Certes, Einstein nous a appris que le temps est très relatif, mais de là à chercher une heure particulière à un emplacement qui n'est pas le sien, il y a un monde.
Sous sa forme actuelle, cette expression date du XVIIe siècle, mais avant cette date, on utilisait déjà des expressions comme « chercher midi à onze heures » et « chercher midi si loin ».
Si l'utilisation de midi est compréhensible par sa position très repérable en milieu de journée, il n'y a pas d'explication satisfaisante pour justifier le quatorze… Si on avait dit 16 heures, le débat aurait été le même.
Le sens de l'expression qui montre la bêtise de vouloir chercher une chose à un endroit où elle ne peut pas être – à rapprocher du « va voir là-bas si j'y suis ! » – a évolué de manière compréhensible vers celui d'aujourd'hui.
Peut-être êtes-vous déjà allés à Quiberon ou ses environs, où vous aurez remarqué ses blockhaus qui surplombent l'Atlantique.
Mais pourquoi donc les Allemands ont-ils construit des défenses quasiment indestructibles à cet endroit si improbable ?
Pour comprendre il faut remonter le temps et revenir à l'histoire de la chouannerie. Après la déclaration de guerre du 24 juin 1795, l'Ouest a tout pour réussir : des hommes, du courage, etc. Enfin presque tout, il manque encore des armes et de la poudre car les faux et les gourdins ne suffiront pas.
Or l'Angleterre ne voit pas d'un très bon œil cette république qui pourrait inspirer ses sujets et réduire son influence. De plus, nombre de nobles français et bretons ont fui et soutiennent une aide militaire pour les chouans. Hervilly, chef des immigrés, et Puisaye, chef des « blancs », décident que le débarquement aura lieu à Quiberon.
Le 27 juin 1795, 3 500 nobles approchent de la presqu'île tenue par 15 000 chouans. Mais 13 000 bleus l'ont encerclée, scellant le sort de la France. Le Général Hoche empêche l'armée contre révolutionnaire de quitter Quiberon obligeant Cadoudal, un chef breton, à organiser une retraite par la mer.
Mais le plan initial est changé car un messager disant venir de l'Agence Royaliste de Paris ordonne à une partie de l'armée royaliste de rejoindre Saint-Brieuc pour accueillir une autre flotte anglaise. L'ordre venant du roi, ils crurent ce chevalier et laissèrent Quiberon tomber, mettant Cadoudal à la tête du mouvement.
Pendant ce temps, 40 000 soldats patrouillaient en Vendée pour trouver Charette. Il sera capturé le 23 mars 1796 et fusillé le 29. La Vendée ne se relèvera pas mais en Bretagne les chefs ont décidé d'un soulèvement général le 25 octobre 1799. Cette attaque se solde par plusieurs victoires mais l'arrivée de Napoléon et le manque d'armes et de munitions changent la donne, poussant Cadoudal à faire la paix le 12 février 1800. Ce dernier s'exile en Angleterre et sera tué le 25 Juin 1804.