En l'an 258, l'empereur romain Valérien ordonne la persécution des chrétiens. Laurent de Rome, archidiacre du pape Sixte II, est sommé de livrer les trésors de l'Église aux autorités. Sa réponse ? Rassembler les pauvres, les malades et les estropiés de la ville et les présenter au préfet en déclarant : « Voici les vrais trésors de l'Église. » Autant dire que le préfet n'a pas ri. Laurent est alors condamné à être rôti vif sur un gril, à petit feu — une mort bien plus lente que la décapitation réservée aux autres diacres.

C'est là que la légende devient savoureuse. Selon saint Ambroise et le poète Prudence, Laurent serait resté d'un calme si déconcertant qu'après un long moment sur le brasier, il aurait lancé à ses bourreaux : « C'est bien cuit de ce côté, vous pouvez me retourner ! » L'Église, qui ne manque pas d'humour non plus, en a logiquement fait le saint patron des cuisiniers et des humoristes. Il protège aussi les pompiers (allez savoir pourquoi), les bibliothécaires et les pauvres. Quant aux pluies d'étoiles filantes des Perséides, qui surviennent chaque année autour du 10 août — jour de sa fête —, on les appelle parfois les « Larmes de saint Laurent ». Des larmes de rire, sans doute.