Vous avez probablement un plat Pyrex dans votre cuisine. Peut-être même l'utilisez-vous régulièrement pour vos gratins ou vos tartes. Mais savez-vous que cette invention révolutionnaire est née… d'un gâteau de Savoie ?
En 1913, Bessie Littleton, épouse d'un physicien travaillant chez Corning Glass Works aux États-Unis, en a assez de voir ses plats en céramique se fissurer au four. Elle demande alors à son mari de lui rapporter un fond de cuve de laboratoire en verre borosilicate, un matériau alors utilisé pour les lanternes de chemin de fer. Elle y cuit son gâteau… et miracle, le verre survit parfaitement à l'épreuve du four !
Ce verre borosilicate avait été inventé quelques années plus tôt, en 1893, par le chimiste allemand Otto Schott. Son secret ? L'ajout d'oxyde de bore dans la composition du verre. Cette particularité chimique permet aux atomes de rester à égale distance les uns des autres lorsque le verre chauffe, lui conférant un très faible cœfficient de dilatation. Résultat : le verre peut passer du congélateur au four sans exploser, là où un verre classique se briserait instantanément.
Corning retire le plomb du verre de laboratoire, adapte la formule, et lance en 1915 une gamme de plats pour le grand public. Le nom ? Pyrex, contraction de Pie plate (moule à tarte en anglais) et du suffixe -ex pour rimer avec Nonex, le nom du verre de laboratoire d'origine.
Mais voici le twist que peu de gens connaissent : depuis les années 1980, le Pyrex américain n'est plus fabriqué en verre borosilicate ! Corning a basculé vers un verre sodo-calcique trempé, moins cher mais nettement moins résistant aux chocs thermiques. En Europe, en revanche, le Pyrex est toujours en borosilicate. Certains affirment même qu'on peut distinguer l'origine du produit par son logo : pyrex en minuscules pour la version américaine, PYREX en majuscules pour l'européenne — même si cette règle n'est pas absolue.
Morale de l'histoire : si vous tenez à sortir votre plat du four pour le poser directement sur un plan de travail froid, vérifiez d'abord sa provenance. Votre gratin vous remerciera.
Au XVIe, le Cardinal de Richelieu, ministre de Louis XIII, organisait fréquemment de petites fêtes. Lors de celles-ci les invités (pas toujours soucieux de l'étiquette) avaient pour habitude de se curer les dents avec des couteaux à bout pointu. Richelieu, fatigué de cette vilaine manie, demanda à ce que l'on arrondisse la pointe des couteaux. Ce serait de là que nous viendraient nos actuels couteaux de table.
Il est dit que tout microorganisme vivant (cellules(1), bactéries(2), etc.) possède de l'ADN(3) en son sein. À l'époque de nos aïeuls, on pouvait bien imaginer que chaque microorganisme possédait son petit paquet d'ADN, et que la vie était un long fleuve tranquille. Mais en 1980, on a découvert des organites (autrement dit des sous-divisions cellulaires) possédant eux aussi leur propre ADN(4).
(1) ↑Cellule : morceau de gelée extrêmement simple… Ou pas. Depuis une cinquantaine d'année, on sait que la cellule est cette espèce de chambre microscopique d'organisation complexe constituant tout ou partie d'un être vivant. Dans cette article, l'emploi du mot cellule fera référence aux cellules possédant un noyau (dites eucaryotes), comme celles constituants les animaux et les plantes, et ce pour plus de simplicité.
(2) ↑Bactérie : microbe, ou encore petite bête sans aucun doute verte avec des dents pointues… Ou pas. Depuis la puberté, chacun sait que les bactéries sont des organismes microscopiques procaryotes (sans noyaux) présents absolument partout, pouvant être tout à fait inoffensifs et même bénéfiques (je vous renvoie à l'étude de la production de bière et de fromage pour vous en convaincre).
(3) ↑ADN (Acide DesoxyriboNucléique) : pour le petit rappel, c'est ce qui contient les informations nécessaires à la production de protéines indispensables au développement et au fonctionnement d'un organisme.
(4) ↑ À titre de consolation, l'Amour continua d'être un long fleuve sibérien.