peine à trouver l'animal, la région ayant été complètement désertée. Il finit par le surprendre sur le versant d'une colline alors que celui-ci finit de dévorer sa victime. Il se met à couvert et commence à lui tirer dessus avec ses flèches, cadeaux du dieu Apollon. Mais la peau du Lion est si épaisse que les flèches rebondissent sur l'animal sans le déranger. Brandissant alors son épée, Héraclès se jette sur lui, mais sa lame se brise. Même les coups de massue ne peuvent affaiblir la bête qui semble invulnérable. Se rendant compte que seule la ruse lui permettra de triompher, Héraclès saisit le Lion à bras le corps et l'étrangle. Il écorche ensuite le monstre avec ses propres griffes et revêt sa peau invulnérable comme une armure.
Pour perpétuer les exploits d'Héraclès, Zeus mit le Lion au nombre des constellations.

La constellation du Cancer est la quatrième constellation du Zodiaque ; elle représente un crabe géant.
Pour se venger des infidélités de son époux Zeus, Héra avait élevé un serpent plusieurs têtes, l'Hydre. On raconte même que l'Hydre avait une tête immortelle qui contrôlait toutes les autres et que chacune des têtes était doublement régénérée quand elle était coupée. C'est pour cela que selon les légendes, l'hydre possédait entre cinq et mille têtes. Lorsque le demi-dieu Héraclès (Hercule dans la mythologie romaine) combattit le serpent, Héra, voulant aider la créature qu'elle avait élevée, envoya un crabe qui agrippa vainement le talon d'Héraclès avant de mourir écrasé. Pour récompenser les efforts de l'animal, la déesse le plaça dans le ciel.

La constellation des Gémeaux représente les deux frères Castor et Pollux. Leur mère, Léda, était l'épouse du roi de Sparte Tyndare, de qui elle eut deux enfants : Castor et Clytemnestre.
L'histoire aurait pu s'arrêter là si Zeus (encore lui) n'avait été séduit par la beauté de cette mortelle. Pour la charmer, il se métamorphosa en un cygne magnifique. Conquise, Léda donna naissance quelques mois plus tard à deux autres enfants, immortels : Pollux et Hélène.
Castor et Pollux devinrent inséparables. Les demi-frères étaient de toutes les aventures et leurs exploits furent innombrables. Mais un jour, lors d'une querelle avec deux autres hommes, Castor fut blessé à mort. Inconsolable, Pollux supplia son père, Zeus, de le laisser mourir ou de redonner vie à son frère. Le dieu accepta alors qu'il partage son immortalité avec Castor. Les deux frères passèrent alternativement six mois sur Terre et six mois aux Enfers.
Transportés plus tard dans le ciel, ils devinrent la constellation des Gémeaux.

Le Taureau est la seconde constellation du Zodiaque.
Selon la mythologie, le Taureau représenterait Zeus. Celui-ci s'étant épris d'une belle princesse phénicienne nommée Europe, il se métamorphosa en un magnifique taureau blanc afin de pouvoir l'approcher sans l'effrayer, mais aussi pour échapper à la jalousie légendaire de son épouse Héra.
Attirée par l'odeur d'un crocus se trouvant dans la bouche de l'animal, l'imprudente jeune fille s'approcha de lui. Zeus l'emmena alors sur son dos vers une île de Crête (ou au nord du Bosphore selon d'autres versions). De leur liaison naquirent Minos et Rhadamanthe (qui seront plus tard juges des Enfers) ainsi que Sarpédon.
Plus tard, Zeus donnera Europe comme épouse au roi de Crète, Astérion.

Le Bélier est la première constellation par laquelle passe le Soleil lors de l'équinoxe du printemps. Selon la mythologie grecque, il représenterait le bélier à la toison d'or.
Athamas, fils d'Éole (le dieu des vents), était selon les légendes roi de Thèbes ou d'Orchomène en Boétie. S'étant épris d'Ino, la fille du roi Cadmos, il répudia sa première épouse Néphélé avec qui il avait un fils Phrixos et une fille Hellê. Ino, bien décidée à éliminer la première descendance au profit de ses propres enfants, mit au point un plan machiavélique.
Convoquant les femmes, elle leur dit que si elles grillaient les grains avant de les semer, la récolte serait très abondante. Elle leur ordonna de ne révéler ce secret à personne, pas même à leurs maris, sous peine d'être punies par les dieux. Les femmes obéirent, heureuses d'avoir trouvé un moyen de remplir leurs greniers. Mais quand arriva l'heure de la récolte, le blé n'avait pas poussé. La famine envahit le royaume.
Le roi envoya un émissaire consulter l'oracle de Delphes pour l'interroger sur les raisons du mal qui les frappait. Mais la rusée marâtre paya l'émissaire et sur sa demande, celui-ci retourna voir le roi quelques jours plus tard et lui annonça que s'il voulait que les terres redeviennent fertiles, il devait sacrifier Phrixos et Hellê. Le roi refusa. Ino souleva alors le peuple et Athamas se vit contraint d'accepter. Les deux enfants, prêts pour le sacrifice, embrassèrent une dernière fois du regard la terre où ils avaient grandi. Levant les yeux au ciel, Phrixos aperçut une lumière éclatante qui se rapprochait ; l'éclat soustraya les deux enfants à la vue du peuple. Il en sortit un bélier d'or qui s'agenouilla devant eux. La douce voix de leur divine mère s'éleva alors : « Mes enfants, je suis venue vous sauver. Montez sur ce bélier, et n'ayez pas peur. »
Les enfants s'envolèrent donc sur le dos de l'animal miraculeux vers une terre plus accueillante. En chemin, Hellê fut prise de vertige et tomba dans la mer sous les yeux de son frère impuissant. C'est d'ailleurs en sa mémoire que cette mer fut appelée l'Hellespont.
Phrixos quand à lui arriva sain et sauf en Colchide où il fut accueilli par le roi Éétès. Là, il sacrifia le bélier à Zeus et offrit la toison à son hôte qui la fit garder par un dragon (avant que Jason ne vienne la lui dérober, mais ceci est une autre histoire).
On a tous entendu parler de ce fameux complexe d'Œdipe, mais… Qui était véritablement ce pauvre garçon dont le nom est (re)devenu célèbre grâce à Freud(5) ?
Eh bien, remontons… hum, au mariage de Laïos et de Jocaste. Le roi de Thèbes – Laïos donc – voulut savoir si tout irait « pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles… »(6) et consulta l'oracle de Delphes. Manque de chance, il paraîtrait que l'enfant qui naîtrait de ce mariage allait le tuer. Il repart donc inquiet, et quand Jocaste lui annonce qu'elle est enceinte, c'est la fin. L'enfant qui voit le jour est donc abandonné sur le mont Cithéron – la légende veut qu'il fut suspendu par les pieds ! – et est trouvé par un berger, qui prend pitié de l'enfant et commence son éducation. Finalement, Œdipe est adopté par le roi et la reine de Corinthe.
Fin de l'histoire ? Que nenni ! Notre pauvre ami se décide lui aussi à consulter un oracle qui lui annonce qu'il sera le meurtrier de son père et l'époux de sa mère. Étant persuadé que le roi et la reine sont ses véritables parents, il quitte Corinthe et se dirige vers Thèbes, où il dispute avec un homme qu'il tue sous la colère. Ce malheureux vieillard était en réalité Laïos : Œdipe vient de réaliser la première partie de son destin sans le savoir.
Le voilà donc à Thèbes, où le Sphinx(7) tue toute personne ne pouvant répondre à son énigme « Quel est l'animal qui a quatre pattes le matin, deux le midi et trois le soir ? ». Manque de chance, notre complexé trouve la solution(8), débarrassant la ville de ce fléau. Il épouse donc Jocaste, en plein deuil. La deuxième partie s'accomplissait…
De ce mariage naquirent plusieurs enfants – dont la célèbre Antigone ! – ce qui provoqua une épidémie de peste dans la ville. À nouveau, on consulte l'oracle, qui annonce que les Thébains auraient dû venger la mort de leur ancien roi. Œdipe se met donc à la recherche du meurtrier, sans se douter qu'il s'agit de lui-même… Il va faire la lumière sur ses origines et se découvre à la fois parricide et incestueux. Sa femme se suicide en apprenant la nouvelle et le roi se crève les yeux…
Ensuite, les versions divergent sur la manière dont il vécut et mourut.
En tout cas, l'Histoire a retenu son nom grâce à la psychanalyse, où il symbolise le stade durant lequel un enfant va vouloir épouser le parent de sexe opposé tout en souhaitant « tuer » l'autre.
« Tenez, il faut absolument que je vous présente ma moitié ! » Votre moitié ? Mais quelle moitié ? L'expression est pourtant bien connue. Toujours est-il qu'à un moment ou à un autre, dans votre vie, vous êtes tombé pour la première fois sur cette expression, et, le plus humainement du monde, vous vous êtes demandé ce qu'elle signifiait.
Depuis, vous avez appris ou compris que « ma moitié » est une périphrase pour « mon conjoint », ou simplement « mon partenaire amoureux ». Mais il y a des chances pour que vous soyez resté sur votre faim quant à l'origine de l'expression. Si c'est le cas, voici de quoi vous rassasier !
L'expression « ma moitié » n'est pas toute jeune, bien au contraire. Elle remonte à l'Antiquité grecque, et est issue d'un texte philosophique, « Le Banquet » de Platon. Écrit en 380 avant J.-C. environ, le livre met en scène des personnages fictifs, mais également sept personnalités grecques connues, Socrate(9) notamment, à travers des dialogues. C'est de cette manière qu'il traite de plusieurs sujets philosophiques autour du thème de l'amour. Le livre, en partie romancé, s'articule autour de sept discours prononcés par les sept personnalités grecques. Parmi celles-ci, on retrouve Aristophane, auteur comique célèbre à l'époque, et qui tient le quatrième discours, le Mythe des Androgynes.
Il y a bien longtemps, raconte-t-il, les êtres humains étaient des boules. De vraies boules, qui se déplaçaient en roulant. Mais leur particularité principale était qu'elles possédaient toutes quatre bras, quatre jambes, deux visages, etc. Il y avait trois types d'êtres humains : les femelles, les mâles, et les androgynes. Les femelles possédaient ainsi deux sexes femelles, les mâles deux sexes mâles, et les androgynes un de chaque.
Tout ce petit monde vivait très heureux, mais les humains étaient d'une puissance et d'un orgueil incomparables. Si bien qu'ils finirent par énerver les dieux, et particulièrement Zeus, le Dieu des dieux. Celui-ci décida de les punir comme il l'avait fait avec les titans : il les coupa en deux. Aussitôt séparés, les humains devinrent faibles et apeurés. Chacun cherchait l'autre partie de lui-même, et quand deux fragments d'un même humain se retrouvaient, ils s'enlaçaient et tentaient de redevenir un. Comme Zeus les vit souffrir de tristesse, il prit pitié et leur permit de s'emboîter par leurs organes sexuels. Ainsi, les moitiés d'androgynes, les couples hétérosexuels, accoucheraient de la vie, tandis que les moitiés de mâles ou de femelles, formant des couples homosexuels, accoucheraient de l'esprit.
Platon, à travers le personnage d'Aristophane, voit donc l'amour comme la recherche d'un être complémentaire, peu importe son sexe, afin de former un humain complet. D'où l'emploi du terme « Moitié » pour désigner l'âme sœur !
Étonnant, non ?
Si vous observez le ciel étoilé, peut-être remarquerez-vous trois étoiles qui semblent presque parfaitement alignées. Vous avez alors localisé la constellation du Cygne.
Composée de 9 étoiles, sa forme caractéristique lui a aussi valu le surnom de Croix du Nord. La ligne la plus grande de la croix représente le corps de l'oiseau (avec l'étoile la plus brillante, Deneb, pour queue) et l'autre partie de la croix représente le plumage. Les ailes déployées, le majestueux animal s'envole vers le Sud, le long de la Voie Lactée.

Le cygne pourrait représenter différents personnages légendaires.
Tout d'abord Zeus qui se métamorphosa en cygne pour séduire la belle Léda, reine de Sparte un jour qu'elle se baignait dans un lac. De leur liaison naquirent Hélène et Pollux (mais ceci est – encore – une autre histoire).
Pour d'autres, l'oiseau représenterait un certain Cygnus, ami de Phaéton. Ce dernier n'était autre que le fils mortel du Soleil.
Phaéton supplia son père de le laisser conduire son char. Malgré les réticences de son père, Phaéton tint bon et s'embarqua sur le char. Mais l'attelage était trop fougueux et le jeune ne parvint pas à le retenir : voyant qu'il menaçait de tout incendier, Zeus se mit en colère et foudroya le char et le jeune homme qui dégringolèrent alors dans le fleuve Eridan.
Cygnus, voulant offrir des funérailles convenables à son ami plongea des milliers de fois dans le fleuve pour tenter de récupérer tous les morceaux de Phaéton. Pris de pitié, Zeus le transforma en un magnifique cygne avant de le placer parmi les étoiles.