Le garde des sceaux
Pourquoi dit-on du ministre de la Justice qu'il est le garde des sceaux ?
L'expression remonte à l'Ancien Régime.
Le sceau était l'instrument qui servait à authentifier les actes royaux en y apposant une empreinte dans la cire. C'était le symbole même de l'autorité souveraine.
Le chancelier de France, plus haut dignitaire du royaume après le roi, avait la charge de conserver ces sceaux et de les apposer sur les documents officiels (édits, ordonnances, lettres patentes). Quand le chancelier était disgracié ou empêché, on confiait temporairement les sceaux à un autre personnage qu'on appelait justement le « garde des sceaux ».
À la Révolution, la fonction de chancelier est supprimée, mais celle de garde des sceaux est maintenue et fusionnée avec le nouveau ministère de la Justice créé en 1790. Le ministre de la Justice hérite donc de cette mission ancestrale : il conserve toujours aujourd'hui les sceaux de la République (le sceau actuel représente la Liberté) et les appose sur certains actes solennels, notamment les textes constitutionnels.
C'est pourquoi le titre officiel complet est « ministre de la Justice, garde des sceaux » : une survivance symbolique qui relie la fonction moderne à des siècles de tradition institutionnelle française.