La tour métallique de Lyon : ce n'est pas la tour Eiffel !

« Tout le monde y peut pas être de Lyon, y en faut bien d'un peu partout » prétend la plaisante sagesse lyonnaise.

Lyonnais ou de passage à Lyon, le célèbre bouchon du tunnel de Fourvière vous laisse le temps d'apercevoir cette tour métallique, point culminant de la capitale des Gaules, qui jouxte la basilique de Fourvière.
Mais quelle est donc l'histoire de cette tour métallique, indûment attribuée à Eiffel ? Lourde de 210 tonnes d'acier, la demoiselle est inaugurée le 3 mai 1894, après deux ans de travaux. Construite sur la base d'un plan de Monsieur Colonge, sur le terrain de la famille Gay, on place au sommet du bâtiment de base un restaurant (puisque l'altitude creuse l'appétit, c'est bien connu !). On accède ensuite au haut de la tour par un ascenseur hydraulique Roux-Combaluzier de 22 places à pistons articulés, de 70 mètres de course (1m/s).

Au début de la seconde guerre mondiale, elle échappe de peu à la destruction après avoir été réquisitionnée par les autorités militaires afin d'être fondue et transformée en canons !

Avec l'avènement de l'automobile, les lyonnais étendent leur lieu de sortie du week-end, et les affaires du restaurant ne sont plus guère rentables.
Voici donc l'œuvre rachetée en 1954 à la « Société de Tour métallique de Fourvières » pour 15 millions de francs (de l'époque) par l'O.R.T.F. qui cherche alors un point haut pour l'émetteur de ce média émergent. Y seront ajoutées tant d'autres antennes au fil du temps…

Il n'est alors plus question de monter au sommet de la tour, dont les malicieux lyonnais rappellent « qu'elle est plus haute que la Tour Eiffel », puisque la grande culmine à 376 mètres là où la petite n'est « qu'à » 325 mètres.
Ha, cette légendaire bonne foi des lyonnais…