Historiquement, la température a toujours été un concept complexe à mesurer, même si de nombreux systèmes ont tenté de s'imposer au fil du temps (rien qu'au XVIIIe siècle, on compte plus de 35 échelles de température différentes !).

Parmi les trois systèmes encore en utilisation aujourd'hui, le plus ancien est le Fahrenheit. Pour le concevoir, Daniel Fahrenheit prit deux extrêmes : le composé qui lui paraissait le plus froid – de la glace et du sel – et le sang d'une personne en bonne santé. Il décida qu'entre ces deux valeurs, il placerait douze graduations : cependant, lorsqu'il construisit son thermomètre, le mercure monta plus haut que prévu. Plutôt que d'« étirer » son échelle, il choisit de placer entre chaque graduation 8 sous-graduations, la température du corps humain passant alors de 12 ℉ à 12 × 8 = 96°. On découvrira plus tard que le tube utilisé par le scientifique comportait d'infimes imperfections, et que le chiffre exact est de 98,6 ℉.

Pratique et facile à mettre en œuvre, l'échelle Fahrenheit se répandit… jusqu'à ce que le suédois Ander Celsius ne propose une échelle différente, dans laquelle l'eau bouillait à 0 ℃ et gelait à 100. À sa mort, on inversa les valeurs pour retrouver les paliers plus « intuitifs » que l'on connait aujourd'hui. Il faudra cependant attendre la révolution française pour que le degré Celsius prenne son essor, l'utilisation de la base 10 étant plus appropriée pour les calculs humains tout autant que scientifiques.

Dernière péripétie, Lord Kelvin propose au XIVe siècle une échelle différente qui introduit la notion de zéro absolu, température limite en dessous de laquelle aucun objet ne peut descendre (soit -273,15 ℃). Cette échelle absolue conviendra parfaitement aux scientifiques, qui l'adopteront alors dans leur système international d'unités.