Quelle unité de longueur choisir ?
Longtemps, les hommes se sont tournés vers des références à leur corps : le pied, le pouce… ces unités, bien que pratiques, présentaient deux inconvénients majeurs. D'abord, elles dépendent de l'individu : il faut donc choisir une « personne-étalon » (souvent le roi), dont l'anatomie sert de référence. Second problème : ces unités ne forment pas un système décimal, et sont donc complexes à utiliser (12 pouces font un pied, combien de pieds font 252 pouces ? ).

De nombreuses tentatives d'unificiation ont été faites, la plus importante étant le mètre. Même si sa définition varie avec les époques, (1668 : « la longueur d'un pendule dont la demi-période vaut une seconde », valeur qui change en fonction de la gravité) sa première définition officielle fut adoptée en 1790, juste après la révolution Française : le mètre sera « le dix millionème d'une ligne droite reliant le pôle nord à l'équateur en passant par Paris » (soit une distance de 10 000 km). Cette unité, instaurée officiellement huit ans plus tard, servait de référence à toutes les autres : ainsi, le gramme correspondait à la masse d'1 cm3 d'eau distillée à 4°C, etc.

Les conquêtes napoléoniennes aidant, le mètre se répandit dans toute l'Europe.

Ce n'est qu'en 1960 que le bel édifice s'effondre : des mesures satellitaires montrent que la distance pôle Nord-équateur était sous-estimée de 2 km, soit une imprécision de \frac{1}{500}. Branle-bas de combat dans les milieux scientifiques, qui ne peuvent se résoudre à changer la définition d'une unité mondialement utilisée. Ils choisissent plutôt… de redéfinir le mètre : ce sera désormais le trajet parcouru par la lumière dans le vide pendant une durée de \frac{1}{299\,792\,458}\,s (valeur prouvée constante grâce à la théorie de la relativité restreinte). De nos jours encore, c'est cette définition qui est adoptée pour le système international des unités.