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Le cerveau des croyants
Par Anthony | Le 31/05/2009 à 00:00:00

Lorsque l'on croit en Dieu, une région du cerveau fonctionne au ralenti : le cortex cingulaire antérieur. Son rôle est d'anticiper l'avenir, et de nous avertir si les événements qui ont lieu correspondent à ce que nous attendions. Chez les croyants il s'active nettement moins c'est-à-dire que lorsqu'un événement non conforme à leurs attentes se produit, cela déclenche une réaction moins intense dans cette région du cerveau que chez les autres personnes.

Mais en quoi le cortex cingulaire réduit-il les réactions à l'imprévu ? Dans la plupart des religions, un événement non conforme aux attentes peut toujours être reconsidéré, et interprété de façon à cadrer avec le canevas théorique de la foi. Si un proche meurt, si on vient de découvrir une maladie incurable chez un autre, c'est que Dieu l'a voulu ou que sa destinée est toute tracée. Et si l'on ne trouve pas d'explication c'est tout simplement parce que les voies du Seigneur sont impénétrables.

Cette façon d'appréhender le monde apporte évidemment de nombreux bénéfices : moins de tension psychique, on se tracasse moins des incertitudes qui entourent l'avenir, etc. En un mot on est plus fataliste, mais bien moins stressé. La religion est d'ailleurs considérée par nombre de scientifiques comme un anxiolytique qui aide à affronter les craintes liées à la mort, ainsi qu'au caractère imprévisible et incontrôlable de l'existence.

À condition d'y croire…

Les grattements
Par Anthony | Le 27/05/2009 à 00:00:00

Quand ça démange… eh bien on se gratte. Oui mais encore ? Ça gratte
En fait, le frottement des ongles sur la peau bloque l'activité électrique créée par l'histamine (la principale molécule responsable de la démangeaison) dans les neurones sensoriels.

Pour mieux comprendre cela, il faut faire un petit détour par le système nerveux. Le cerveau reçoit l'ensemble des informations sensorielles de notre corps. La douleur est transmise par la même voie que la démangeaison – pour autant, l'information de douleur et celle de la démangeaison ne s'entremêlent par car elles ne passent pas par les mêmes neurones. Ainsi, si quelque chose nous démange (une piqûre de moustique, une allergie, une plaie qui cicatrise, de l'urticaire), l'histamine stimule les nerfs qui transitent entre la peau au cerveau, en suscitant de petites décharges électriques à fréquence régulière.

Du coup, le fait de se gratter fait disparaître ces petites décharges électriques, si bien que la démangeaison cesse – l'information sensitive provoquée par le grattage “détourne” le message de démangeaison avant qu'il parvienne au cerveau. Cela est dû à des capteurs de pression situés sous la peau et nommés mécanorécepteurs qui activent des neurones, qui eux neutralisent l'activité des “neurones de la démangeaison”, au niveau de la moelle épinière.

Le rouge énerve les taureaux
Par Anthony | Le 22/05/2009 à 00:00:00

Autant le dire tout de suite, et contrairement à une pensée populaire clairement répandue, le rouge en soi n'énerve pas les taureaux.

En fait, les taureaux voient en noir et blanc car leurs rétines sont composées majoritairement de bâtonnets, une famille de cellules sensibles à l'intensité lumineuse – on les appelle des photorécepteurs. L'œil humain, quant à lui, possède en plus de ces bâtonnets ce que l'on appelle des cônes, c'est-à-dire des cellules qui sont sensibles à des longueurs d'onde données. C'est pour cela que nous voyons en couleurs contrairement à de nombreux animaux (voyez l'article Cônes et bâtonnets pour plus de détails).

Même si pour l'humain, la vision des couleurs est une chose primordiale, elle l'est moins pour les taureaux pour lesquels discerner le mouvement est la fonction principale de l'œil : c'est de cette façon que ceux-ci se repèrent dans leurs environnements (car en plus de voir le monde en noir et blanc, ces charmantes bêtes à cornes voient « flou »).

Son énervement face au toréro vient de l'agitation de la cape. Inutile donc d'agiter spécifiquement un tissu rouge, un drap blanc et quelques cris l'exciteraient tout autant. Alors pourquoi avoir choisi le rouge ? Eh bien, celui-ci permet d'entretenir avec le public un rapport à la fois effrayé et fasciné (cette couleur permet également de masquer d'éventuelles tâches de sang).
Finalement, l'animal le plus sensible à la couleur rouge, c'est l'homme !

Nombre de chromosomes
Par Anthony | Le 20/05/2009 à 00:00:00

Parmi ces différentes espèces animales, laquelle possède selon vous le moins de chromosomes : la vache, l'homme, la poule ou la carpe ?

Eh bien notre grand gagnant est l'homme avec seulement 46 chromosomes (23 paires), contre 60 pour la vache, 78 pour la poule et 104 pour la carpe.

On pense spontanément à la carpe, car on fait un rapprochement entre nombre de chromosomes et « intelligence » ou « complexité de l'individu ». En réalité cette corrélation est erronée – la fougère possède par exemple 1 200 chromosomes…

Pandémie, épidémie, épizootie
Par Damien | Le 14/05/2009 à 00:00:00

Au-delà des réactions parfois irrationnelles cultivées par certains médias, comment considérer ces maux que l'on retrouve dans le monde, et qui font si peur à l'inconscient collectif en raison de tristes précédents historiques ?
H5N1 et H1N1 pour les deux dernières « vagues », quel terme convient-il donc d'utiliser ?

On peut distinguer selon deux critères : celui de la « gravité » ou celui du « public » concerné.

  • Endémie : l'endémie désigne la présence habituelle d'une maladie dans une région géographique déterminée et localisée.
    Le terme provient du grec « dans » et « peuple »
    Elle peut se développer et devient alors une épidémie si les conditions environnementales le permettent ;

  • Épidémie (du grec epi = au dessus et demos = peuple) : c'est la propagation rapide d'une maladie infectieuse et contagieuse à un grand nombre d'individus en même temps. Elle ne survient pas forcément après une première vague endémique ; elle peut directement surgir.
    Elle est souvent récurrente et rarement continue. Le cycle est souvent tributaire des saisons, les virus craignant en règle générale beaucoup la chaleur (mais aimant beaucoup le froid, contrairement à la croyance qui veut que le froid « tue » les virus. Ils sont d'ailleurs conservés dans l'azote par l'Institut Pasteur pour la préparation des vaccins annuels… ).

Par la suite, l'épidémie peut s'étendre et devient alors une pandémie.

Cette même logique s'applique au monde animal :

  • Épizootie : une épizootie (du grec zôotês : nature animale) est une maladie frappant, dans une région plus ou moins vaste, une espèce ou un groupe d'espèces animales.
    Si l'épizootie s'étend géographiquement, on parlera de panzootie, alors que si elle frappe une région d'une façon constante ou à certaines époques déterminées, on parlera d'enzootie ;

  • Zoonose : c'est la transmission à l'homme d'une épizootie. Elle peut alors éventuellement évoluer en épidémie (le pendant humain de l'épizootie ; tel a été le cas de la grippe aviaire). Elle peut ensuite devenir contagieuse entre les hommes eux-mêmes (épidémie).

    Il arrive aussi que l'animal soit contaminé par l'homme.
    Les « liens » les plus développés semblent concerner le porc, dont on parle beaucoup, mais aussi le cheval, dont on parle moins. Noblesse de cet animal oblige  ‽

  • Pandémie : du grec pandemos (tout et peuple)
    Elle concerne une part exceptionnellement importante de la population sur une très large zone géographique.

    Les conséquences d'une pandémie avant d'être maîtrisée – ou de disparaître sans raison évidente – sont très importantes, tant économiquement qu'humainement.
    Une pandémie marque profondément la mémoire collective.

En ce qui concerne la situation actuelle (dont la grippe porcine), il semble urgent de relativiser… Les virus de type H1 se vaccinent généralement assez facilement (contrairement à ceux de type H5 qui empêchent la fabrication de vaccin en s'attaquant aux œufs utilisés pour la confection desdits vaccins, qui y sont très sensibles).

Très prosaïquement, rappelons que ce virus est fragile dans le milieu ambiant. On semble pouvoir lutter contre les épidémies

  • par la prévention de la contagion ;
  • par la vaccination des sujet sains ;
  • par la recherche de traitements de fond, qui semblent d'ailleurs ne pas avoir encore fait leurs preuves.

… et tout simplement par quelques règles d'hygiène basiques : se protéger de la main en toussant, se laver les mains avec un simple savon (20 s minimum) ou avec une solution sèche à base d'alcool.

Et n'oublions pas que la plus mortelle de toutes les grippes, et de très loin, c'est la traditionnelle et annuelle grippe, dont on oublie qu'elle est elle aussi toujours d'un type HxNx, sans que cela n'émeuve alors la presse !

La photosynthèse
Par Ma~ | Le 01/05/2009 à 00:00:00

Les végétaux, comme tous les êtres vivants, respirent en permanence, à la lumière et à l'obscurité : ils absorbent du dioxygène et rejettent du dioxyde de carbone.
Pour les plantes chlorophylliennes, pendant le jour, cette transformation est masquée par une autre, indispensable à la vie : la photosyntèse.

La chlorophylle, qui colore les feuilles en vert, capte l'énergie de la lumière du soleil afin que la réaction entre le dioxyde de carbone atmosphérique et l'eau puisée dans le sol par les racines se réalise :

nCO_2(g) + nH_20(l) \longrightarrow C_nH_{2n}O_n(s) + nO_2(g)

Du dioxygène est rejeté par la plante et des glucides CnH2nOn sont formés. Ces glucides entrent dans la composition de la matière vivante des plantes et contribuent à leur développement.

La photosynthèse est donc un des processus les plus importants de la vie, ce qui peut nous amener à réfléchir sur les déforestations massives qui sont effectuées dans certaines régions de notre planète…

Pour sauver un arbre, mangez un castor !

Le cycle du pavot
Par Neamar | Le 24/04/2009 à 00:00:00

Le pavot est une petite graine, souvent utilisée dans certaines pâtisseries et pains spéciaux. Les pétales de pavot, pris en infusion, ont un effet sédatif.

La famille du pavot est vaste, et dans nos contrées on rencontrera entres autres le coquelicot, l'œillette…

Hors de nos frontières, en Asie de l'ouest, on trouve le pavot somnifère, bien plus intéressant que nos vulgaires pavots : jugez-en par vous-même.

La graine du pavot somnifère, récoltée juste avant sa maturité, peut être transformée en opium(1), du grec opion qui signifie « jus de pavot ».

L'opium, sous forme de poudre sèche, est lui même composé d'une trentaine d'alcaloïdes(2), dont 10 % de morphine ! Morphine que l'on peut récupérer par une simple cristallisation de l'opium avec de la soude.
C'est pour la morphine que le pavot somnifère (aussi appelé pavot à opium) est cultivé, officiellement tout du moins : la morphine restant encore aujourd'hui le meilleur analgésique(3) connu.

L'histoire ne s'arrête pas là ! La cristallisation de la morphine avec de l'anhydre acétique donne le chlorhydrate de diacétyl-morphine, plus connu sous le nom… d'héroïne ! Découverte par un chimiste allemand, l'héroïne s'avère trois fois plus puissante que la morphine, et extrêmement efficace contre la toux (d'où son nom, heroisch, qui veut dire « très efficace »). Malheureusement, elle est encore plus addictive que la morphine et l'opium : c'est la drogue responsable de la majorité des décès par overdose.

De nos jours, l'héroïne n'est plus utilisée à caractère médical, et la totalité de la production est illégale.
La lutte contre cette drogue s'avère difficile, car sa synthétisation à base de morphine se fait à l'aide de produits « courants » : chaux, chlorure d'ammonium (que l'on trouve dans les engrais), acide chlorhydrique…
Enfin, la vente de morphine est extrêmement intéressante pour le dealer : 10 kg d'opium donnent 1 kg de morphine, qui fournit 850 gr d'héroïne.
La dose moyenne quotidienne d'un héroïnomane est de 0,085 g d'héroïne pure, mêlée à 0,5 g de lactose et de bicarbonate, et coute environ 100€ : autrement dit, les 10 kg d'opium rapportent un million d'euros au vendeur… un marché très lucratif, puisque les 10 kg d'opium d'origine ne coûtent que 1000€ (pour ceux du fond qui n'auraient pas suivi, cela représente un bénéfice de 100 000% !

Largo Winch tome 8 : l'heure du tigre


  1. (1) L'opium est une des drogues les plus anciennes, consommable de toutes les façons : fumé, mangé, injecté. Il a une action sédative.
  2. (2) Les alcaloïdes sont des molécules pouvant avoir un effet pharmacologique.
  3. (3) Un analgésique est un médicament ayant pour but d'éliminer la douleur, contrairement aux antalgiques qui ne cherchent qu'à la réduire.
Bricoler son ADN, c'est possible !
Par Anthony | Le 20/04/2009 à 00:00:00

Il était une fois les rats Neotoma lepida du désert des Mohaves.
Il y a environ 15 000 ans, la région du désert des Mohaves (qui se situe au Sud-Ouest des États-Unis) s'est brusquement réchauffée entraînant de fait une modification de la végétation et, en particulier, la disparition des genévriers. Le problème, c'est que ces arbres constituaient la principale nourriture des rats Neotoma. Ceux-ci ont survécu et des scientifiques se sont demandés comment ces petits rongeurs ont réussi à s'adapter.

Il s'est avéré que les actuels rats Neotoma lepida vivant dans le désert des Mohaves consomment des créosotiers, plantes qui ont supplanté les genévriers et qui contiennent des substances toxiques. L'analyse des gènes de biotransformation (qui sont responsable de l'élimination de produits toxiques par le foie) a mis en évidence 24 gènes grâce auxquels ces rongeurs peuvent se nourrir de feuilles de l'arbuste sans risque. Ces gènes ne sont pas exprimés chez les rats Neotoma qui ont migré dans la région du Grand Bassin, région où les genévriers sont toujours présents.
Par exemple, le gène de la superoxide dismutase, une enzyme qui élimine les radicaux libres délétères produits par l'organisme, est beaucoup plus actif chez les rats du désert des Mohaves que chez ceux du Grand Bassin.

Le rat Neotoma lepida a ainsi pu rester dans le désert des Mohaves en modifiant son code génétique, en s'adaptant de ce fait à son nouvel environnement et à son nouveau régime alimentaire.

On perd des os en grandissant
Par Anthony | Le 18/04/2009 à 00:00:00

Saviez-vous que l'on perd des os en grandissant ? En effet un enfant a plus d'os qu'il n'en aura à l'âge adulte : on en compte environ 270 à la naissance contre 206 chez l'adulte. Mais alors d'où vient cette perte d'os ? Pas de la femme enceinte bien sûr ! En fait, au cours de notre évolution a lieu une fusion de petits os au niveau du crâne, de la colonne vertébrale, du coccyx et du bassin, d'où la diminution du nombre d'os, et non de la quantité bien sûr ! (car Rien ne se perd, rien ne se créé, tout se transforme)

Pour vous, un petit quizz du corps humain :

Quizz
Question Réponse
(passez votre souris sur une question pour afficher la réponse)
Quel est l'os le plus long du corps humain ? Le fémur
Où se trouve l'humérus ? Dans le bras
Quel est l'autre nom de la fibula ? Le péroné
Où se trouve le carpe ? Dans le poignet
Combien avons-nous de paires de côtes flottantes ? 2
Où se situe la rotule ? Dans le genou
Comment se nomme la première vertèbre cervicale ? Atlas
Où se trouve l'étrier ? Dans l'oreille
Comment se nomment les os du pied ? Tarse, métatarse, phalange
Le caducée
Par Neamar | Le 13/04/2009 à 00:00:00

Le caducée fait partie des symboles divins de la mythologie grecque : il représente un serpent s'enroulant autour d'un bâton. Il s'agit donc d'un symbole de pouvoir et de savoir (le bâton pour le pouvoir, le serpent pour le savoir : il mue constamment, évolue, se tortille dans tous les recoins… sans parler du serpent biblique ! )

Beaucoup de confusions entourent ce signe, car on distingue trois types de caducées.

Le caducée d'Hermès

Le premier, plus connu, est le caducée d'Hermès(4). Il s'agit d'un simple bâton autour duquel s'enroulent deux serpents. En haut du bâton se trouvent deux ailes, symbolisant le lien du caducée avec Hermès (Hermès-Mercure porte des sandales munies d'ailettes du même type).
Mythologiquement, il est dit qu'Hermès aurait tenté de séparer avec son bâton deux serpents qui se battaient : les serpents se seraient alors lovés autour de la baguette.
Ce bâton était porté par les hérauts, comme un sceptre, et symbolisait leur immunité physique et morale.
Le caducée d'Hermès est maintenant utilisé comme un symbole du commerce et de l'éloquence, et on le trouve par exemple sur la tribune de l'Assemblée nationale française.

Le caducée d'Esculape

Le second caducée, plus simple, est le caducée d'Esculape(5) : un simple serpent qui s'enroule autour d'un bâton.
Les médecins européens y rajouteront un rond – symbolisant la prudence – et l'utiliseront alors comme insigne de leur profession. L'histoire mythologique qui se rapporte à ce bâton semble justifier l'utilisation de ce symbole : Esculape, attaqué par un serpent, le frappe de son bâton et l'assomme. Un second serpent se présente alors, une herbe dans la bouche, et ranime le premier serpent, ce qui donnerait à Esculape l'idée des plantes médicinales.

La coupe d'Hygie Troisième type de caducée, la coupe d'Hygie : un serpent qui crache son venin dans une coupe. C'est l'un des deux seuls emblèmes réservés au pharmacien (avec la croix verte, qu'il remplaçait avant – les pharmacies étaient alors signalées par un caducée). Le symbole semble assez pertinent, puisque de nombreux remèdes pharmaceutiques sont préparés à base de poison.

Pour ajouter à la confusion, notons qu'en Amérique le symbole de la médecine est le caducée d'Hermès(6), ce qui explique les imbroglios sur différents sites de médecine.


  1. (4) Unicode CADUCEUS
  2. (5) Unicode STAFF OF ÆSCULAPIUS :
  3. (6) Ce qui peut se justifier, Hermès étant l'un des pères de l'alchimie.