Prochain omnilogisme : 13/03/2010 à 0:00
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Ce que l'on appelle le chiffrement de César est probablement l'un des plus anciens codages au monde (et plus certainement l'un des plus simples qui soient), dans la mesure où Jules César lui-même l'aurait utilisé (décidément, ce Jules est partout en ce moment).

Aussi appelé chiffrement par décalage, il consiste simplement en une permutation de chaque lettre par une autre, par translation d'un certain nombre de positions dans l'alphabet (toujours dans le même sens bien sûr). Si l'on fait un décalage à droite de trois positions du mot CESAR, cela donne FHVDU (car C + 3 = F dans l'alphabet).
Ce chiffrement par substitution est donc une simple permutation circulaire de l'alphabet qui peut s'exprimer à l'aide d'une congruence sur les entiers. Prenons l'entier n comme clé de cryptage(1) :
Ce système de cryptage symétrique a pour inconvénient d'être particulièrement simple à casser, une soustraction permettant de remonter à la lettre substituée. Afin de connaitre la clé de cryptage, il suffit d'une petite étude statistique. En effet, certaines lettres sont plus fréquentes que d'autres : en français par exemple, c'est la lettre « e » qui revient le plus souvent. Ainsi, la lettre étant la plus fréquente dans le message à décoder peut correspondre au « e ». Il ne reste plus ensuite qu'à décrypter le reste du message.

Bien que les systèmes de chiffrement existent depuis très longtemps, c'est véritablement à la fin de la seconde guerre mondiale qu'on prit conscience de l'importance de crypter les messages – ceci induit un avantage tactique certain dans de tels conflits. C'est dans ce contexte qu'en 1919, un ingénieur hollandais, Hugo Alexander, inventa une machine à chiffrer électromagnétique. Son idée fut reprise par un allemand, le Dr Arthur Scherbius, qui créa à Berlin une société destinée à la vente de machines à crypter : ainsi naquit Enigma.
Cette société ne rencontra pas le succès attendu, mais en revanche, Enigma attira l'attention des militaires.
Enigma servit à crypter les messages allemands tout au long de la seconde guerre mondiale. Ce que les nazis n'avaient pas prévu, c'est que les alliés étaient très au fait de ces messages codés, et ceux-ci, toutes proportions gardées, réussirent à en décrypter un grand nombre.
Durant cette guerre, plus de 18 000 messages par jours furent décryptés et permirent aux forces de l'alliance de connaître les intentions de l'Allemagne. Le dernier message chiffré fut envoyé par l'Amiral Dœnitz et disait ceci : Le Führer est mort. Le combat continue
. Les Allemands ne se doutèrent jamais que leur précieuse Enigma avait pu être décryptée…
Le codage(2) effectué par la machine Enigma est relativement simple mais très astucieux : chaque lettre est remplacée par une autre, mais la substitution change à chaque frappe. Au final, quand on appuie sur une touche du clavier, un circuit électrique est fermé et la lettre qui se substitue à l'originale est affichée sur un panneau lumineux(3).
Le circuit électrique était composé de plusieurs éléments en série :
Des rotors : au nombre de trois ou de quatre selon les versions d'Enigma, lui aussi permet une permutation aléatoire des lettres (mais cette permutation reste la même pour toutes les machines Enigma).
À chaque lettre en entrée correspond une lettre en sortie.
C'est là qu'est toute la subtilité d'Enigma : les rotors étant cylindriques, ils peuvent tourner autour de leur axe. Ainsi lorsqu'on tape une lettre, le premier rotor tourne d'un cran, et la permutation qu'il engendre est changée. Sur le schéma suivant, on peut observer que la permutation (ou liaison électrique) « D en B » se retrouve translatée en « C en A ».

Lorsque le premier rotor a fait un tour complet (26 crans donc), c'est le second rotor qui tourne d'un cran, etc. Lorsque le second rotor cette fois a retrouvé sa position initiale, c'est au troisième rotor de tourner d'un cran.
Il est important de remarquer que les permutations employées dans les rotors ne constituent pas en soi le secret. En effet, toutes les machines Enigma étant construites de la même manière, il suffirait alors d'en récupérer une pour pouvoir craquer tous les messages. Non, le cryptage réside dans les positions des différents cylindres (263=17 576 positions différentes).
En tenant compte des fiches du tableau de connexion, de l'ordre des rotors ainsi que de la position de ces derniers, il y a 1016 possibilités, ce qui pour l'époque est colossal(4).

La technique de chiffrement assyrienne, datant de 600 ans avant Jésus Christ, semble être l'une des premières techniques de chiffrement utilisées en Grèce. Le but de celle-ci était de dissimuler des messages écrits sur des bandes de papyrus.
Cette technique de chiffrement par transposition(5) consistait à enrouler une bande de papyrus sur un cylindre en bois appelé scytale, puis à écrire le texte longitudinalement sur la bandelette ainsi enroulée. Une fois le papyrus déroulé, le message n'est plus directement compréhensible.

Pour déchiffrer le message, le destinataire doit avoir un cylindre de même diamètre : on comprend donc que la clé de cryptage est ici ledit diamètre, d'où la fragilité du chiffrement assyrien. En effet il suffisait (pour les hackers de l'époque), de tester de proches en proches des cylindres de divers diamètres : on dit dans ce cas que la méthode peut être cassée systématiquement.
Le code ISBN, à ne pas confondre avec l'ISSN (réservé aux journaux et autres publications périodiques), est un numéro normalisé à caractère international qui permet d'identifier, de manière unique, chaque livre publié à travers le monde. Signifiant International Standard Book Number, son but est de simplifier la gestion informatique du livre (pour la vente, le prêt, etc. )
Le code ISBN se composait de 10 chiffres avant le 1er janvier 2007, depuis cette date il est formé de 13 chiffres que l'on peut symboliquement séparer en quatre groupes. Voyons à quoi ces groupements de chiffres, bien mystérieux pour les yeux profanes, correspondent :

Le premier groupe de chiffres correspond à une zone géographique ou linguistique :
Ce premier groupe sera d'autant plus long (jusqu'à 5 chiffres) que la production littéraire sera peu abondante – et inversement.