Les chemins de fer se sont tout d'abord développés en Angleterre avec une unique voie. En 1835, avec l'augmentation du trafic, la construction d'une seconde voie parallèle s'imposa, et la question du sens de circulation se posa. L'Angleterre décida que les trains rouleraient à gauche ; l'Allemagne et la France reprirent assez vite le même principe.
Des panneaux de signalisations furent mis en place le long de la voie à gauche, et le poste du mécanicien qui conduit le train a donc été placé du même côté de la locomotive pour qu'il puisse bien les repérer. Le mécano qui enfourne le charbon dans la chaudière devait donc se positionner sur le côté droit de la locomotive : la majorité de la population étant droitière, cet aménagement n'était pas pratique !
C'est pour cette raison que certains pays intervertirent le sens de la circulation ; afin que le chauffeur puisse travailler à son aise. La France n'en fait pas partie, à une exception près : en Alsace et en Lorraine, les trains roulent à droite.
La raison est historique. Lorsqu'en 1871, la France perd la guerre, l'Alsace et la Lorraine deviennent allemandes et doivent se plier aux règles de circulation allemandes. En 1918, lorsque ces régions sont redevenues françaises, elles ont gardées leurs particularités.
La tradition rapporte qu'Homère aurait été aveugle. Comme d'ailleurs Tirésias, le devin qu'Ulysse rencontre dans le royaume des morts.
On raconte aussi que, dans un geste rare de solidarité familiale, Castor et Pollux auraient frappé de cécité le poète Stésichore, qui aurait osé ironiser sur la petite vertu de leur sœur, la fameuse Hélène de Troie(1).
L'œil unique du cyclope Polyphème est aveuglé par la lance d'Ulysse.
Et puis, on se souvient aussi d'Œdipe qui, se découvrant à la fois parricide et incestueux, se creva les yeux dans une ultime tentative d'expiation.
Et ceci pour s'en tenir seulement aux exemples les plus fameux car, on l'aura compris, on n'en finirait pas d'énumérer les cas de cécité partielle ou totale, subie ou infligée, qui émaillent la tradition grecque(2).
(1) ↑ Pour la petite histoire, Stésichore se rétracta ensuite et écrivit des vers où Hélène de Troie était dépeinte au contraire sous les traits d'un parangon de vertu. Castor et Pollux, touchés, lui rendirent la vue. Comme quoi, rien n'est jamais mieux rétribué qu'un bon vieux mensonge associé à une bonne vieille lâcheté.
(2) ↑ Et dire que, tous autant qu'ils étaient, ils n'avaient même pas la consolation de se réjouir de la réduction drastique de leurs frais d'ophtalmologie.
La langue française est le théatre d'une guerre sanglante. Une guerre qui dure depuis des siècles, vaine et vide de sens (comme toute guerre diront les pacifistes).
Dans quel camp es-tu, lecteur ?
Dans le camp des ma tentative a fait long feu ou celui des ma tentative n'a pas fait long feu ?
Et quel que soit ton camp, as-tu raison de t'y trouver ? Les nombreuses fois où tu as tiqué lorsque tu entendais l'un de tes ennemis employer l'expression inverse étaient-elles justifiées ? Aurais-tu dès lors été dans ton droit en le corrigeant (linguistiquement et physiquement) amèrement ?
Puisqu'on peut faire feu de tout bois, je vais essayer dans cet article d'éteindre la flamme guerrière qui brûle en chacun de nous. En espérant ne pas jeter de l'huile sur le feu de cette querelle similaire à celle des classiques et des modernes.
Aujourd'hui nous ne nous intéresserons pas aux origines physiques du temps, autrement dit le Big Bang, mais à ses origines historiques, et pour cela il faut remonter aux premières civilisations. Cependant, bien avant celles-ci(3), l'Homme avait déjà acquis de bonnes bases sur les cycles solaires, lunaires et saisonniers qui lui permettaient de mesurer grosso modo le temps qui passe. À cette époque, où il était nomade, l'Homme n'avait pas besoin de plus. Mais lorsqu'il s'est sédentarisé, qu'il a fondé les premières cités (vers le XXXVe siècle avant J.-C.), un besoin croissant d'organisation s'est fait sentir. Cette organisation passait par un découpage plus précis du temps.
(3) ↑ « Un temps que les moins de 20 000 ans ne peuvent pas connaître… »