Les prophéties divines sont connues pour leur caractère obscur et Crésus en fit lui aussi les frais.
Crésus était roi de Lydie (en Asie Mineure) au VIe siècle avant J. -C, connu pour sa puissance mais aussi pour ses richesses(1).
Grand conquérant, il alla un jour à Delphes consulter la Pythie, oracle d'Apollon, pour savoir s'il serait vainqueur d'une guerre qui l'opposerait aux Perses. L'oracle répondit : « Si Crésus traverse l'Halys(2), il détruira un grand empire ». Confiant, Crésus partit donc en guerre pensant réduire en cendres le royaume Perse. Mais contrairement à toute attente, l'armée lydienne fut vaincue et Crésus fait prisonnier.
Convaincu qu'Apollon s'était trompé, Crésus envoya un messager pour protester contre la Pythie. À son retour, le messager annonça à son souverain ce qu'on lui avait dit à Delphes : la Pythie ne s'était pas trompée et la prophétie s'était bien réalisée : Crésus avait mal interprété les paroles de l'oracle. Oui, un grand empire avait été détruit… Ce n'était pas la chute de l'empire perse, mais bien celle de son propre empire que Crésus avait entraînée !
Conclusion ? Les dieux ne mentent jamais, seule l'interprétation des prophéties est mauvaise…
(1) ↑ C'est d'ailleurs de là que vient l'expression riche comme Crésus.
Bien que quasiment disparus de nos vies à cause du numérique, de nos jours les disques vinyle retrouvent leurs lettres de noblesse. Ces disques, constitués de polychlorure de vinyle (oui, du PVC), sur lesquels sont enregistrés vos vieux tubes préférés (ou ceux de vos parents ou grands-parents pour les plus jeunes) ont des sillons dans lesquels on trouve des bosses et des creux.
Aristote ne définit pas l'objet de la dialectique d'une façon aussi précise que moi : s'il lui donne bien pour principal objet la controverse, c'est en tant qu'outil pour rechercher la vérité (Topica, I, 2). Plus loin dans son œuvre, il dit également que d'un point de vue philosophique, les propositions sont traitées en accord avec la vérité, et d'un point de vue dialectique, en fonction de leur plausibilité, c'est-à-dire de la mesure par lesquelles elles gagneront l'approbation des autres opinions (δόξα – Topica, I, 12). Il est conscient qu'il faut savoir distinguer la vérité objective d'une proposition et la séparer de la façon dont elle est présentée et de l'approbation qu'elle suscite. Cependant, il ne fait pas une distinction suffisamment précise entre ces deux aspects et n'utilise la dialectique que pour le second cas(3), alors que la différence ne réside que dans le fait que les conclusions de la dialectique sont vraies dans la forme tandis que les conclusions de la sophistique et de l'éristique sont fausses (entre l'éristique et la sophistique, seule diffère l'intention : l'éristique vise à avoir raison tandis que la sophistique vise la réputation et le gain pécuniaire).
(3) ↑ D'un autre côté, dans son livre Les Réfutations sophistiques, il fait trop d'efforts pour distinguer la dialectique de la sophistique et de l'\i{éristique