Ami omnilogiste fidèle, ou fidèle omnilogiste(1), il ne vous aura pas échappé en assistant à une messe de rite catholique que le célébrant arbore, outre son aube blanche(2), une étole autour du cou, sorte de longue écharpe(3). Et il ne vous aura pas échappé non plus que la couleur de celle-ci varie suivant le moment de l'année. Mais cela ne se fait pas selon l'humeur du célébrant ! L'étole (ou la chasuble) doit avoir une couleur spéciale selon le temps liturgique ou la fête religieuse du jour.

Tout ceci est prévu dans l'instruction « Redemptionis Sacramentum de 2004 des couleurs liturgiques » au début du numéro 121 : l'emploi de couleurs diverses pour les vêtements liturgiques vise à exprimer efficacement et visiblement ce qui caractérise les mystères de foi que l'on célèbre et, par suite, le sens de la vie chrétienne qui progresse à travers le déroulement de l'année liturgique .

  1. le blanc : aux offices et aux messes du temps pascal et du temps de Noël, aux célébrations du Seigneur qui ne sont pas celles de sa Passion ; à celles de la Vierge Marie, des Anges, des saints qui ne sont pas martyrs, aux solennités de tous les Saints (1er novembre) et de saint Jean Baptiste (24 juin), aux fêtes de Saint Jean l'Évangéliste (27 décembre), de la Chaire de Saint Pierre (22 février) et de la conversion de Saint Paul (25 janvier) ; symbole de pureté et de la gloire de Dieu, c'est aussi la couleur de la résurrection. On notera qu'il s'agit de la couleur du deuil chez les orientaux.
  2. le rouge : le dimanche de la Passion, le Vendredi Saint, le dimanche des Rameaux, le dimanche de Pentecôte, aux célébrations de la Passion du Seigneur, aux fêtes des Apôtres et des Évangélistes, aux célébrations de martyrs et lors de la cérémonie de confirmation ; couleur qui évoque le sang ou le feu.
  3. le vert : aux offices et aux messes du temps ordinaire ; couleur signifiant la vie, l'espérance de la foi, en lien avec la plante qui pousse (croissance de l'Église, grâce à la sève venue de Dieu).
  4. le violet : aux temps de l'Avent et du Carême. On peut aussi le portrer pour les célébrations pénitentielles, pour les offices et les messes des défunts. Symbole du temps de l'attente, de la pénitence et de la conversion, rappelant la couleur de la cendre.
  5. chasuble
    Plus exceptionnellement, voire très exceptionnellement, le noir : aux messes des défunts, là où c'en est la coutume. Cependant celle-ci tombe en désuétude.

  6. le rose : si les paroisses ont les moyens financiers d'acheter des ornements roses, ceux-ci peuvent être sortis au troisième dimanche de l'Avent (Gaudete) et au quatrième dimanche de Carême (Lætare).

De rares adaptations sont admises, notamment pour des fêtes locales particulières, correspondant aux besoins et à la mentalité des peuples.
Il reste cependant impossible de mixer plusieurs couleurs.

Ite, misse est !


  1. (1) Tiens, on l'avait déjà eu celle là ! C'était juste un test pour votre mémoire.
  2. (2) Le terme vient du latin alba et signifie « vêtement blanc » : on reste dans la symbolique du blanc, qui montre la pureté rituelle de l'officiant. Par exemple, l'ange près du tombeau vide est vêtu d'une robe blanche ; dans l'Apocalypse, les fidèles qui accompagnent le Christ victorieux ont revêtu la robe blanche. Le jour du baptême, les enfants baptisés sont solennellement revêtus d'un vêtement blanc, ainsi que les adolescents le jour de leur profession de foi. Le prêtre qui célèbre revêt l'aube en signe de son insertion, par les rites sacrés, dans la vie même de Dieu.
  3. (3) Le prêtre la passe derrière le cou et la laisse pendre parallèlement suivant deux bandes sur le devant. Le diacre la porte quant à lui en bandoulière, à partir de l'épaule gauche : un point de couture est situé vers le bas, liant les deux pans de telle manière que l'étole traverse en diagonale devant et derrière.