Vous l'avez certainement déjà observé : une mouche se pose sur votre table, et avant même de s'intéresser aux miettes de votre repas, la voilà qui se frotte frénétiquement les pattes comme un petit malfrat qui prépare un mauvais coup. Mais que fait-elle exactement ?
Contrairement aux apparences, notre diptère ne complote pas contre vous : elle fait sa toilette.

Les pattes des mouches sont de véritables bijoux de technologie biologique. Elles sont recouvertes de minuscules poils sensoriels appelés soies, mais surtout de petits coussinets adhésifs nommés pulvilles. Ces derniers sécrètent une substance légèrement collante qui permet à la mouche de défier la gravité et de se promener tranquillement au plafond de votre cuisine.
Mais cette colle naturelle attrape tout ce qui traîne : poussière, débris, bactéries… Si les pulvilles s'encrassent, la mouche perd son super-pouvoir d'escalade et risque de tomber. En plus, les mouches goûtent avec leurs pattes ! Leurs tarses (l'équivalent de nos pieds) sont équipés de récepteurs qui leur permettent de détecter si une surface est comestible avant même d'y poser leur trompe. Des pattes sales signifient donc un « palais » émoussé, incapable de distinguer votre super steak d'une vulgaire table en plastique.

Enfin, ce toilettage concerne aussi les ailes et la tête. Une mouche aux yeux encrassés vole moins bien et repère moins facilement les dangers — comme votre tapette qui s'approche (trop lentement).

En résumé : quand une mouche se frotte les pattes, elle ne prépare pas un mauvais coup. Elle s'assure simplement de pouvoir continuer à marcher au plafond, à goûter votre nourriture et à vous échapper. Ce qui… est probablement pire.