« Passez-moi le scalpel ! »
Des dizaines d'épisodes de séries jouent sur le cliché : le chirurgien-chef, homme charismatique aux cheveux grisonnants, demande à la séduisante assistante le scalpel pour sauver la vie de l'homme anesthésié sous ses yeux.
Pourtant, quelques heures auparavant, l'homme qui dort actuellement n'aurait pas dit « je vais passer sous le scalpel », mais « je vais passer sous le bistouri ».
Qui a raison ? Le chirurgien ou le patient ?
C'est le patient ! Lisons le dictionnaire :
Scalpel : instrument tranchant pour inciser, disséquer.
Bistouri : instrument de chirurgie qui a la forme d'un petit couteau.
Comme le souligne fort justement Wikipédia, le scalpel sert uniquement pour couper les tissus morts (dissection), le bistouri sert pour les tissus vivants.
Mais… tous les chirurgiens se trompent alors ? Non, uniquement les chirurgiens des séries anglophones ! L'anglais ne fait pas la même distinction et utilise le terme scalpel dans les deux cas – et les doubleurs français ne prennent pas la peine de le traduire autrement, afin de coller plus finement aux mouvements des lèvres.
Lorsque l'on parle de technique d'auto-défense, on est obligé d'en venir à celle-ci. Le Krav-Maga (ou « combat rapproché », en hébreu קרב מגע) est en effet une des méthodes de défense les plus reconnues. Reconnue car elle est autant présente dans des organisations de sécurité nationale (toutes les armées israéliennes, mais aussi le F.B.I., le G.I.G.N...), que chez les civils qui prennent des cours dans l'une des différentes écoles qui enseignent cette technique.
La Bible n'est pas fréquemment évoquée dans le théâtre de William Shakespeare. Mais un personnage particulier l'invoque bien plus que tous les autres réunis, et ce personnage est juif, et odieux. Il s'agit bien sûr de Shylock, du Marchand de Venise : l'antisémitisme de Shakespeare n'est vraiment étalé que dans cette pièce. Ailleurs on ne trouve que de vagues allusions : dans Macbeth (acte IV, scène 4), le foie d'un Juif blasphémateur entre dans la recette infernale des sorcières. Ce n'était donc pas une obsession chez lui. On peut penser qu'il n'a fait que refléter les préjugés de son époque et de son milieu, ce qui n'est pas moins instructif. Quoi qu'il en soit, Shylock ne cesse de se référer à la Bible, plus que tout autre personnage shakespearien(1).
(1) ↑ Par exemple, quand Hamlet interpelle Polonius en l'appelant Vieux Jephté, insinuant donc que Polonius a provoqué le suicide de sa fille, puisque Jephté avait sacrifié la sienne, ce qui soit dit en passant renvoie à un épisode sinistre de la Bible.