« œ » est une ligature, appelée « e dans l'o »(1), et parfois « o et e liés », voire ethel pour les plus cultivés.
Avec æ, il s'agit des deux ligatures linguistiques(2) de la langue française, ce qui signifie que « œ » et « oe » ne se prononcent pas de la même façon (comparez œufs et moelleux par exemple !).
Dans l'ordre alphabétique, « œ » est classé comme un o et un e indépendants (« œnoché » est donc entre « odyssée » et « off »), bien que l'ensemble ne forme qu'un unique caractère : la mise en majuscule de œ est Œ et non Oe.
Œ se prononce é et non eu. C'est l'attraction des mots œuf et œuvre qui a perverti la prononciation du o de Œdipe, transformant « édipe » – prononciation correcte à l'origine – en « eudipe » – prononciation fautive. La langue étant une entité vivante, les deux prononciations peuvent être admises, et certains dictionnaires ne mentionnent plus que la seconde forme.
Il en est de même pour œcuménique (« écuménique »), œdème (« édème »), œnologie (« énologie »), œnologue (« énologue »), œsophage (« ésophage ») et leurs dérivés ; idem pour fœtus (fétus).
La prononciation d'« œstrus » ne suit pas la règle précédente, on doit dire « èstrus » (et non « eustrus ! »). La règle est similaire pour œstrogène (« èstrogène ») et autres mots dérivés.
Concluons par un peu de prononciation :
Un « œuf », des « œufs » que l'on prononcera « eu » : une douzaine d'« eu », et non d'« euf » !
Un « bœuf », des « bœufs » que l'on prononcera « beu » : un troupeau de « beu » et non de « beuf ».
Je dirige le monde, change de forme à chaque pays et possède mes propres paradis, je suis ? Je suis ? Oui ! L'argent ! Bravo, ami lecteur ! Aujourd'hui nous donnons dans le trivial, mais sous l'angle du langage. N'avez-vous jamais été intrigués par la richesse de notre langue quand il s'agit de nos comptes en banque ? Petit tour d'horizon étymologique éclairé de nos porte-monnaies.
Le caducée fait partie des symboles divins de la mythologie grecque : il représente un serpent s'enroulant autour d'un bâton. Il s'agit donc d'un symbole de pouvoir et de savoir (le bâton pour le pouvoir, le serpent pour le savoir : il mue constamment, évolue, se tortille dans tous les recoins… sans parler du serpent biblique !)
La Bible n'est pas fréquemment évoquée dans le théâtre de William Shakespeare. Mais un personnage particulier l'invoque bien plus que tous les autres réunis, et ce personnage est juif, et odieux. Il s'agit bien sûr de Shylock, du Marchand de Venise : l'antisémitisme de Shakespeare n'est vraiment étalé que dans cette pièce. Ailleurs on ne trouve que de vagues allusions : dans Macbeth (acte IV, scène 4), le foie d'un Juif blasphémateur entre dans la recette infernale des sorcières. Ce n'était donc pas une obsession chez lui. On peut penser qu'il n'a fait que refléter les préjugés de son époque et de son milieu, ce qui n'est pas moins instructif. Quoi qu'il en soit, Shylock ne cesse de se référer à la Bible, plus que tout autre personnage shakespearien(3).
(3) ↑ Par exemple, quand Hamlet interpelle Polonius en l'appelant Vieux Jephté, insinuant donc que Polonius a provoqué le suicide de sa fille, puisque Jephté avait sacrifié la sienne, ce qui soit dit en passant renvoie à un épisode sinistre de la Bible.