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Omnilogismes « Les femmes au combat »

Saga : « Les femmes au combat »Auteur de cette saga : Qu4l0

Statut : TERMINÉE.

Les femmes au combat (IV) : L'armée de Fons
Par Qu4l0 | Le 15/07/2009 à 00:00:00

Malgré l'abondant florilège de légendes sur les amazones de la Grèce antique, de l'Amérique du Sud, de l'Afrique et d'autres endroits, il n'y a qu'un seul exemple historique prouvé de femmes guerrières. Il s'agit de l'armée de femmes de Fons, une ethnie vivant au Dahomey en Afrique de l'Ouest (aujourd'hui rebaptisé Bénin).
Survivantes de l'armée des femmes Fons

On ne sait pas quand l'armée de femmes des Fons a été constituée, mais certaines sources datent cela du XVIIe siècle. À l'origine, cette armée était une garde royale mais elle grossit pour devenir un effectif militaire de 6 000 soldates ayant un statut quasi divin. Leur fonction n'était nullement ornementale : pendant plus de deux siècles, elles furent le fer de lance des Fons contre les colons européens envahisseurs.
Elles étaient craintes par l'armée française, qui fut vaincue dans plusieurs batailles. L'armée des femmes ne fut quant à elle battue qu'en 1892, après que la France ait fait venir par bateau – tenez-vous bien – des renforts de troupes mieux équipées avec artillerie, soldats de la Légion étrangère, un régiment d'infanterie de marine et la cavalerie.

On ignore combien de guerrières sont tombées. Les survivantes ont continué pendant plusieurs années à mener une guérilla et des femmes vétérans de cette armée vivaient encore, se laissaient interviewer et photographier aussi tard que dans les années 1940.

Les femmes au combat (III) : Myrine
Par Qu4l0 | Le 06/07/2009 à 00:00:00

L'historien Diodore de Sicile(1)Ie siècle avant J.-C. – décrit des amazones en Libye, dénomination qui concernait à cette époque toute l'Afrique du Nord jusqu'à l'ouest de l'Égypte. Cet empire d'amazones était une gynécocratie, c'est à dire que seules des femmes étaient autorisées à occuper les fonctions officielles, y compris les fonctions militaires. Selon la légende, le pays était dirigé par une reine du nom de Myrine qui, avec 30 000 femmes fantassins et 3 000 cavalières, traversa l'Égypte, la Syrie et monta jusqu'à la mer Égée en soumettant une série d'armées mâles sur son chemin. Lorsque la reine Myrine finit par être vaincue, son armée fut dispersée.
Amazone

L'armée de Myrine laissa pourtant des traces dans la région. Les femmes d'Anatolie prirent les armes pour écraser une invasion du Caucase, après que les soldats mâles aient été anéantis dans un vaste génocide. Ces femmes étaient entraînées à la pratique de toutes sortes d'armes, y compris l'arc, l'épée, la hache de combat et la lance. Elles copièrent les cottes de mailles en bronze et les armures des Grecs.

Elles rejetaient le mariage, le considérant comme une soumission. Pour la procréation, des congés étaient accordés pendant lesquels elles pratiquaient le coït avec des hommes anonymes choisis au hasard dans les villages alentours. Seule une femme qui avait tué un homme au combat avait le droit d'abandonner sa virginité.


  1. (1) Que certains historiens considèrent comme une source peu fiable.
Les femmes au combat (II) : Les amazones
Par Qu4l0 | Le 02/07/2009 à 00:00:00

Une loi irlandaise de l'an 697 interdit aux femmes d'être soldats, ce qui signifie qu'auparavant les femmes avaient bel et bien été soldats. De nombreux peuples ont, à différents moments de l'Histoire, eu des femmes soldats : on peut entre autres mentionner les Arabes, les Berbères, les Kurdes, les Rajput, les Chinois, les Philippins, les Maoris, les Papous, les Aborigènes d'Australie, les Micronésiens et les Indiens d'Amérique.

Une légende de guerrières redoutées dans la Grèce antique est extrêmement connue : les Amazones. Ces récits parlent de femmes qui suivaient un entraînement dans l'art de la guerre, l'usage des armes et la privation physique depuis l'enfance. Elles vivaient séparées des hommes et partaient à la guerre avec leurs propres régiments ; les récits abondent en passages indiquant qu'elles triomphaient des hommes sur les champs de bataille. Dans la littérature grecque, les amazones sont mentionnées par exemple dans l'Iliade d'Homère, récit datant d'environ sept siècles avant J.-C.

C'est aussi aux grecques que l'on doit le terme d' amazones, le mot signifiant littéralement « sans poitrine ». L'explication qui en est généralement donné est qu'elles pratiquaient l'ablation du sein droit pour mieux pouvoir bander un arc. Même si deux des médecins grecs les plus importants de l'Histoire, Hippocrate et Galien, s'accordent pour dire que cette opération augmentait effectivement la capacité de manier des armes, on ne sait pas très bien si elle était réellement pratiquée. Il s'y dissimule un point d'interrogation linguistique, puisqu'il n'est pas sûr que le préfixe a dans « amazone » veuille réellement dire sans (« a privatif ») ; la proposition a même été faite que cela voulait dire le contraire : qu'une amazone était une femme avec des seins particulièrement gros. Il ne se trouve aucun exemple dans aucun musée qui montre une image, amulette ou statue représentant une femme dépourvue de sein droit, alors que ce motif aurait dû être fréquent si la légende était véridique.

Bref, encore un point d'interrogation historique…

Les femmes au combat (I) : Une réalité méconnue
Par Qu4l0 | Le 23/06/2009 à 00:00:00

On évalue à six cents le nombre de femmes soldats qui combattirent dans la guerre de Sécession : elles s'étaient engagées déguisées en homme. Hollywood a raté là tout un pan d'histoire culturelle (à moins que celui-ci ne dérange ? ). Les livres d'histoire ont toujours eu du mal à parler des femmes qui ne respectent pas le cadre des sexes, et nulle part cette limite n'est aussi marquée qu'en matière de combat et de maniement des armes.

femme soldat en Irak

De l'Antiquité à nos jours, l'histoire abonde cependant de récits mettant en scène des guerrières (comme les amazones). Les exemples les plus connus figurent dans les livres d'histoire où ces femmes ont le statut de « reines », i.e. de représentantes de la classe au pouvoir. La succession politique, fût-ce une vérité désagréable à entendre, place en effet régulièrement une femme sur le trône. Les guerres étant insensibles au genre et se déroulant même lorsqu'une femme dirige le pays, il en résulte que les livres d'histoire sont obligés de répertorier un certain nombre de reines guerrières, amenées par conséquent à se comporter comme n'importe quel Churchill, Staline ou Roosevelt.
Sémiramis de Ninive, fondatrice de l'Empire assyrien ; Myrine, chef guerrière ; et Boadicée, qui mena une des révoltes les plus sanglantes contre les Romains, en sont trois exemples particulièrement frappants. Cette dernière a d'ailleurs sa statue érigée au bord de la Tamise, en face de Big Ben ; on ne manquera pas de la saluer si l'on passe par là !

En revanche, les livres d'histoire sont globalement assez discrets sur les guerrières comme “simples soldats”, qui s'entraînaient au maniement des armes, faisaient partie des régiments et participaient aux batailles contre les armées ennemies au même titre que les hommes. Ces femmes ont pourtant toujours existé – pratiquement aucune guerre ne s'est déroulée sans participation féminine.