Tout fidèle lecteur omnilogiste connaît l'image de ce fantôme qui se promène, ou sustente, dans son drap blanc, éventuellement lesté d'une chaine… Et pas seulement à l'opéra

Mais pourquoi ce drap blanc ?

Animation d'un drap blanc en forme de fantôme.

La tradition remonte au XIIIe siècle, où l'on retrouve ces premières représentations. À l'époque, un défunt était enrobé d'un suaire blanc, le plus souvent une toile de lin. Cette couleur faisait référence à la paix, la sagesse, l'innocence, la pureté (cf. la robe de mariée) et était donc favorable à l'avenir du de cujus dans l'au-delà… C'est sans doute à cette époque que l'on retrouve la première mention du phénomène.

L'âme démunie de son corps charnel pouvait alors se draper de ce linceul…

Comme bien souvent, c'est chez les grecs (où le fantôme peut se faire voir…) puis les latins qu'il faut chercher l'origine du mot lui-même : d'abord φάντασμα en grec, il deviendra phantasma en latin. On trouve par la suite la trace du mot fantauma qui finira pas se généraliser en fantosme au XIIe siècle. L'accent circonflexe remplacera comme bien souvent le « os » des mots anciens. On remarquera aussi qu'il restera les mots « fantasme » et « fantaisie ».

Voilà qu'apparait le fantôme. (1)

Logo du fantôme interdit du film « SOS Fantômes ».

Les disciples eux-mêmes (Matthieu 14-26) craignirent d'en avoir vu un(2) : « Quand les disciples le virent marcher sur la mer, ils furent troublés, et dirent : C'est un fantôme ! Et, dans leur frayeur, ils poussèrent des cris. . »

Figurine de fantôme en PLAYMOBIL®.

Quant à la chaine et au boulet dont il est parfois lesté, il s'agirait sans doute d'un artifice empêchant le défunt de « monter au ciel », sans doute en raison d'une vie malveillante ou d'une mission terrestre inaccomplie…

J'ai honte d'avoir réalisé cet article dans lequel je ne suis que le fantôme de moi-même…


  1. (1) hi, hi, hi… ou plutôt hou, hou, hou devrais-je dire !
  2. (2) Il n'avait alors pas encore de code vestimentaire.