Tout lecteur fidèle omnilogiste aura un jour « à y faire face » : il lui faudra dans une église, un temple ou un funérarium partir les pieds devant.
De fait, on remarque bien qu'il n'est pas question pour les porteurs d'un cercueil d'avancer autrement que les pieds devant. Mais pourquoi donc ?
On retrouve déjà cette pratique dans les rites funéraires romains antiques.
C'est au milieu du XVe siècle que l'expression « sortir les pieds devant » apparaît. Il semble que le sens de l'expression était que l'être cité, bien que fort mal en point, n'était pas pressé de rendre l'âme. Il ne voulait pas se jeter tête en avant vers la mort.
Une autre idée, plus récente semble-t-il, mais aussi plus répandue, fait référence au grand cycle de la vie : de fait, à sa naissance, l'enfant sort tête la première. La boucle étant bouclée par son décès, il partirait alors les pieds devant.
On trouve de nombreuses références à cette idée dans les livres anciens.
Cependant, aucune raison idéologique ou religieuse n'apparaît.
Si cet article vous a déplu, vous pouvez toujours vous consoler en allant consommer une petite bière.
Aujourd'hui, nous allons faire un petit retour dans le temps, disons… Votre enfance. Oui, rappelez-vous : grand-mère Ginette, pépé Paul(1), les diverses premières fois… Dont celle, magique, qui a marqué votre entrée définitive dans le monde adulte : apprendre à rouler sans les stabilisateurs – oui, parfaitement, sans les roulettes ! Normalement, vos essais initiaux se sont révélés plus ou moins catastrophiques, vous faisant embrasser le sol à de nombreuses reprises. Et maintenant, pourriez-vous me dire comment vous avez été soigné ? Je crois entendre quelque chose comme « bisou magique » quelque part dans la salle : c'est de cela dont nous allons traiter ! Votre maman s'approche de vous, catastrophée, et vous rassure en disant que non, ce n'est pas grave, et vous donne ledit baiser pour faire disparaître les éraflures. Aussitôt, vous repartez à l'assaut de votre indomptable destrier, la douloureuse blessure déjà lointaine dans vos souvenirs. Vous veniez de découvrir l'effet placebo du haut de vos cinq ans(2).
(1) ↑ Évidemment, ces prénoms sont remplaçables par ceux des membres de votre famille pour améliorer l'exemple.
(2) ↑ De nouveau, remplacez cet âge des plus arbitraires par celui de votre découverte, sinon, le côté « oh tiens, on dirait mon histoire ! » est moins intéressant.