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Matières dangereuses sur la route
Par Damien | Le 12/03/2010 à 00:00:00

Panneaux routiers matières toxiques

Omnilogiste du jour, au volant ou passager, ne t'es-tu jamais demandé la signification exacte de ces panonceaux orangés qui ornent l'arrière de certains poids lourds ?
Petit préalable : qui voit ce panneau se devra – encore plus que d'habitude – de respecter les distances de sécurité sur la route ! En effet, le véhicule suivi est chargé de matières dangereuses.
Mais d'un panneau et d'un seul, vous saurez déjà beaucoup de choses, et les sauveteurs spécialisés encore plus.

Panonceau

Le panonceau orangé rectangulaire est à deux parties : la partie supérieure contient un ou plusieurs chiffres, qui permet(tent) d'identifier la classe du danger, et la partie inférieure contient un nombre, qui permet d'identifier le produit.

Et si quelqu'un ne sait pas lire les nombres(1), point d'inquiétude : un pictogramme permet de confirmer le type de danger.

  • Commençons par le type de danger : le premier chiffre indique le danger principal ; les deuxième et troisième chiffres, les dangers subsidiaires le cas échéant (zéro correspondant à une absence de danger secondaire).

    • 1 : matière explosive ;
    • 2 : gaz comprimé, risque d'émanation de gaz ;
    • 3 : liquide inflammable ;
    • 4 : solide inflammable ;
    • 5 : comburant ou peroxyde organique ;
    • 6 : matière toxique ;
    • 7 : matière radioactive ;
    • 8 : matière corrosive ;
    • 9 : danger de réaction violente ou spontanée ;
    • X : danger de réaction violente au contact de l'eau.

    Et comme promis, pour ceux qui préféreraient les images, vous pouvez vous référer aux sources en bas de l'article.
    Il y a parfois deux fois le même chiffre ? Non, non, ce n'est pas une erreur ; c'est juste pour signaler le redoublement du danger.

  • Le type de produit ensuite. Il serait fastidieux (et inutile) d'énumérer tous les types de produits que vous seriez amenés à découvrir : l'imagination de l'industrie, des chimistes et autres variantes pétrolifères, aromatiques ou radioactives étant sans doute sans limite, il est juste utile ici d'indiquer que la liste se trouve au Journal officiel du 23 janvier 1975, reprenant une classification internationale(2) : ainsi le code 2031 correspond à l'acide nitrique et le code 1017 au chlore.
    Et regardez bien sur les routes dans les jours qui viennent : vous verrez très régulièrement le même chiffre derrière nombre de camions citernes : pour le ravitaillement en carburants des citernes des stations service(3).
    Mais en cas d'accident, vous ne manquerez pas d'indiquer ce numéro aux services de secours, qui sauront très bien à quoi il correspond(4).

Et bien entendu, les plus perspicaces d'entre vous ne manqueront pas de remarquer que cette règlementation s'applique aussi aux chemins de fer.


  1. (1) Ce qui ne saurait être le cas des lecteurs de ce site !
  2. (2) Il est bien connu que les camions se jouent des frontières.
  3. (3) Les dix premières bonnes réponses permettent aux gagnants de rédiger un article.
  4. (4) Puis vous vous éloignerez ensuite au plus vite de ces lieux maudits, coupant la circulation avec les moyens du bord une centaine de mètre en amont dans la mesure de vos possibilités.
Au commencement était le Verbe : l'Ancien testament
Par Damien | Le 27/02/2010 à 00:00:00

Bible

Le XXIe siècle sera religieux ou ne sera pas aurait dit Malraux. Ami omnilogiste, quelle que soit ton analyse religieuse des choses, as-tu conscience d'utiliser si souvent des mots ou expressions directement issus de la Bible ?

Voyons déjà pour aujourd'hui ce qu'il en est des mots et citations de l'Ancien Testament, un prochain article abordera les citations du Nouveau Testament(5).

  • La Genèse :

    • Un tohu-bohu : cette situation confuse trouve son origine dans le premier livre de l'Ancien Testament, la Genèse : le monde avant sa création par Dieu n'était que solitude et chaos. Le terme vient de l'hébreu Tohou vaBohou (הו ובהו) ;
    • Le jardin d'Éden : lieu paradisiaque cité dans ce même livre ;
    • La pomme d'Adam : saillie visible du cartilage thyroïde, au milieu de la partie antérieure du cou de l'homme. Origine : le fruit de la connaissance auquel Adam aurait goûté avant d'être chassé d'Éden ;
    • La tenue d'Adam et Ève : évocation de la nudité. Après avoir goûté au fruit de la connaissance, Adam et Ève virent qu'ils étaient nus ;
    • Tu es poussière et redeviendras poussière : formulation du châtiment, après le péché originel : À la sueur de ton visage, tu mangeras du pain jusqu'à ce que tu retournes au sol, car c'est de lui que tu as été pris. Oui, tu es poussière et à la poussière tu retourneras ;
    • Gagner son pain à la sueur de son front : obligation de travailler pour gagner sa vie, ayant encore la même origine ;
    • Vieux comme Mathusalem : symbole de vieillesse, car Mathusalem est le personnage cité dans la Bible qui vécut le plus vieux ;
    • Une époque antédiluvienne : très ancien car antérieur au Déluge ;
    • Après moi le Déluge : (attribué à Louis XV) sert à indiquer qu'on se moque de l'avenir, malgré une forte montée des eaux, décrite dans la Bible, qui aurait quasiment recouvert la Terre ;
    • S'endormir dans les vignes du Seigneur : être ivre mort, en référence à Noé sortant de l'Arche ;
    • La tour de Babel : lieu où l'on parle toutes sortes de langue ; punition divine à l'encontre des hommes prétentieux voulant atteindre Dieu en construisant une tour haute jusqu'au Ciel ;
    • Être changé en statue de sel : durant leur fuite de Sodome et Gomorrhe, la femme de Loth fut transformée en statue de sel après s'être retournée vers les villes que Dieu était en train de détruire par le feu et la grêle ;
    • Grand chasseur devant l'éternel : en référence aux deux grands chasseurs de la Bible, Nimrod et Esaü. Souvent confondu avec « grand pêcheur devant l'Éternel »…
    • Qui va à la chasse perd sa place : Esaü, fils ainé, étant parti chasser pour préparer un repas à son père Isaac se voit voler sa place par son frère Jacob, aidé par sa mère Rebecca qui reçoit ainsi la bénédiction de leur père et doit s'enfuir devant la fureur d'Esaü ;
    • Le Benjamin : nom du dernier des douze enfants de Jacob.
  • Exode et autres livres du Pentateuque

    • Vivre une traversée du désert : comme pour la fuite de Moïse dans le désert après avoir assassiné un Égyptien qui tourmentait un Hébreu ;
    • Les dix plaies d'Égypte : lorsque l'on parle d'une série de catastrophes. Dieu les impose aux pharaons égyptiens pour la libération des Hébreux ;
    • Un exode : fuite d'un peuple, comme pour recherche de la terre promise par les Hébreux d'Égypte, sous la conduite de Moïse ;
    • Trouver un bouc émissaire : injonction divine aux Israélites d'envoyer un bouc dans le désert pour expier leurs fautes ;
    • Œil pour œil, dent pour dent : très nette amélioration juridique d'un système qui voulait jusque là que l'on fasse payer au centuple une agression…
  • Livre des Prophètes

    • David contre Goliath : David, faible berger vainc avec sa fronde Goliath, gigantesque soldat ;
    • Un jugement de Salomon : il sut départager deux femmes qui se disputaient la maternité d'un nouveau-né vivant et d'un nouveau-né mort dans son sommeil ;
    • Pauvre comme Job : homme pauvre mis au défi par Dieu ;
    • Que de jérémiades : les « Lamentations » de Jérémie ;
    • Le colosse aux pieds d'argile : annonce par Daniel de l'effondrement de Nabuchodonosor II ;
    • Boire la coupe jusqu'à la lie(6) : expression reprise du Psaume 75.
  • Deutérocanoniques

    • Voir le Léviathan : monstre marin cité dans l'Ancien Testament ;
    • Riche comme Hérode : Hérode Ier le Grand qui engagea de gigantesques constructions à Jérusalem à l'époque du Second Temple.

Et bientôt, les citations du Nouveau Testament. Nous y trouverons un Dieu bien plus proche des humains qu'il ne peut le paraître dans l'Ancien Testament.


  1. (5) Désolé pour ceux qui n'aiment pas les omnilogismes à série…
  2. (6) À consommer avec modération !
L'article qui se plie en quatre pour vous
Par Damien | Le 16/02/2010 à 00:00:00

Le fidèle omnilogiste qui consulte l'article du jour ne peut qu'aimer aussi lire et écrire plus classiquement sur une feuille en papier. De format A4 le plus souvent, ce format qui s'est fait support de tant de devoirs durant les années de classe, puis support de comptes, littérature, parfois d'histoires d'amour ou de rupture. Mais aussi factures, commandes ou compte-rendus, quand ce n'est acte juridique ou feuillet d'une revue.
21 x 29,7 centimètres. Mais pourquoi cette dimension ? Sans doute la transposition d'une mesure d'origine anglaise ? Que nenni, son origine est bien métrique.

C'est même le mètre carré qui fait référence ; pas sous le nom de A4, mais de A0, avec une dimension de 84,1 x 118,9 cm.

format papier

Pourquoi cette taille, avec ces décimales ? Tout simplement parce que chaque fois que l'on coupera la feuille en deux dans le sens de la largeur, la proportion longueur sur largeur de la nouvelle feuille restera identique : 1,41.

Pourquoi ce rapport(7) ? Il faut recourir à quelques notions mathématiques pour l'expliquer(8), se rappelant nos premières années qui veulent que L soit la longueur et l la largeur. Si on coupe dans la largeur, on a alors la nouvelle longueur qui correspond à l'ancienne largeur, et la nouvelle largeur qui correspond à l'ancienne longueur divisée par deux (il faut garder en tête que l'orientation change en coupant). Autrement dit, pour garder une proportion constante il faut \frac{L}{l} = \frac{l}{\frac{L}{2}}, soit L2=2l2, ce qui revient à un rapport \frac{L}{l} = \sqrt{2}. Soit environ 1,41.

Appliquée de manière empirique au fil des années, cette notion fait l'objet d'une norme internationale en 1922, due à un ingénieur de Berlin, W. Porstmann. Ainsi étaient nés les formats A0 à A10 qui perdurent de nos jours. De moins en moins utiles à l'ère des écrans informatiques penserez-vous ? Mais alors, quelle serait la référence reconnue de toutes… les imprimantes ‽


  1. (7) Quelle manie ont donc ces omnilogismes de toujours vouloir savoir le pourquoi, puis le pourquoi du pourquoi…
  2. (8) Ce qui ne manquera pas de surprendre fortement qui connaît le rédacteur de cet article et la passion qu'il voue aux mathématiques, Neamar en tête !
Au feu !
Par Damien | Le 09/02/2010 à 00:00:00

Extincteurs

Ils sont partout autour de nous, obligatoires dans les lieux recevant du public, bien utiles chez tous… Mais qui s'est déjà penché sur les indications qui figurent sur l'extincteur ? Il en existe plusieurs types, spécifiques aux différents types de feux. On fait certes confiance aux installateurs, qui ont la bonne idée d'affecter l'appareil adéquat à proximité du lieu d'utilisation (éventuelle et non souhaitée). Mais tout bon omnilogiste ne peut se passer de tout savoir sur les indications qui figurent sur l'appareil.

  • Marque et type du produit d'extinction (eau, poudre(9), gaz carbonique, halon, sable sec, graphite, huiles lourdes, etc. ) ;
  • Capacité en litre ou kilogramme ;
  • Type de classe de feu ;
  • Mode d'emploi ;
  • Conseils de prudence.

Étiquette extincteur

Et nous nous intéresserons ici aux indications normalisées qui figurent sur tout extincteur : une lettre, suivie d'un chiffre.

  • La lettre d'abord. Elle indique sur quel type de feu l'engin sera efficace :

    • A : Matières inflammables solides dégageant des flammes et produisant de braises : par exemple le bois, le papier, la paille, les textiles, le charbon ;
    • B : Liquides inflammables dégageant des flammes (essence, benzène, huile, graisse, goudron, éther, stéarine) ;
    • C : Gaz inflammables dégageant des flammes, comme le méthane, le propane, le butane, l'hydrogène, l'acétylène, gaz naturel ;
    • D : Métaux légers : par exemple le magnésium, l'aluminium et leurs alliages, le sodium et le potasium.
  • Le chiffre ensuite. Mais là, ça devient plus technique… Il s'agit là de la mise en pratique d'une norme applicable à tout appareil, pour en quantifier le pouvoir d'extinction :

    • Pour les foyers de type A, le chiffre indique la longueur du foyer en décimètres, qui est constitué d'un empilement de 14 couches de barres de bois de pin sur une largeur de 50 cm. Un extincteur marqué « 21 A » peut donc éteindre 2,10 m de bûchettes sur 50 cm de large et 14 couches ;
    • Pour les foyers de type B, le chiffre indique le volume de liquide (2/3 d'heptane et 1/3 d'eau) en feu contenu dans un bac que l'appareil peut là aussi éteindre ;
    • Pour les foyers de type C, le foyer est réalisé par un jet de propane liquide enflammé, projeté par un orifice de 7 mm à la pression de 6 bars.

Voilà, vous savez tout sur l'extincteur… mais le plus sûr est de n'avoir à jamais s'en servir. Il n'est utile que sur les premières minutes d'incendie ; très rapidement, la chaleur et les émanations toxiques empêchent toute utilisation. Il faudra alors s'en remettre aux pompiers. Mais c'est une autre histoire !
Extincteur humour
Toujours est-il qu'après avoir lu cet article, même à l'étranger, vous saurez utiliser un extincteur !


  1. (9) Le plus souvent un mélange de calcaire, silice et magnésie.
Fourragère
Par Damien | Le 01/02/2010 à 00:00:00

Point n'est besoin d'attendre le traditionnel défilé du 14 juillet pour apercevoir parfois la parure ornant l'épaule gauche d'un militaire, d'un policier ou d'un pompier, ce cordon tressé de couleur variable.

Mais quid de cet effet, que l'on est tenté d'appeler fourragère ?

Fourragères et aiguillettes

Avant même de s'apercevoir que tout ce qui pend à l'épaule n'est pas fourragère, sachons déjà que ce mot est issu d'une référence toute agricole. Les troupes autrichiennes, puis napoléoniennes par la suite, se devaient de transporter régulièrement du fourrage pour nourrir les chevaux. Pour faciliter ce transport, les hommes s'étaient dotés d'une corde de chanvre tressée qu'ils laissaient accrochée à leur épaule.
La vigueur au combat de ces soldats fera que cet attribut restera attaché à leur image. D'utilitaire, la fourragère deviendra au fil du temps honorifique. Elle n'est d'ailleurs portée que sur les tenues d'honneur, aux grandes occasion(10). Elle est tressée de trois brins, terminée en son extrémité par un nœud et un ferret.

La couleur de la fourragère est aussi liée à la décoration reçue par le régiment : citons en vrac, et toujours en simplifiant, le rouge pour la légion d'honneur, le vert/jaune pour la médaille militaire, vert/noir pour la croix de la libération, vert/rouge pour la croix de guerre et autres variantes colorées…

Il est à noter qu'il existe une subtile variante de la fourragère : il s'agit de la cordelière, portée par les personnels de la police nationale à Paris en tenue d'honneur(11). De couleur rouge, elle se réfère à la Légion d'honneur qui décore depuis août 1944 le drapeau des gardiens de la paix parisiens.

Aiguillettes

Dernière version enfin, les aiguillettes. Leur origine est différente, puisqu'elles rappellent les lacets utilisés pour lier les pièces d'armure. Cet ornement, porteur de deux ferrets en ses extrémités, est notamment porté par les personnels de la police nationale en tenue d'honneur. Elles peuvent elles aussi avoir plusieurs couleurs.


  1. (10) Le port en est très règlementé, mais il n'est sans doute pas besoin de développer ici.
  2. (11) Bien que son drapeau soit décoré de la Légion d'Honneur, la police parisienne n'a pas été « citée » un nombre de fois suffisant pour obtenir officiellement la fourragère.
Un article à dévorer jusqu'au bout
Par Damien | Le 19/01/2010 à 00:00:00

Il est parfois des animaux qui ont été affublés au cours des siècles d'une vilaine réputation(12), alors même qu'il est maintenant établi qu'ils trouvent leur place dans la belle organisation de la nature.

Ainsi en est-il par exemple d'un célèbre oiseau. Des vautours, penses-tu tout bas, fidèle omnilogiste. Oui, certes. Mais il en existe plusieurs types, et il est ici question de voir à quel point les cousins se complètent bien pour éviter tout gâchis…

  • Vautour moine

    Le vautour noir, tout d'abord, aussi appelé vautour moine. Il est ainsi surnommé car sa tête présente une tonsure bien caractéristique. D'environ trois mètres d'envergure, il est l'un des plus grands rapaces d'Europe. Il se réjouit sur tout bon cadavre des parties dures : tendons, articulations, ligament, cuir, et autres cartilages ;

  • Vautour blanc

    Le père blanc ensuite, aussi appelé vautour blanc, ou percnoptère par les plus lettrés. D'une taille bien moindre (un gros poulet… ), il est doté en bout de bec d'un crochet tranchant. Il se doit d'attendre que ses cousins aient entamé la dépouille, puisqu'il n'est pas assez fort pour découper le cuir. Il se délecte alors des « bouts perdus » et autre morceaux qui s'éparpillent aux alentours du défunt alors que ses cousins le déchiquètent. Il ne se prive pas non plus de boulotter les yeux s'ils passent à portée de bec. Après le départ de ses congénères, qui pensent avoir tout mangé, il raclera avec délice le contour des os et les moindres aspérités pour ne rien gaspiller…

  • Vautour fauve

    Puis le vautour fauve, aussi appelé griffon, qui est un polyvalent. De taille moyenne, c'est le charognard de référence, peut-être le plus connu, et aussi le plus présent. Il est suffisamment puissant pour taillader la peau, il mange tout ce qui lui passe sous le bec, mais ne sait pas racler correctement « le plat » ;

  • vautour barbu

    Vient enfin à l'issue du festin un dernier modèle, genre « gros porteur » lui aussi, comme son cousin vautour noir. Pas banal, il est porteur d'une superbe paire de moustaches, ce qui le fait se nommer officiellement « gypaète barbu ». C'est notamment lui qui a longtemps été accusé par l'imagerie populaire d'attaquer, voire de manger, les montagnards. Et pourtant, c'est un grand timide. Ainsi laisse-t-il le temps à ses congénères de se régaler, sans venir prendre part au festin. Et lorsque tout le monde est parti, il arrive alors sur la carcasse, le squelette devrait-on dire. Plus rien à manger ? Détrompez-vous… Celui-ci est friand de ce dont les autres ne veulent pas : les os, et les pattes. Et s'il n'a pas les crocs d'un canidé pour se délecter des os, il n'hésitera pas à prendre son envol avec les plus gros os, qu'il laisse tomber sur des rochers, jusqu'à les fracasser(13) pour pouvoir ensuite engloutir sa réserve de protéines.

Ainsi donc, ces quatre cousins réunis assurent une saine mission de salubrité écologique, en se partageant les cadavres de tous les animaux qu'ils trouvent dans la nature, du premier poil au dernier os. C'est sans doute grâce à eux qu'il n'est guère courant de trouver des cadavres d'animaux lors des promenades bucoliques ou randonnées montagnardes. Et qui plus est, quand bien même le cadavre est porteurs de gênes pathogènes ou tout autre virus, souvent à l'origine du décès d'ailleurs, pas de risque de contamination, grâce à eux. Et la digestion n'en n'est aucunement contrariée, l'estomac de ces oiseaux étant richement doté en acide très corrosif, qui vient à bout des microbes, gènes et virus, en même temps que des os.


  1. (12) Si mauvaise réputation qu'après moult massacres, il ne reste maintenant que quelques dizaines de couples en France des oiseaux dont il est ici question.
  2. (13) Les os, pas les rochers…
Espère tout savoir sur l'esperluette…
Par Damien | Le 08/01/2010 à 00:00:00

Esperluette

Au-delà même d'une célèbre compagnie qui en a fait son enseigne, et comme M. Jourdain, avez-vous conscience d'utiliser parfois sans le savoir, une esperluette ?

Parfois aussi appelée « et commercial », ou « perluette », ce symbole est de fait le résultat de la contraction des lettres E et T. À l'époque médiévale, de nombreuses abréviations avaient été créées pour remplacer un groupe de lettres, ou pour un son (un peu à la méthode de l'alphabet chinois finalement).

Esperluette ancienne

D'ailleurs, sa graphie même a évolué au fil du temps ; et à l'origine elle présentait bien un E et un T liés comme le montre l'image ci-contre.

Elle a même été utilisée comme 27ème lettre de l'alphabet, dite « ète » par la suite(14), avant de tomber en désuétude au XXe siècle.

On retrouve ce caractère chez nos voisins anglais, qui l'utilisent de la même façon, mais sous le nom de ampersand.

Son utilisation a donc, on l'a vu, bien décliné à l'aube du siècle dernier ; elle était alors cantonnée à des cas particuliers, commerciaux notamment. Mais elle trouve une nouvelle vigueur avec l'ère informatique, puisqu'elle est utilisée dans divers langages informatiques, avec des fonctions qui lui sont alors spécifiques.


  1. (14) Et qui était bien utilisée par les latinistes pour les sons en « ète ».
Un article en béton
Par Damien | Le 26/12/2009 à 00:00:00

Sacs de ciment
Bricoleurs du dimanche, il vous arrive sans doute parfois de mettre les mains dans le « ciment »(15) pour divers travaux. Dans le ciment ? Ou bien le béton ? Voire le mortier ?…
Mais qu'est-ce qui différencie exactement ces différents produits ? Point besoin ici de se pencher sur la constitution physico-chimique de ceux-ci, mais bien plutôt d'en comparer les usages.

  • Le ciment est une poudre à laquelle est ajoutée un liant hydraulique. Avec de l'eau, le mélange prend et durcit en séchant.
    On l'utilise rarement – voire jamais – seul.

  • Le mortier est un mélange de ciment, de sable fin et d'eau, éventuellement complété par des adjuvants.
    Il en existe, là aussi, divers types :

    • Mortier maigre : un volume de ciment pour trois volumes de sable. Utilisé pour la pose d'agglo ;
    • Mortier moyen : un volume de ciment pour deux volumes de sable. Utilisé pour la pose de dalles, pour faire des enduits ou des joints ;
    • Mortier gras : un volume de chaque. Utilisé pour faire des enduits étanches.

    Il y a aussi des mortiers de chaux, à la place du ciment(16) ; celui-ci est principalement utilisé comme élément de liaison, de scellement ou d'enduit.
    Le mélange d'un liant et d'eau est appelé « barbotine », tandis que le mortier de chaux hydraulique et de ciment est appelé "mortier bâtard« .

  • Bétonnière
    Le béton est un matériau de construction formé par le mélange de ciment, de granulats (graviers) et d'eau, éventuellement complété par des adjuvants. Le ciment, en durcissant, compacte sable et granulats pour constituer le béton.
    Il est lui aussi qualifié de :

    • maigre : trois volumes de ciment, huit de sable et seize de graviers – pour la pose de bordures ;
    • moyen : cinq volumes de ciment, huit de sable et seize de graviers – pour faire des fondations ;
    • gras : sept volumes de ciment, huit de sable et seize de graviers – pour faire du béton armé (avec des tiges métalliques, pour assurer une bonne rigidité, tout en assurant une certaine »souplesse"… en cas de tremblement de terre par exemple ! )

Panneau chantier

Dans tous les cas, veillez bien à suivre la (simple) recette suivante :
Dans une auge, un bac de gâchage ou une bétonnière, mélanger de façon homogène et à sec l'ensemble des matériaux solides.
Puis ajouter de l'eau propre et mélanger : c'est le gâchage.

Le mortier fait prise lorsqu'il ne peut plus être déformé sous la pression du pouce.
Le béton, quant à lui, ne prendra qu'à compter du moment où il n'est plus gâché : sinon, il se conserve fort longtemps, sous réserve d'être constamment mélangé (et humidifié). C'est ainsi que nous trouvons sur nos routes des camions bétonnières à la toupie qui tourne, qui tourne, qui tourne, qui tourne…


  1. (15) Enfin, c'est une manière de parler… attention aux brûlures chimiques et aux allergies bien spécifiques !
  2. (16) On en dénombre quatre principaux : le mortier de chaux grasse, mortier de chaux hydraulique, mortier de plâtre, mortier de ciment Portland.
La presciption pénale
Par Damien | Le 18/12/2009 à 00:00:00

Il est un terme qui revient régulièrement dans nombre d'articles de presse, mais dont les subtilités ne sont pas forcément connues de tous : la prescription pénale.
magistrats
Mais qu'est-ce donc que cette notion là ?

Vous savez sans doute que c'est l'idée selon laquelle, après un certain laps de temps, il n'est plus possible de poursuivre une infraction pénale. Mais développons un peu.
La raison même de la notion tout d'abord : au fil de la construction du Droit Pénal Général(17) (l'élaboration des règles du droit) est apparue l'idée que le temps passant après une infraction doit amener à l'oubli si l'auteur n'a pas été identifié. Le trouble à l'ordre public est présumé avoir disparu, et l'auteur est présumé s'être amendé, d'autant qu'il n'a pas commis de nouveau fait (… ou qu'il n'a pas été identifié ! ) depuis.

Le détail maintenant. Il convient de préciser selon deux types de notions :

  • La prescription de l'action publique : (i.e.la poursuite de l'infraction) elle est de 10 ans pour les crimes (attention, par crime, entendre affaire criminelle, relevant de la Cour d'Assises ; et donc pas forcément crime de sang. Ainsi, par exemple, le trafic de stupéfiants en bande organisée, le viol, etc. ) Elle est de 3 ans pour les délits, et de 1 an pour les contraventions ;
  • La prescription de la peine : il s'agit là des cas où l'auteur a été identifié et l'affaire jugée. L'auteur est en fuite, n'ayant jamais été attrapé(18) : elle est de 20 ans pour les crimes, de 5 ans pour les délits et de 2 ans pour les contraventions. On estime là que ce n'est pas la carence de la puissance publique qui est en cause, mais « l'activisme » du mis en cause : les délais sont donc plus longs que supra.

Balance du droit

Quid de son effet ? La prescription a un effet absolu : les poursuites ne sont plus possibles. Totalement et sans autre forme de recours. L'assassin pourra passer des aveux complets, il ne sera pas jugé et ne pourra pas l'être. Elle court à partir de la cessation d'effet (si l'infraction dure dans le temps : par exemple la dernière injection de poison si elle s'est faite en plusieurs fois). Seul élément dont il faut tenir compte, le délai de prescription court à partir du dernier acte de la procédure, ce qui diffère sensiblement de la date des faits. S'il n'y en a presque aucun pour une contravention, on en trouve nettement plus pour une affaire criminelle qui ne sera « classée sans suite » que un, deux voire trois ans d'enquête après la date des faits eux-mêmes, après des investigations infructueuses retardant d'autant la prescription. Et cela quand bien même le délinquant ne soulèverait pas cette notion (et demanderait à être jugé) : elle est dite « d'ordre public » ; le Juge doit la retenir de lui-même et ne peut y faire exception.

Fidèle lecteur d'omnilogismes qui a déjà lu quelqu'article relatif au droit sur le site, il ne vous a pas échappé que traditionnellement en droit, tout principe souffre quelques exceptions… et c'est aussi le cas pour la prescription.

En matière de presse, en application de la loi de 1881, la prescription pour les faits de diffamation et autres infractions associées est de trois mois. On estime là que le préjudice s'estompe beaucoup plus rapidement(19).

En matière de viol sur mineur(e) – et tout crime ou délit sur mineur(e), la prescription ne court qu'à partir de la majorité de la victime.

Le crime contre l'humanité n'est quant à lui pas prescriptible ; mais c'est le seul.

Bon, cela dit, plutôt que d'avoir à l'invoquer, le plus simple est encore de ne pas faire de bêtise !


  1. (17) En complément du droit pénal spécial qui étudie chaque infraction, et de la Procédure Pénale, qui étudie le fonctionnement de l'infraction de sa commission au jugement.
  2. (18) … ou s'étant évadé !
  3. (19) Quoique, l'avènement d'Internet rend accessible le délit beaucoup plus longtemps maintenant…
Les flics
Par Damien | Le 10/12/2009 à 00:00:00

Policier

Ami lecteur, il faut bien te tenir… aujourd'hui, le flic investit le site. Mais au fait, pourquoi donc ce mot flic pour surnommer tout bon policier ?

Et comme de bien entendu pour de telles questions, point de réponse certaine, mais nombre d'hypothèses que nous allons partager ici.

  • La première trouve une origine germanique à ce mot, avec flick, qui serait un mot argotique allemand désignant un jeune homme. Peu convaincant en fait…
  • La seconde reprend le fait que les premiers policiers travaillaient uniquement en civil, glanant auprès de leurs informateurs dans les milieux glauque des villes leurs informations : les mouchards. Le policier était de fait surnommé « mouche à dard », puisqu'il qu'il portait canne à pommeau blanc ou épée pour les Officiers. Et la transposition en allemand – eh oui, toujours en allemand… – du mot mouche donne Fliege transformé en flic, par analogie des sens. Le mot évolue au fil des ans : on trouve ainsi la définition de « fligue à dard » : Sergent de ville, agent de police qui porte une épée. ou « flique » : Commissaire de police dans un dictionnaire de 1887. Mais dès 1829, on retrouve pour la première fois dans les écrits les mots de « fligues » et « fliques ».

    Dans le « Nouveau dictionnaire national – Bescherelle Aîné » de 1887 le terme « fligue à dard » : Sergent de ville, agent de police qui porte une épée ; et une ligne plus loin « flique » : Commissaire de police ; cependant le Littré de 1873 n'a aucune trace de ces deux mots.

  • Troisième hypothèse : d'origine latine cette fois ci : fligere pour « battre », puisque le policier tient le pouvoir de battre le malfaisant(20).
  • Quatrième hypothèse émise, rattachée à un nom propre : un certain policier répondant au nom de Flick qui se serait montré efficace au point de laisser son nom à la postérité. Peu convaincant, il faut l'admettre !
  • Cinquième hypothèse, historique : la garde nationale de l'armée strasbourgeoise tenant le blocus de Strasbourg en 1814. Composée de bataillons sous-divisés en compagnies, dont celle dite « du centre », où étaient affectés les ouvriers, méprisés de leurs frères d'armes, et dont ils réparaient les boucles de chaussures. Ils furent rapidement surnommés schnallenflicker (« ceux qui font briller les boucles »). Au fil des ans, ce mot fut raccourci pour n'en retenir que la dernière syllabe. Puis la garde nationale se transforma en service de police interne au pays ; restait le mot de « flick ».
  • Sixième et dernière hypothèse, scolaire celle-là puisqu'enseignée en certaines écoles de police(21). Nous avons vu plus haut que nos policiers étaient dotés d'une canne à pommeau blanc, signe de leur autorité. Cette canne était ferrée en son extrémité, pour servir d'arme en tant que de besoin (même si l'enseignement de la canne comme arme a presque totalement disparu de nos jours), et aussi pour ne pas s'user sur le pavé des villes. Ainsi nuit et jour, on entendait le claquement de la canne sur le pavé ; et nos habitants disaient ainsi « on entend venir les flics », parlant du bruit caractéristique « flic, flic »…

Voilà, à vous d'analyser et choisir ce qui vous semble le plus pertinent. Mais au fait, pourquoi dit-on « 22 vl'a les flics » ? Eh bien ça, vous le saurez en lisant… un prochain omnilogisme !


  1. (20) Dans des conditions de plus en plus réduites au fil des ans, rassurez-vous !
  2. (21) Et que l'on ne retrouve à ma connaissance sur aucun site internet ; vous voyez que vous avez bien raison de lire les omnilogismes !
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